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ALINE

Un film de Valérie Lemercier

Une très belle histoire d'humour

Le casque sur les oreilles, perdue dans un immense lit immaculé, Aline se recroqueville sur elle-même. Elle repense à son père qui, gamin, s’est fait racketter le peu d’argent qu’il avait. La seule richesse qu’il lui restait, c’est cette pièce de 5 cents qui était coincée au fond de son porte-monnaie. Plus tard, il donna cette pièce à sa fille lors de son premier concert pour lui porter bonheur. La carrière d’Aline était lancée…

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Un film consacré à Céline Dion est déjà un événement en soi. Mais quand, en plus, il est porté à l'écran par Valérie Lemercier, là, l'attente est à son comble. Une attente pleine d'excitation et de doutes car une « biopic comédie » peut très vite se révéler à double tranchant si on ne cerne pas totalement son sujet. L'humoriste, scénariste, réalisatrice… l'a bien compris. Elle a consacré 3 années entières à cet ambitieux projet, histoire de trouver le bon angle d'approche, celui qui ne se contente pas d'être une biographie scolaire, mais celui qui reflète au mieux l'âme de sa protagoniste.

Et qui dit Céline, dit René. Ou plutôt, qui dit Aline, dit Guy-Claude. Une histoire d'amour contemporaine si romanesque, qu'elle se suffit à elle-même. La carrière d'Aline, ses prouesses vocales, ses rencontres artistiques sont reléguées au second plan, car le fil rouge du film ne sera qu'amour. Un torrent d'eau de rose, que la réalisatrice agrémente à sa sauce pour en faire un délicieux cocktail acidulé qu'on savoure avec délectation.

Pour éviter que tout cela ne tourne au vinaigre, Valérie Lemercier s'inspire de la singularité de son modèle pour créer son propre personnage : Aline. À aucun moment elle ne tombe dans la caricature en singeant Céline Dion (elle ne cherche même pas à prendre l'accent québécois). Admirative avant tout, elle incarne la star pour ce qu'elle dégage, sans forcer le trait. Un double, qu'elle veut tout entier à elle, au point de jouer Aline enfant, en miniature, laissant libre cours à toute la fantaisie et l'humour qui font sa patte et qu'on aime tant chez elle.

Mais outre sa géniale prestation d'actrice, Valérie Lemercier revient ici à son meilleur en tant que metteur en scène. Auteure accomplie, elle parfait l'écriture de son film en peaufinant le moindre détail. Entourée d'un casting québécois 5 étoiles, qui insuffle toute l'authenticité d'une famille si joviale, la réalisatrice se donne les moyens des grands shows « à l'américaine » dont Céline a le secret. Toutes les chansons sont interprétées par Victoria Sio, dont la tessiture de voix est bluffante tant elle est identique à celle de la star. Quant au décorum, les costumes et les chorégraphies sont si bien imités qu'on se croirait transporté à Vegas le temps d'une soirée.

Or Vegas n'est qu'un mirage niché au milieu du désert, qu'Aline traverse chaque jour lovée derrière les vitres fumées de sa limousine. Il lui faudra du temps pour qu'elle puisse de nouveau se retrouver, déambulant au petit matin dans l'envers du décor. Une scène belle et tendre qui résume à elle seule l’ambition du film. Céline ne pouvait rêver plus bel hommage, car Valérie est allée chercher son âme, dans les froids, dans les flammes et nous a jeté un sort, pour qu'on l'aime encoooore ! Oh Ohhh oh.

Gaëlle BouchéEnvoyer un message au rédacteur

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