Parce qu'on en a jamais assez !

RAMPART

Un film de Oren Moverman

Une certaine image de la virilité

Dave est un drôle de policier. Il travaille à Rampart, l'un des bastions de la L.A.P.D., la police de Los Angeles, où il applique des méthodes bien à lui. À la maison, il vit avec deux femmes, qui ont chacune une fille. Ce qui ne l'empêche pas de se taper quelques nénettes à côté...

Pas facile d'être un flic à Los Angeles. Dave, personnage composé par un Woody Harrelson qui réalise là un vrai tour de force, se donne donc depuis des années l'image du mâle dans toute sa splendeur. Il a ses propres règles (user de la force semble un plaisir...), il a sa façon d'enseigner (et sa vision des bonnes manières : « Finis donc tes frites jeune stagiaire, puisque tu les as commandées »...), et aussi sa façon de vivre dans le privé, proposant ouvertement à tour de rôle à ses deux femmes, de coucher avec elles. Bref, le garçon semble une belle ordure, libre d'agir comme cela lui chante. Ceci jusqu'à ce qu'une vidéo où on le voit tabasser un noir le transforme en accusé.

Dans le fond, "Rampart" est moins la critique d'un système policier qui enfreint fréquemment ses propres règles, que la peinture du portrait d'un homme profondément perdu. Car Dave croit en son bon droit et à la qualité de ses actions. Malgré la descente aux enfers dans laquelle on l'accompagne, il continue à affirmer que « jamais [il] n'a fait de mal à de bonnes personnes », surtout pas à sa famille. Une phrase particulièrement, symbolise l'état dans lequel il se trouve, incapable de s'en sortir : « Je suis pas raciste, je hais tout le monde de la même manière ». Sans parvenir à être vraiment touchant, ce personnage, qui plonge progressivement dans une paranoïa aiguë, finit par inspirer une certaine pitié.

Au delà de cela, c'est surtout la mise en scène d'Oren Moverman qui agace, par son maniérisme, même si certains trouveront là une certaine audace. Dès la première réunion de famille, un plan tournant autour de l'axe central d'une table, nous épuise. Montrant à la fois un unique convive, il n'offre que des vues partielles, provoquant une certaine frustration. Dans la scène du bar, avec l'avocate, les plans serrés sur les yeux des protagonistes créent une tension artificielle, sensation augmentée par le fameux flamenco qui se danse sous nos yeux. Le sommet est atteint lors de la soirée dans un sex-club, avec vomi sur fond rouge et musique stridente. Autant d'effets qui donnent plus mal à la tête qu'ils ne provoquent de réelles sensations.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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