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A UNITED KINGDOM

Un film de Amma Asante

Petit film pour grand homme

Seretse est parti étudier à Londres mais son parcours est déjà tout tracé. Après sa formation, il deviendra Roi du Protectorat du Bechuanaland. Sauf que sa rencontre avec la belle Ruth va modifier tous les plans, ainsi que l’Histoire de son pays…

Seretse Khama est un nom grandement méconnu. Pourtant, Premier Ministre puis premier Président du Botswana indépendant, cet homme a autant marqué l’histoire par ses qualités politiciennes ou son intelligence, que pour son amour inconditionnel envers sa chère et tendre Ruth. Alors qu’il étudie à Londres, il croise le regard d’une jolie britannique. Le coup de foudre est immédiat. Mais lui est noir, et elle est blanche, ce qui pose des problèmes aussi bien à la famille de la jeune femme qu’au gouvernement britannique et aux dirigeants africains. Car alors que l’Afrique du Sud installe sa politique d’Apartheid, difficile pour eux d’accepter que le futur dirigeant d’un des pays frontaliers épouse une blanche. Une union qui est considérée comme tout autant impossible par les élites anglaises, dont les intérêts en Afrique du Sud sont nombreux (or et uranium principalement).

Si cette histoire est passionnante, la réalisatrice se contente malheureusement de capturer des niaiseries dans une romance à l’eau de rose, là où le matériel originel promettait des ramifications politiques captivantes. Avec des dialogues peu inspirés et une trame terriblement banale, "A United Kingdom" devient un vulgaire mélodrame, limitant l’aspect politique à des conversations entre diplomates vite redondantes. Les acteurs sont bons, les intentions sont louables, mais le résultat est bien trop classique pour véritablement susciter l’engouement. Si Amma Asante avait plutôt réussi le mariage entre amourette et reconstitution historique avec son précédent métrage "Belle", cette nouvelle tentative s’avère un échec scénaristique et esthétique. Aussi palpitant que la lecture d’une page Wikipédia, le film offre un hommage décevant à un homme qui méritait bien plus…

Christophe BrangéEnvoyer un message au rédacteur

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