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INTERVIEW

TU DORS NICOLE

Stéphane Lafleur

Le 11 mars dernier au cinéma du Comœdia (Lyon), Stéphane Lafleur et Julianne Côté sont venus présenter au public lyonnais leur film « Tu dors Nicole ». Avant l’échange avec le public, ils se sont entretenus avec les journalistes, en voici quelques extraits.

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© Les Acacias

Le 11 mars dernier au cinéma du Comœdia (Lyon), Stéphane Lafleur et Julianne Côté sont venus présenter au public lyonnais leur film « Tu dors Nicole ». Avant l’échange avec le public, ils se sont entretenus avec les journalistes, en voici quelques extraits.

Journaliste : Avez-vous pensé le film avec l’idée de tourner ensemble ou votre rencontre s’est-elle faite par l’intermédiaire d’un casting ?

Julianne Côté : J’ai répondu à un casting sauvage comme on dit chez nous. C’est-à-dire un casting de non professionnels. Stéphane voulait ainsi découvrir de nouveaux âges et surtout des musiciens pour les rôles masculins.

Stéphane Lafleur : Julianne n’était pas vraiment une non professionnelle puisqu’elle a commencé à l’âge de 11 ans. On a fait de nombreuses auditions, jusqu’à ce qu’il nous reste que cinq jeunes filles. On avait déjà trouvé l’actrice qui joue Véronique, la meilleure amie de Nicole et d’évidence c’était Julianne qui répondait le mieux à cette complicité. Ensuite, Julianne a très vite incarné le personnage et a montré une vraie solidité dans son jeu, c’était très rassurant vu qu’elle tient tout le film sur ses épaules. Elle correspondait bien au côté attachant qu’on attendait du personnage afin que les spectateurs puissent s’identifier à elle.

Journaliste : Julianne, est-ce difficile de jouer pour un réalisateur si pointilleux dans ces cadres et dans ces mouvements de caméras ?

Julianne Côté : Pour moi c’est totalement rassurant. Tout le monde a sa façon de recevoir et de donner mais dans mon cas, je sentais que j’étais très épaulée. Quand Stéphane passait d’une scène à une autre, je savais qu'il ne le faisait que quand il était entièrement satisfait. Savoir que le travail a été fait avec précision et réflexion esquive les doutes qu’on peut avoir sur des tournages plus improvisés et c’est tout de suite beaucoup plus reposant. Tout est déjà écrit, les dialogues autant que les gestes mais ce n’est pas pour autant que la discussion était fermé, au contraire, Stéphane nous demandait toujours notre avis. Il y avait un réel équilibre entre lui et ses acteurs.

Journaliste : Côté musique, on est très proche du groupe montréalais « Godspeed You! Black Emperor » ou bien encore Fugazi. Vous ont-ils inspiré pour créer les morceaux du groupe ?

Stéphane Lafleur : Pour la musique j’ai demandé à un ami musicien de créer tous les morceaux du groupe et effectivement j’ai beaucoup pensé à Fugazi, quand j’ai imaginé la musique. Un style dur mais mélodique en même temps. Il fallait aussi des morceaux que les gars puissent jouer. Ils se débrouillent mais ce n’est pas non plus des professionnels. Notez que Marc-André Grondin est un très très bon batteur, et comme le groupe était censé être amateur, je lui ai donné la place du guitariste pour que ce soit plus crédible.

Journaliste : Votre film retranscrit très bien l’ambiance des vacances passées à la maison quand on est étudiant. Y a t-il une part d’autobiographie dans votre histoire ?

Stéphane Lafleur : J’ai 38 ans et j’ai vécu essentiellement mon enfance dans les années 80 dans une petite banlieue pavillonnaire identique à celle du film. C’est vrai que la voisine d’en face, les cuisines et plus généralement les maisons sont celles de mon enfance et de mon adolescence. C’est quelque chose que je maîtrise. Filmer des gamins de maintenant, je ne suis pas sûre de les connaître suffisamment pour raconter une histoire sur eux. Néanmoins filmer les vacances, c’est toujours assez fragile à faire car c’est surtout des ambiances. Ce sont des films très difficiles à raconter une fois qu’on les a vu.

Gaëlle Bouché Envoyer un message au rédacteur

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