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A LA RECHERCHE DU BONHEUR

Rêve américain plutôt appuyé

Alors qu'il n'arrive pas à vendre ses lasers médicaux du fait de leur prix, un vrp voit sa femme s'en aller. Souhaitant conserver la garde de son fils, il va se battre et décrocher un stage dans un cabinet de courtage. Malheureusement, celui-ci est non rémunéré et dure six mois...

Le label "tiré d'une histoire vraie" est toujours vendeur aux Etats Unis. Il l'est bien moins chez nous. Et le cinéma américain ne peut s'empêcher de rabâcher les mêmes couplets sur les gentils gars qui peuvent être SDF un jour et devenir millionnaire le lendemain, à force de se battre. L'apologie du rêve américain revient aujourd'hui avec en tête d'affiche un acteur comique lui aussi vendeur: Will Smith. Son personnage est bien entendu une victime de ce même rêve, mais cette fois-ci de manière intelligente. On lui a fait miroiter des gains substantiels avec une franchise sur des scanners performants, mais trop chers. Il n'arrive pas à les vendre.

La chute sera donc rude. Et si l'occasion est rarement donnée par un film de voir fonctionner les systèmes d'accueil des sans abris, sorte de loterie au premier arrivé, et la promiscuité qui en découle, on est vite agacé par quelques moments sur-signifiants comme le passage avec la chorale dans l'église, qui chante pour redonner le moral aux miséreux, faute de leur offrir autre chose... et prêche la volonté de ne pas abandonner. De plus, on se demande au final si cet homme dont la combativité est particulièrement mise en exergue ici, n'est pas aussi d'un profond égoïsme. Car jamais il n'aurait laissé sa femme prendre soin de leur enfant, grâce à son boulot à elle. Et le scénario rend le spectateur suspicieux, lorsque l'épouse elle même ne semble même pas se battre pour emmener son enfant avec elle...

Reste que "A la recherche du bonheur" offre à un Will Smith transformé et abîmé, un rôle dramatique à sa mesure dans lequel il apparaît tout à fait crédible. Son fils est lui aussi de la partie. Pour la première fois à l'écran, il s'avère des plus touchant. Quant à celle qui joue la femme, Thandie Newton, elle est absolument renversante, déchirée entre volonté de changement et abandon nécessaire d'une famille. On regrette vite de ne pas savoir ce qu'il advient d'elle. Tous trois portent à bout de bras un film assez rude, un peu gâché par des ficelles trop visibles, à l'image de ce rubix-cube qui ferait des miracles quand on arrive à le résoudre.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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