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INTERVIEW

TRANSYLVANIA

Tony Gatlif est ce genre de réalisateur qui a la tête de l’emploi ! Physiquement, on le croirait tout droit sortit d’un de ses films. Nature, vrai, sincère, direct, à l’état brut : il a tout d’un Romain Duris de « Gadjo Dilo » ou d’une Asia Argento de « Transylvania » son nouveau …

© Pyramide Distribution

Tony Gatlif est ce genre de réalisateur qui a la tête de l’emploi ! Physiquement, on le croirait tout droit sortit d’un de ses films. Nature, vrai, sincère, direct, à l’état brut : il a tout d’un Romain Duris de « Gadjo Dilo » ou d’une Asia Argento de « Transylvania » son nouveau film qu’il est venu présenter pour sa sortie en France après qu’il ait été projeté en clôture au dernier festival de Cannes.

« Transylvania » n’aurait d’ailleurs pas dû être « Transylvania ». Tony n’avait pas prévu de tourner son prochain film en Europe de l’Est. En fait, il avait d’abord pensé au Mexique. Une terre qu’il ne connaît pas personnellement, mais qui l’intéresse beaucoup. Il aime, en effet, le côté mystique et surnaturel que l’on retrouve chez ces populations pratiquant la voyance, les sortilèges, les envoûtements, la magie… thèmes qu’il voulait à tout prix développer dans le scénario de son prochain projet.

Il commence alors à écrire, mais ne finalise pas son histoire. Il ne termine jamais un scénario sans avoir rencontré les futurs comédiens de son film. Et sa rencontre avec Asia Argento va bouleverser tous ses plans !

« Asia a vraiment déterminé l’ensemble du film à partir du moment où elle a choisi de le faire », explique Tony Gatlif. Il trouve, en effet, chez Asia Argento une force, un tempérament et un vécu qui la placent d’emblée comme « l’élue » et dans un pays plus proche de nous que le Mexique : en Europe de l’Est, dans un pays tzigane où la superstition et la magie sont également très ancrés. Tony tient son décor et son premier grand personnage féminin. Et, pour en garder toute la spontanéité, l’humanité et la crudité, il ne lui donnera rien du scénario, lui expliquant uniquement l’histoire du film et son rôle. Il veut simplement d’elle, ce qu’elle est et ce qu’elle a.

« Asia ne joue pas Zingarina, elle l’est. Je ne vois personne d’autre dans le rôle, ou alors une inconnue». Tony ne fait pas, en effet, jouer ses comédiens. Il développe simplement leurs personnalités. Chacun d’eux est, à l’écran, ce qu’ils sont dans la vie. La jeune fille mendiante, le vieux à vélo… toutes sont des personnes croisées sur la route du tournage que Tony a aimé découvrir avant de leur donner le rôle dans lequel il a finalement appris à les connaître.

« J’aime les imprévus, confie Tony Gatlif. Mon scénario évolue pendant tout le tournage ! C’est pour cela que je ne le fais pas lire à mes comédiens. Ça les protège en quelque sorte. C’est juste difficile avec les producteurs ! » Et si le film évolue selon les rencontres impromptues du réalisateur, celui-ci révèle aussi que ses nuits lui portent parfois conseil ! « Il m’arrive de trouver mon inspiration dans les rêves ! De toute façon un réalisateur ne peut pas dormir réellement, c’est comme un colonel en temps de guerre : il ne peut pas dormir ! »

A tous ceux qui ont aimé « Gadjo Dilo » ou « Exils », à tous ceux qui aiment Emir Kusturica, son grand frère de cinéma, « Transylvania » plaira. « C’est un film de la continuité, fait remarquer Tony Gatlif. J’évoque les mêmes racines, la même ambiance mais l’âme de mes personnages a grandie. Ce n’est pas une répétition, c’est une suite. » Et on attend la suite de cette suite avec grande impatience.

Mathieu Payan Envoyer un message au rédacteur

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