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7 PSYCHOPATHES

Un film de Martin McDonagh

Une déception au fil de la vision

Marty est un scénariste en manque d’inspiration. Il a bien un titre de film qui lui trotte dans la tête : « 7 psychopathes » ; mais aucune histoire n’en découle. Heureusement son ami acteur Billy est là pour l’aider et celui-ci lui offre plusieurs histoires de psychopathes. Ce que Marty ne sait pas, c’est que la plupart sont de vrais psychopathes toujours en liberté…

Après « Bon baisers de Bruges », sa petite pépite caustique qui l’a fait découvrir aux cinéphiles, le retour de Martin McDonagh était très attendu. Le moins que l’on puisse dire, c’est que la première moitié de son nouveau film laisse présager du meilleur. Toutes les malices scénaristiques de son premier long-métrage sont de retour et la narration est assez exaltante : une sorte de mélange entre la patte de Guy Ritchie et celle de Tarantino. Ajoutons à cela une belle palette de protagonistes aussi dérangés les uns que les autres : un acteur bagarreur qui cache bien son jeu, ami avec un kidnappeur de chiens récupérant les récompenses en ramenant les bêtes à leurs propriétaires reconnaissants, un chef de mafia vouant un amour inconditionnel à son chien qui vient malencontreusement de disparaître et bien d’autres personnages secondaires assez singuliers. L’ensemble de la distribution, alléchante sur le papier, tient ses promesses, même si Woody Harrelson ou Christopher Walken cabotinent quelque peu. Cependant, tout cela reste dans le ton de l’ensemble et s’intègre donc bien à l’histoire.

McDonagh renoue ainsi avec la bonne dose d’absurdité et de situations cocasses de son précédent film. Ce qui n’est pas pour déplaire. Le paroxysme de ce joyeux bordel se matérialise en une discussion sur le scénario de Marty, en cours d’écriture. On se croirait alors en plein Charlie Kaufmann élucubrant sur la métaphysique de la création. Et puis, le réalisateur se perd. Toute la partie dans le désert finit par diluer en l’espace de quelques minutes, tout le plaisir emmagasiné durant la première heure. Le film se noie alors dans un grand n’importe quoi, assez décousu, et durant près de cinquante longues minutes qui s'achèvent dans un final réservant tout de même son petit lot de répliques amusantes mais malheureusement trop éparses pour sauver cette deuxième moitié de métrage, très ennuyeuse. Dommage, lorsque l’on se dit qu’il aurait suffi d’un montage plus serré sur la deuxième heure…

Alexandre RomanazziEnvoyer un message au rédacteur

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