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INTERVIEW

AFFAIRE DE FAMILLE

Claus Drexel

Journaliste:
Quelle est la genèse du film?

Claus Drexel:
Le dernier court-métrage que j’avais fait avait plu à Claude Scasso, car on était tous les deux intéressés par le thème de la vérité. Au final, chacun se fait SA vérité absolue en fonction de ce que l’on sait …

© La Fabrique de Films

Journaliste:
Quelle est la genèse du film?

Claus Drexel:
Le dernier court-métrage que j’avais fait avait plu à Claude Scasso, car on était tous les deux intéressés par le thème de la vérité. Au final, chacun se fait SA vérité absolue en fonction de ce que l’on sait d’une situation. Cela nous a donné l’idée centrale pour «Affaire de famille». Au niveau de l’écriture, c’était très intéressant, difficile, car il fallait rester vigilant par rapport à ce que sait déjà le spectateur. Le scénario est basé sur la structure, donc il était dur de caractériser les personnages sans en dire trop.

Journaliste:
Avez-vous écrit en pensant à des acteurs en particulier ?

Claus Drexel:
Uniquement pour Julien Courbey. André Dussolier et Miou Miou ont une côte de sympathie immédiate aux yeux du public, c’est pourquoi je les ai choisis car on ne les imagine pas forcément dans cette situation ! En ce qui concerne Eric Caravaca, il commence dans le film avec ce qu’on connaît déjà de lui dans d’autres films, pour casser son image par la suite. Hande Kodja a été choisie parmi plus de cent jeunes femmes castées, elle avait une intelligence de jeu qui m’a plu de suite.

Journaliste:
Grenoble est montée en première division en football, est-ce un hasard joyeux pour la sortie du film ? Pourquoi avoir choisi cette ville ?

Claus Drexel:
C’est super effectivement ! (rires). Le film a été tourné il y a un an, on ne pouvait pas rêver mieux ! Personnellement, j’ai grandi à Grenoble, je suis donc très heureux d’avoir obtenu les subventions de la région Rhône-Alpes ! Et puis ce choix est aussi pour le spectateur. Pour les non-spécialistes de foot, on a pris des références connues, telles que Saint-Etienne, ou encore le Brésil pour le centre de formation que Dussolier rêve de monter (alors que de nos jours on l’ouvrirait en Afrique). Comme cela les gens intègrent rapidement ces paramètres et peuvent se concentrer sur l’intrigue.

Journaliste:
Est-il difficile de se faire passer pour un Grenoblois ? (rires)

Julien Courbey:
Non, pas quand vous avez l’habitude de vous faire passer pour un algérien ! (rires). J’aime les rôles immoraux, impossible à incarner dans la réalité. Pour ce rôle j’ai dû travailler le couteau papillon, moi qui n’aime pas les armes il fallait que je soie à l’aise, très près d’André Dussolier. Mais une fois qu’on est dans l’énergie du jeu ça vient naturellement.

Journaliste:
Vous êtes une adepte du roller dans la vie ?

Hande Kodja:
Pas du tout…. J’étais au conservatoire lorsque l’on m’a choisie pour le rôle, j’ai dû prendre des cours de roller intensifs, tout ça pour avoir une doublure j’étais trop mauvaise ! (rires)

Journaliste:
La scène de l’armurerie est très décalée, c’était souhaité ? Quelles sont vos inspirations parmi les films dont l’histoire est présentée par les différentes perceptions des personnages ?

Claus Drexel:
J’adore les films des frères Cohen, les personnages qui sont peu crédibles au départ, pour ensuite emmener le spectateur un peu plus loin, dans un univers border-line. J’ai regardé tout ce qui s’est fait dans le registre du souvenir, tel que «Rashamon» de Kurosawa qui est LA référence par exemple. Lui s’est basé sur le souvenir, alors que nous avons choisi l’immédiateté. Dans les films moins réussis, le rythme tombe rapidement, nous avons souhaité que la progression du rythme continue crescendo.

Journaliste:
En voyant votre film, on pense à «Bienvenue Chez les Rozes», était-ce voulu ?

Claus Drexel:
Contrairement à ce film, je ne voulais pas faire des personnages des meurtriers, là les morts sont accidentelles. J’aime qu’un film soit une loupe de la réalité, qu’on grossisse le trait. Ce sont des gens ordinaires, n’importe qui réagirait de la même façon qu’eux.

Journaliste:
Pourquoi un sac d’argent change-t-il leur vie ?

Claus Drexel:
Ce sont des gens qui sont passés à côté de leurs rêves, lui à travers le foot, elle qui s’attache à une boutique de souvenirs qui ne marche pas. Ce sac représente leur dernière chance de changer quelque chose dans leur vie.

Camille Chignier Envoyer un message au rédacteur

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