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INTERVIEW

EMMERDEUR (L')

Journaliste :
Sacha Guitry adaptait ses pièces au cinéma pour que toute la France puisse les voir. Est-ce la même démarche pour vous Francis Veber, en adaptant de nouveau « l’Emmerdeur » au cinéma ?

Francis Veber :
Non, c’est une tout autre époque. La pièce fait pa…

© TFM Distribution

Journaliste :
Sacha Guitry adaptait ses pièces au cinéma pour que toute la France puisse les voir. Est-ce la même démarche pour vous Francis Veber, en adaptant de nouveau « l’Emmerdeur » au cinéma ?

Francis Veber :
Non, c’est une tout autre époque. La pièce fait partie du processus de maturation qui m’a amené à refaire ce film.

Journaliste :
Richard Berry, vous avez joué pendant deux ans “L’emmerdeur” au théâtre, avez-vous joué différemment votre rôle au cinéma ?

Richard Berry :
Au théâtre on construit son jeu comme au cinéma, c’est la même démarche de vérité. La différence est de transposer l’histoire par rapport au lieu où l’on joue. Le jeu n’est pas le même que l’on soit à la Bourse du travail ou au Théâtre de poche. Au cinéma les fondamentaux sont les mêmes, sauf qu’on est regardés de très près.

Journaliste :
Francis Veber, il y a très peu de scènes d’extérieur dans votre film. Ne craigniez vous pas qu’on vous reproche de faire du théâtre filmé ?

Francis Veber :
Ce serai un mauvais reproche, il y a des films extraordinaires qui se déroulent en huis-clos comme beaucoup de “court movies”, “12 hommes en colère” en est le parfait exemple !

Journaliste :
On vous identifie comme un cinéaste de comédie pure. Vous n’avez pas envie d’élargir votre répertoire ?

Francis Veber :
C’est difficile de faire rire, alors quand on y arrive. De plus c’est assez difficile de changer de registre. Regardez Claude Zidi, il a connu un échec public lorsqu’il a réalisé “Deux” car ce n’était pas une comédie. Quand j’étais scénariste, je pouvais faire du drame car j’étais couvert par le réalisateur, mais quand on réalise soi même c’est difficile et peu apprécié. Le rire est le propre de l’homme et non des critiques. Les critiques sont emmerdés d’avoir le même goût que le public. tout au long de ma carrière j’ai beaucoup rencontré la critique, en même temps je peux comprendre que, quand on voit 7 à 8 films dans la semaine, se produise une sorte de “crise de foie”.

Journaliste :
Richard Berry, pourquoi refaire “L’emmerdeur” ?

Richard Berry :
Si ce n’avait pas été Francis, je ne l’aurais pas fait. Il est l’auteur de la pièce, et c’est lui qui l’a faite évoluer.

Journaliste :
Et vous Francis Veber, pourquoi “L’emmerdeur” ?

Francis Veber :
C’est un bon concept, un tueur à gages avec un suicidaire. L’humour noir est toujours plus touchant, regardez “To be or not to be”. L’emmerdeur est la seule pièce que j’ai eu envie de refaire. Pignon est de plus en plus ambigu, il détruit Richard Berry et Virginie Ledoyen avant de vouloir ensuite habiter avec eux. C’est étrange quand un personnage vous échappe.

Gaëlle Bouché Envoyer un message au rédacteur

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