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FESTIVAL

Hallucinations Collectives 2021

Le Festival de l’autre cinéma14e édition - 31 août > 06 septembre 2021 - Lyon(France)

A situation exceptionnelle, sélection exceptionnelle ! Les circonstances étant toujours plus instables vis-à-vis de la distribution des films en salle et des conditions d’accès aux salles obscures, il paraissait inévitable que cette 14ème édition des Hallucinations Collectives ait un visage différent des années précédentes. Loin de vouloir opter pour la solution de sécurité (à savoir une version online de l’événement), l’équipe de ZoneBis a choisi de mettre les bouchées triple pour imposer une édition sur place, avec un programme pour le coup réactualisé. Point de compétition longs-métrages, ni de Carte Blanche, ni d’événement off pour cette année, et on comprend bien ce choix-là par rapport aux soucis de disponibilité des invités et de distribution de nouveaux films. Du coup, en guise de compensation, c’est à un retour franc à l’esprit majoritaire de cet incontournable rendez-vous cinéphile lyonnais, à savoir la remise en lumière massive des films de patrimoine, tantôt rares tantôt marginaux, avec une attention toute particulière portée à des œuvres privées de sortie qui vont enfin déchaîner leurs forces obscures sur grand écran. Le tout avec les inévitables thématiques, le double-programme, la sélection de courts-métrages et un Cabinet des Curiosités encore plus enrichi qu’à l’accoutumée. Bref, face à la crise sanitaire, il a certainement fallu réadapter autant que s’adapter, mais l’esprit des Hallus reste là, intact et souverain.

Événement oblige, l’ouverture et la clôture font figure de relative anomalie dans cette édition spéciale, en proposant pour le coup deux nouveautés précieuses. D’une part l’ultra-attendu "Belle" de Mamoru Hosoda qui, après avoir déclenché une standing-ovation de tous les diables au dernier festival de Cannes, viendra lancer les festivités sur une apothéose animée. Il sera précédé pour l’occasion du court-métrage animé "Swallow the Universe" de Nieto, dont nous vous avions dit le plus grand bien il y a deux mois à l’occasion de notre compte-rendu de la compétition courts-métrages du festival d’Annecy. Quant à la clôture, on imagine déjà la joie extrême du grand organisateur du festival (notre cher Cyril Despontin) à pouvoir enfin programmer le fameux "Shin Godzilla" de Hideaki Anno, car des bruits de couloir se faisaient entendre depuis plusieurs années sur la difficulté à obtenir ce nouveau fleuron de la Toei pour une séance du festival lyonnais. Du kaïju à l’ancienne en guise de feu d’artifice final, on ne pouvait pas espérer mieux.

On vous conseille d’ores et déjà de vous rendre à jeun au double-programme de cette 14ème édition, puisque les deux films en question ("Torrente" de Santiago Segura et "Ichi the Killer" de Takashi Miike), particulièrement chargés en mauvais goût et en provocation XXL, sont du genre à vous remuer l’estomac avant de le tordre et d’en faire des bigoudis ! Si vous êtes une âme sensible mais néanmoins curieuse, vous trouverez peut-être davantage votre bonheur dans un Cabinet des Curiosités d’une richesse folle, alternant des pépites rares, des documentaires et l’incontournable « film d’amour non simulé ». D’une évocation de William Burroughs à du bis trashouille en passant par des approches horrifiques de l’expérience de la salle de cinéma et un chef-d’œuvre de SF expérimentale par Andrzej Zulawski, il y a beaucoup de choses à picorer. Les thématiques proposées, lorgnant respectivement vers l’ésotérisme folk horror et les premières approches de l’inconscient sur grand écran, seront là pour amplifier le relief des hallucinations du moment.

Mais la plus grosse raison de se réjouir concerne la pièce maîtresse de cette 14ème édition : six films « privés de sortie » qui, on le sait déjà, vont plonger les spectateurs de la salle du cinéma Comoedia dans un état de sidération constant. Inutile d’emporter des amphétamines pour "Hyper Tension 2", des aspirines pour "Triangle", des vitamines pour "Dredd" ou de la Juvamine pour "Cold Fish" : ce sont les films eux-mêmes qui joueront le rôle commun du médicament et de l’excitant. On a déjà hâte d’y être pour prendre le pouls de ces séances pour le coup réellement inédites et uniques, avec des films cultes qui le sont tout autant… Allez, on se calme, encore quelques jours à attendre…

Texte rédigé par Guillaume Gas pour Abus de ciné

Olivier Bachelard Envoyer un message au rédacteur

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