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Festival de Berlin 2022 : résister ou disparaître, un combat perdu d’avance dans le très beau "Alcarras"

18 février 2022
Festival de Berlin 2022 impression 11 Alcarràs
© Lluis Tudela – Fourni par la Berlinale

Compétition
ALCARRÀS
de Carla Simón
avec Jordi Pujol Dolcet, Anna Otin, Xènia Roset, Albert Bosch, Ainet Jounou, Josep Abad...

Notre première impression sur le film :

Carla Simón, réalisatrice du remarqué "Été 93", est donc revenue à Berlin pour présenter "Alcarràs", portrait d’une famille entre insouciance estivale et résistance nécessaire face à une situation qui met en danger leur gagne pain. Exploitant depuis deux générations des terres dont ils ne sont propriétaires que par une promesse faite autrefois, le film est surtout l’occasion de faire un constat implacable sur un monde paysan qui ne rapporte plus assez et qui se trouve menacé par d’autres fonctions promises à des terres pourtant fertiles. Nous sommes en effet en Catalogne, entre vergers et potagers bios, mais les descendants des propriétaires ont décidé d’implanter des panneaux photovoltaïques à la place des arbres. Une menace qui plane sur les lieux dès le début du film, suggérée par cet engin qui vient enlever la vieille deux chevaux rouillée dans laquelle jouaient les enfants dans la première scène.

Une manière de signifier intelligemment dès le début du métrage que le temps de l’insouciance est terminé et que vient donc celui des choix. La caméra de Carla Simón, en mode documentaire, s’attache aussi bien à capturer chaque détail de ce rude métier en pleine période de récolte, tout en permettant à chaque positionnement ou personnage d’exister. Alors que le père tente de résister à tout prix, le grand-père est dépassé par les événement, le beau frère tente de trouver une échappatoire, les enfants ne veulent que s’amuser, quant aux ados, ils se retrouvent coincés au milieu, symbole d’une génération qui n’a plus soit de choix, soit d’options. Solaire et drôle, tourné vers ce qu’il reste d’espoir, "Alcarràs" est un bel hommage à la complexité de la famille et au travail de la terre, un témoignage perturbant de la fin d’un monde. Et surtout une certaine vision d’une humanité qui se tire elle-même une balle dans le pied, non par choix mais par nécessité.

Voir un extrait du film « Alcarràs » :

Olivier Bachelard Envoyer un message au rédacteur
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