À VIF !

Un film de John Wells

Plus digne de Top Chef que d’un film avec Bradley Cooper

Adam Jones était la star indiscutable de la gastronomie. Mais la drogue, l’alcool et les femmes ont mis un sacré coup de frein à sa carrière. Quelques années plus tard, sobre et déterminé à prendre sa revanche, le chef refait surface dans un restaurant londonien pour réussir son rêve : obtenir une troisième étoile au guide Michelin…

La cuisine est partout ! On la trouve à la télévision dans de nombreuses émissions de télé-réalité et dans quelques séries ; dans la littérature où les livres sur le sujet se multiplient ; et enfin au cinéma, avec plusieurs projets récents sur la question comme la bonne surprise "Chef" et la moins bonne "Les Recettes du bonheur". Mais ici, plus qu’un film sur la gastronomie, il s’agit du parcours rédempteur d’un chef ayant tout perdu à cause de ses excès. Auparavant, Adam Jones était le Roger Federer de la poêle à frire, le Lionel Messi de la cuisson et le Michael Jordan de l’assaisonnement ! Mais la drogue, les femmes et l’alcool sont venus briser ce conte de fée sur fond de côtes de bœuf. Quelques années plus tard, le phénix renaît de ses cendres, prêt à conquérir sa troisième étoile au guide Michelin.

Malheureusement, malgré les ingrédients savoureux que sont les acteurs de ce métrage, la recette demeure terriblement fade. La faute à une accumulation de clichés et à une bouillie de bons sentiments et de romance à l’eau de rose qui pèsent rapidement sur le ventre. La première faiblesse tient dans le scénario nonchalant et convenu, incapable de surprendre et de s’éloigner des sentiers ultra-balisés du récit sur les secondes chances. De ce menu classique, il faudra alors se contenter des quelques colères caricaturales de Bradley Cooper pour pimenter le contenu, nous rapprochant plus du mauvais goût que du coup de génie cinématographique.

Pourtant, les comédiens agitent leurs couteaux et mouillent le tablier pour titiller nos papilles cinématographiques, mais l’ensemble trop édulcoré empêche le piment d’arriver jusqu’à nous. Une nouvelle fois, la prestation d’Omar Sy dans un film US est anecdotique, du fait d’un rôle trop restreint pour permettre à son talent de s’exprimer. Et le final du film, qui sent bon le réchauffé, donne la désagréable impression que le réalisateur n’avait pas véritablement de pistes pour conclure son intrigue. La sentence est inévitable : "À vif !" est plus proche du niveau d’un commis que d’un chef étoilé.

Christophe BrangéEnvoyer un message au rédacteur

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