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VENUS

Un film de Jaume Balagueró

Éclipse fatale

Danseuse exotique dans un club, Lucía vole un soir la cargaison de drogue de ses mafieux de patrons et file se planquer chez sa sœur, dans une barre d’immeuble abritant son lot de secrets. L’étau se resserre, les gangsters rôdent et une éclipse risque de compliquer encore plus la situation…

Sortie prochaine sur Amazon Prime Video

Les raisons qui nous faisaient attendre avec impatience "Venus" étaient nombreuses. Parce que ce film intégrait une série de longs-métrages chapeautés par le grand Alex de la Iglesia sous le label « Fear Collection » (en collaboration directe avec Amazon et Sony). Mais surtout parce que son réalisateur Jaume Balagueró, révélé par "La Secte sans nom" et intronisé avec "[REC]", semblait avoir perdu pas mal de son mojo depuis au moins trois films, au point de laisser à d’autres le soin de reprendre son flambeau d’un cinéma de genre inventif et vénère. On était prêts à faire des efforts pour se dire que la disparition de son génie d’antan ne le priverait tout de même pas de quelques chocs bienvenus, même inférieurs en efficacité. Mais non, c’est loupé, et ce nouveau film est donc à rajouter à la liste. Où est le problème ? Un peu partout, à vrai dire. D’abord dans un scénario à triple visage (voire plus) qui, à force de combiner thriller nerveux, fantastique prégnant et croyances occultes, vire au gros fourre-tout ésotérique. Pour résumer, une jeune danseuse déleste ses mafieux de patrons d’une grosse quantité de came, et file se planquer à toute vitesse chez sa sœur, dans une barre d’immeuble du nom de « Venus » qui abrite pas mal de secrets inquiétants, et ce alors même qu’une mystérieuse éclipse devient le sujet central des informations télévisées.

Avec tout ça, le concept risqué du « trois films en un » trouve très vite ses limites. Pour cause de rythme en dents de scie, d’abord. Pour cause de clichés et de poncifs que Balagueró compile à la pelle, entre une héroïne inconsistante au possible, des vilains malabars aussi mal rasés que cons comme des robinets, un trio de vieilles rombières pas nettes du tout (à cause d’une filmographie que l’on ne connaît désormais que trop bien, on grille ici l’idée du cérémonial occulte avec dix longueurs d’avance !), et surtout une énième redite du thème de l’enfance sacrifiée sur lequel le cinéaste n’a clairement plus une goutte de jus dans le citron. La combinaison entre surnaturel ibérique et action à la EuropaCorp se solde ainsi par un échec très frustrant, grillant ses meilleures cartouches à la queue leu leu jusqu’à une toute dernière scène tellement ridicule qu’elle pourrait presque suffire à signer l’arrêt de mort du film. Ce n’est heureusement pas le cas, mais ce n’est pas passé loin…

Guillaume GasEnvoyer un message au rédacteur

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