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Festival de Cannes 2022 : pronostics pour le Palmarès officiel

28 mai 2022
Festival de Cannes 2022 impression 13 Les nuits de Mashhad
© Metropolitan FilmExport

Il va sans doute être très difficile pour le jury présidé par Vincent Lindon, de départager les 21 longs métrages qui composaient la compétition 2022, tant celle-ci fut de bonne tenue, sans pour autant voir un favori se dégager clairement. Si l’on en croit les premiers prix déjà remis, l’Iranien "Leila et ses frères" (prix de la critique internationale), "Sans filtre" de Ruben Östlund (prix de la CICAE), et Kore-eda avec "Broker / Les Bonnes Étoiles" (prix du jury oecuménique) feraient la course en tête. Et on ne voit pas trop comment les films de Kelly Reichardt, Claire Denis, Mario Martone ou Arnaud Desplechin pourraient se hisser au palmarès. Restent donc 17 films en lice, laissant la place à de multiples scénarios possibles, selon que le jury sera capable de faire la place aux films sociaux, politiques ou de genre. On espère que l’équilibre sera au rendez-vous.

Les réflexions politico-hypnotiques d’Albert Serra dans "Tourments sur les îles" pourrait le mener jusqu’au Prix du jury, qu’on le verra bien partager avec le poétique et bouleversant "Les Huit montagnes" voire l’âne de "Eo" si celui-ci ne parvient pas à atteindre le Prix spécial du 75e anniversaire (ou le Grand Prix). Côté scénario, c’est sans doute la famille improbable et les réflexions sur l’adoption du Japonais Kore-eda qui devraient l’emporter ("Les Bonnes Étoiles"), à moins que les réflexions politiques de Cristian Mungiu ou Tarik Saleh ne viennent rebattre les cartes.

Pour les prix d’interprétation, le champ semble très ouvert au niveau des femmes, entre Nadia Tereszkiewicz qui donne corps à Valeria Bruni Tedeschi jeune dans "Les Amandiers", la Russe tourmentée Alyona Mikhailova dans "La Femme de Tchaïkovski", ou notre préférée Annabelle Lengronne dans "Un petit frère", qui illumine la première partie du film de Leonor Seraille. Côté masculin, si Benoît Magimel est souvent cité ici, on verrait plutôt Eden Dambrine, le jeune et impressionnant acteur de "Close" de Lukas Dhont ravir le prix. À moins que deux autres amis, italiens, ne lui volent la vedette pour un prix ex-aequo.

La meilleure mise en scène pourrait encore échapper à Kirill Serebrennikov et revenir soit à l’Iranien Saeed Roustaee pour l’intense portrait d’une famille dans la misère, "Leila et ses frères", soit à Park Chan-wook dont le "Decision to Leave" est d’une virtuosité sans pareille. Enfin, si l’on parie sur le brûlot suédois "Sans filtre" pour le Grand Prix et une Palme d’or iranienne avec le palpitant et politique "Les Nuits de Mashhad" d'Ali Abbasi, le premier n’a pas fait l’unanimité, et le second pourrait paraître trop balisé pour d’autres. On assumera tout de même nos choix, en espérant que le très décevant film des Dardenne n’ait pas réussi à mettre suffisamment de poudre aux yeux des jurés.

Pronostics pour le palmarès officiel

Palme d’or
LES NUITS DE MASHHAD
(Holy Spider)
de Ali Abbasi

Grand Prix
SANS FILTRE
(Triangle of Sadness)
de Ruben Östlund

Prix du 75e anniversaire
EO
Hi-Han
de Jerzy Skolimowski

Prix de la mise en scène
Park Chan-wook
pour "Decision to Leave"
outsiders :
Kirill Serebrennikov pour "La Femme de Tchaïkovski"
Saeed Roustaee pour "Leila et ses frères"

Prix d’interprétation masculine
Eden Dambrine
dans "Close"
outsiders :
Luca Marinelli et Alessandro Borghi dans "Les Huit montagnes"

Prix d’interprétation féminine
Annabelle Lengronne
dans "Un petit frère"
outsiders :
Alyona Mikhailova dans "La Femme de Tchaïkovski"
Nadia Tereszkiewicz dans "Les Amandiers"

Prix du scénario
LES BONNES ÉTOILES
(Broker)
de Hirokazu Kore-eda

Prix du jury
TOURMENTS SUR LES ÎLES
(Pacifiction)
de Albert Serra
Ex-æquo
LES HUIT MONTAGNES
(Le Otto Montagne)
de Charlotte Vandermeersch et Felix Van Groeningen

Olivier Bachelard Envoyer un message au rédacteur
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