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À L’HEURE DES SOUVENIRS

Un film de Ritesh Batra

Des personnages attachants pour une histoire bien confuse

Sexagénaire sans histoire, Tony mène une vie paisible entre sa petite boutique de photo et sa fille qui va bientôt accoucher. Un jour, il reçoit un recommandé qui lui annonce que la mère de Veronika, son premier amour, lui lègue un petit objet. Quand il cherche à le récupérer, il apprend que cette même Veronika refuse de le lui céder…

A l'heure des souvenirs film image

En 2011, le romancier anglais Julian Barnes publie « Une fille, qui danse » : un grand succès littéraire qui devient très vite le livre de chevet de Ritesh Batra que l’on connaît surtout pour avoir réalisé « The Lunchbox », ce touchant quiproquos amoureux qui excitait nos papilles avec de délicieux curry. Une fois les droits acquis, le réalisateur et le dramaturge Nick Payne s’attellent à adapter cette histoire de souvenirs perdus pour le grand écran. Un roman complexe construit comme un thriller sentimental qui joue des flashbacks pour confronter un homme à son passé.

Au début du film, les jeux de non-dits fonctionnent plutôt bien et on se laisse prendre par le mystère qui tourne autour de cet étrange objet que Tony n’arrive pas à récupérer. Mais l’intrigue est subtile et très vite le fil de l’histoire, qui sous la plume du romancier glissait avec fluidité, grippe de manière bien grossière à l’écran. Les scènes du passé sont fréquentes mais trop furtives et, à force de vouloir entretenir le suspense, les auteurs finissent pas nous perdre dans des saynètes avares du moindre sentiment. Dommage, car on se rend vite compte que c’est ici le nerf de l’histoire. Ainsi, à l’heure du dénouement, on se prend à penser : « Tout ça, pour ça ! », tant l’alchimie sensible n’a pas pris.

Ajoutons à cela que paradoxalement, les personnages qui ont le plus d’épaisseur sont ceux qui ne sont en rien liés à la jeunesse de Tony. C’est à dire : son ex-femme et sa fille interprétées à merveille par Harriet Walter et Michelle Dockery. Délicieusement cyniques, elles entourent d’une tendresse particulière cet homme qui essuie ses imperfections d’un simple revers de mémoire. Malheureusement, dans cette histoire elles ne sont que les cautions qui permettent au Tony âgé de raconter sa jeunesse de son propre point de vue. Leurs personnages restent donc secondaires, tout comme étonnamment celui de Charlotte Rampling, qui lui pourtant est crucial puisqu‘elle incarne Veronika, celle autour de qui toute l’histoire gravite. En résulte un film confus et sans saveur qui au final, procure plus de frustration que d’intérêt.

Gaëlle BouchéEnvoyer un message au rédacteur

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