Bagniere comedies_confinement-04

ADIEU BERTHE OU L’ENTERREMENT DE MÉMÉ

Un film de Bruno Podalydès

Cadavre exquis

Armand partage sa vie entre sa pharmacie où il travaille avec sa femme et sa passion pour la magie. Avec sa maîtresse Alix, il prépare un spectacle pour l’anniversaire de la fille de cette dernière quand un coup de téléphone lui apprend la mort de sa grand mère Berthe...

Armand n’habite pas Versailles, pourtant il correspond parfaitement aux héros si chers à Bruno Podalydès. Tout comme Arnaud dans « Versailles Rive-Gauche » et Albert dans « Dieu seul me voit », notre homme est obnubilé par des questions existentielles qui l’empêchent de faire des choix. Tiraillé entre sa femme et sa maîtresse, sa carrière de pharmacien et sa passion pour la magie, le voilà à présent incapable de savoir si sa grand-mère doit être incinérée ou enterrée. Un décès bien mal venu, qui, contre toute attente, va provoquer chez lui un déclic et le guider vers une vie meilleure.

L’univers Podalydès conjugue poésie et loufoque. Un style à part qui laisse transparaître une jolie complicité entre les deux frères, mais aussi au sein de la petite troupe de comédiens récurrents à l’ensemble de la filmographie de Bruno. Dernière venue, Valérie Lemercier trouve très vite sa place dans cette comédie haute en couleur où l’on se moque de la mort avec dérision et bons mots. Ainsi, l’agence de pompes funèbres VIP « Définitif » offre une formule « Twilight » alors que leurs concurrents tentent d’arrondir les fins de mois en fabriquant des cercueils pour animaux en tout genre.

Après s’être essayé à l’adaptation littéraire (« Le mystère de la chambre jaune », « Le parfum de la dame en noir ») Bruno Podalydès étoffe sa filmographie de quelques exercices de styles. C’est le cas ici d' « Adieu Berthe » qui se laisse porter par la frivolité de ses réparties comiques, pour ne pas se cantonner uniquement au récit. Les situations cocasses se succèdent, agrémentées de seconds rôles truculents : Arditi perd la boule alors que Noémie Lvovsky pleure son mari de façon quelques peu envahissante. Néanmoins, ce joyeux fatras manque de mordant en comparaison des comédies caustiques des débuts du réalisateur. Bruno Podalydès laisse la part belle à ses acteurs et délaisse quelque peu son scénario. Empli de trop de légèreté, le film aura du mal à marquer les mémoires mais aura le mérite de faire oublier « Bancs Publics », dernier volet de la trilogie des gares de Versailles, fort ennuyeux et plus hermétique que comique. « Adieu Berthe » renoue ainsi avec la quintessence Podalydès, d’un ton certes désuet mais non sans charme.

Gaëlle BouchéEnvoyer un message au rédacteur

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