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AMI-AMI

Chronique de la vingtaine

Néféli et Vincent sont amis, ils habitent ensemble, mangent ensemble, font tout ensemble sauf l’amour. Un jour, Vincent rencontre Julie et en tombe amoureux, ce qui vient perturber cet équilibre…

Sympathique comédie sur la vingtaine, période de la vie peu représentée dans le cinéma français, "Ami-Ami" exploite assez bien les problématiques de cet entre-deux âges : à la fois moment de sortie d’études et teinté d’une forme d’insouciance, de folie de la jeunesse, mais aussi premiers pas dans la vie active et le début de la responsabilisation d’adulte. C’est également la période où tout se bouscule et doit être mis à plat, notamment où placer l’amitié par rapport à l’amour ?

Néféli et Vincent partagent une sorte de romance amicale où chacun risque de perdre pied et de passer à côté de l’amour. Ainsi, est-ce simplement de l’amitié où la limite est ténue avant de sombrer dans l’amour, ou tout simplement est-il déjà là ? Cette nuance, ce trouble, c’est Néféli qui le porte, par sa jalousie en se comportant comme si elle était la petite amie de Vincent, obligeant ce dernier à faire un choix entre elle et Julie, sa nouvelle petite amie (ce qui, à la base, ne devrait même pas être sujet à un choix). Mais Vincent agit comme s’il formait un couple avec Néféli (dès leur emménagement, il jure de ne plus tomber amoureux). De là, peut-il faire passer son amour devant cette amitié ? A travers cette intrigue apparaît la thématique du choix, celui de la vérité en mettant les mots sur une relation et en la définissant.

Le long-métrage de Victor Saint Macary ne se veut pas uniquement un rollercoaster humoristique, où les situations comiques s’enchaînent à cent à l’heure. Il développe également un côté sentimental, émotionnel par moment. Néanmoins, ce versant-là n’est pas exploité au maximum alors que c’est justement dans ces moments-là que les personnages sont confrontés à la vie adulte. De plus cette émotion est surtout amenée par les relations de Vincent avec ses parents (même si l’idée de la maladie de la mère reste une ficelle scénaristique peu originale).

L’alchimie entre les quatre acteurs principaux se retrouve parfaitement à l’écran et contribue à la réussite des séquences humoristiques. On relèvera également un caméo assez sympathique de Manu Payet en voisin à la forte libido. On regrettera cependant que le scénario n’exploite pas plus le personnage de Frédéric, le pote de boulot de Vincent, joué par Jonathan Cohen. L’autre regret est que l’on s’attarde peut-être plus sur la vie de Vincent que sur celle de Néféli. Pour le reste, le déroulement du scénario reste dans les clous.

"Ami-Ami" nous donne donc à voir une tranche d’âge peu présente au cinéma. Son réalisateur parvient à saisir cet entre-deux âges divisé entre la folie de l’adolescence et la responsabilisation face à sa vie d’adultes. Pour y arriver, il peut aussi compter sur un casting sympathique servi par des dialogues bien écrits, ce qui permet de ne pas trop s’attarder sur le scénario un peu trop convenu.

Kevin GueydanEnvoyer un message au rédacteur

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