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Festival Lumiere 2015 : Quotidienne Jour 2

14 octobre 2015

Une journée à l'Institut

Alors que le mardi est toujours un peu plus calme au niveau des grandes séances, l'Institut Lumière et son village proposaient tout au long de la journée un programme éclectique permettant de se plonger totalement dans cette nouvelle édition. C'est pourquoi ce mardi 13 octobre, nous avons passé notre journée dans le lieu même qui a vu naître le septième art.

9h30 : première séance : "Le Monte-Charge" de Marcel Bluwal

Pour commencer cette journée, l'Institut proposait la diffusion de ce film policier méconnu. C'est, bien sûr, Bertrand Tavernier qui est allé trouver cette œuvre dans ses tiroirs cinématographiques sans fonds, il devait d'ailleurs assuré la présentation mais il fut remplacé à la dernière minute par Aurélien Ferenczi, rédacteur en chef adjoint à Télérama. Pour ce qui est du film, Robert Hossein et Léa Massari incarnent deux âmes perdues qui se retrouvent au hasard dans un restaurant le soir de Noël. Petit à petit, on peut se rendre compte que le hasard n'est au final que bien relatif dans une intrigue prenante et bien imaginée, il faut dire aussi que Frédéric Dard a participé à l'écriture du scénario...

11h30 : deuxième séance : "La Bataille du Siècle" de Clyde Bruckman et "Larmes de Clown" de Victor Sjöström

Avec ce programme, les festivaliers ont pu assister au premier ciné-concert de cette édition 2015. Et quels débuts ! En effet, les organisateurs avaient prévu deux pépites du cinéma muet. Tout d'abord un court-métrage inédit de Laurel et Hardy que l'on croyait perdu. Il tient son nom ("La Bataille du Siècle") de son énorme scène de bataille de tartes à la crème - les producteurs en avaient prévu près de 3000 -, ce qui donne lieu à une séquence épique de burlesque. Ce film de vingt minutes fut accompagné au piano par Serge Bromberg de Lobster Films qui est à l'origine de la découverte des bobines et de leur restauration. Puis vint le temps de "Larmes de Clown", un chef d’œuvre du muet qui réussit à provoquer de l'émotion sans un mot, avec un jeu d'acteur juste parfait, qui arrive encore à nous atteindre de nos jours. Ce drame a quant à lui été accompagné par le trio Rives à la clarinette, au piano et bandonéon et aux percussions.

14h30 : troisième séance : "La Otra" de Roberto Gavaldón

Pour cette séance Delphine Gleize et Daniela Michel, du festival international du film de Moriela, sont venues introduire le film aux festivaliers. Dans le cadre du segment Viva Mexico, les spectateurs ont donc pu découvrir le cinéaste Roberto Gavaldón qui a su captiver leur attention. Les acteurs sont parfaits et notamment Dolores Del Rio qui incarne à elle seule deux sœurs jumelles et qui parvient à transmettre deux personnalités bien opposées. De plus, le réalisateur développe son intrigue à la perfection. Et c'est avec une tension encore bien présente que les festivaliers sont sortis de la salle, commentant chacun à leur manière la fin de ce moment palpitant.

16h30 : quatrième séance : "La Légende de la Palme d'Or" d'Alexis Veller

Quentin Tarantino, Emir Kusturica, Jane Campion ou encore Wim Wenders (entre autres), voilà un casting qui ferait rêver bon nombre de cinéaste, et bien c'est celui qu'a réunit Alexis Veller dans son très beau documentaire. Il était d'ailleurs présent avec Thierry Frémaux pour introduire la deuxième projection de son film après Cannes 2015. On y découvre les témoignages de lauréats de la Palme d'Or que beaucoup voient comme un prix spécial par rapport aux autres. Chacun a d'ailleurs une anecdote concernant la fameuse conception de Chopard. On peut également suivre la fabrication de cet objet, des mines de Colombie jusque dans les ateliers de joaillerie. Un vrai voyage en somme.

Bonus : 20h30 : dernière séance à l'UGC Astoria : "Ivan le Terrible" de Sergueï Eisenstein

Comme un cinéphile n'en a jamais assez, et qu'un film avec entracte reste un souvenir tendre dans les mémoires, l'Astoria organisait une projection de "Ivan le Terrible", l'épopée d'Eisenstein. Précédée par une intervention de Igor Bogdazarov de la Mosfilm, c'est une vraie part d'Histoire que les spectateurs ont pu apprécier jusqu'à 00h15 ! Réalisé en 1944, ce biopic en deux parties était une commande du régime de Staline au maître du cinéma Sergueï Eisenstein. Ce qui en fait un des films de propagande les plus connus dans lequel on retrouve une figure héroïque russe se battant contre l'invasion ennemie et notamment allemande. Néanmoins, dans la seconde partie, on y retrouve un tsar fatigué proche de la folie et sans amis. Cette critique cinématographique du pouvoir en place à l'époque valu à Eisenstein de voir ce second opus interdit par Staline et de tomber petit à petit dans l'oubli. En effet, ce film fut son dernier...

Quentin Chirol Envoyer un message au rédacteur