A BITTERSWEET LIFE

Un film de Kim Jee-Woon

Un film coup de poing

Un homme de main d’un des patrons des triades, se voit confier pour mission de surveiller la maîtresse de celui-ci, et d’éliminer son éventuel amant, ainsi qu’elle-même. Mais il choisit de ne pas l’abattre, risquant ainsi sa propre vie…

Le réalisateur de « Deux Sœurs », grand prix de Gerardmer 2004, Kim Jee Woon, se lance de le film noir hyper sanglant. Son héros, bras droit d’un des chefs de la mafia, se met beaucoup de gens à dos (car il est le préféré du boss et use et abuse de cette position), et devra faire face à des instincts de vengeance décuplés de la part d’un des autres seconds, qui lance à sa poursuite des liquidateurs de plus en plus forts (sorte de terminators, ou spécialistes des armes à feu…).

Le personnage principal est ainsi mis à l’épreuve, faisant preuve d’une force de caractère hors du commun, comme l’exprime ce visage impassible dans la douleur, qui lui confère à la fois beauté et puissance. Malgré ses zones d’ombre, il revêt une forme d’héroïsme, caractérisée par sa volonté de retour à la moralité, et par la beauté de l’acte qui manquera de lui coûter la vie. La bonne idée du scénario est de laisser planer le doute sur les sentiments amoureux ou non qu’il peut éprouver pour la fille. Ce que la mise en scène de Kim Jee Woon traduit par des souvenirs, sous forme de flashs furtifs évoquant cette femme, symbole de pureté.

On saluera la qualité des chorégraphies millimétrées, remarquablement filmées. La gradation dans les combats, fait nécessairement penser aux jeux vidéos, avec des niveaux de plus en plus élevés, et frise le fantastique, et parfois le ridicule, sans pour autant y tomber. La scène de l’enterrement vivant, peut ainsi être prise à différents niveaux, de l’irréalisme le plus total, à une allusion branchée à « La nuit des morts vivants ».

Enfin, la beauté de la photographie est à souligner, tant elle illumine les pires scènes de carnage de ce film sombre. Elle ajoute au mélange fragile entre humour noir, violence gratuite et aspirations sentimentalistes, qui culmine lors de la scène finale, simplement splendide. Un film à voir l’estomac bien accroché, mais avec une douce tête sur son épaule.

Rémy MargageEnvoyer un message au rédacteur

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