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L’AGE DES TENEBRES

Un film de Denys Arcand

Décevant car inégal

Jean-Marc est un fonctionnaire quelconque, doublé d’un père raté, qui s’imagine, pour mieux supporter sa vie, qu’il est une vedette du théâtre et du cinéma, un romancier à succès qui fait tomber les femmes à ses pieds…

Denys Arcand revient avec un conte sur le quotidien désargenté d'un fonctionnaire qui l'enjolive par des rêves où il séduit de superbes femmes et est capable d'actions d'éclat. Choisissant de montrer ces moments décalés, contrastant avec les cyniques et gris entretiens d'intense bureaucratie que demandent le métier quotidien de son anti-héros, le réalisateur québécois des « Invasions barbares » arrive à nous intriguer jusqu'à ce que l'étrange apparaisse dans la vraie vie de son personnage, au travers d’une rencontre avec une fan de reconstitutions médiévales. Tirant en longueur, ce rêve éveillé tournant au cauchemar, agace bien plus qu’il ne fait rire.

Ainsi, d'une bonne idée de départ, Arcand tire une série de scènes dont la longueur excessive vient réellement plomber la légèreté du récit. Epinglant avec délice et moult dialogues savoureux, les dérives de l’administration (comme il l’avait fait avec brio pour les syndicats et l’administration d’un hôpital dans « Les invasions barbares »), Arcand fait preuve de trop de retenue dans les fantasmes de son personnage principal. Je ne sais pas aujourd’hui, si les personnes âgées n'ont plus que l'imagination pour vivre, mais « L’âge des ténèbres », sensé être le dernier épisode de la trilogie entamée avec « Le déclin de l’empire américain » apparaît bien moins incisif et juste que ses prédécesseurs. Il n'arrive pas non plus à toucher réellement, ce malgré quelques belles scènes sur la fin, où il est temps de dire adieu aux rêves pour entrer en tant qu'adulte dans un monde de responsabilités, sans pour autant se compromettre. Mais cela ne sent pas l’optimisme pour autant.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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