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INTERVIEW

TERRE DES HOMMES ROUGES (LA)

La projection de presse a eu lieu le 9 décembre 2008 à 10h au Comoedia. Nous avons eu l’honneur de participer à la conférence de presse donnée le même jour à 18h45. Ainsi, nous nous retrouvons assis autour d’une table en compagnie de Marco Bechis et d’une autre journaliste. Le réalisat…

© Océan Films

La projection de presse a eu lieu le 9 décembre 2008 à 10h au Comoedia. Nous avons eu l’honneur de participer à la conférence de presse donnée le même jour à 18h45. Ainsi, nous nous retrouvons assis autour d’une table en compagnie de Marco Bechis et d’une autre journaliste. Le réalisateur-producteur pourra plus aisément répondre à toute sorte de questions.

Une toute première s’impose :
Comment se fait-il que le titre de base « Birdwatchers » ai été remplacé par un titre qui n’a aucun rapport et quelle est l’origine de cet ancien nom ?

Tout d’abord, parlons de l’origine du mot « Birdwatchers » : il signifie Observateurs d’Oiseaux. D’après Marco Bechis, les Hommes Blancs, comme les Indiens sont des Birdwatchers. Qui observe qui ? Telle est la question qu’il nous renvoie. Il le considère comme une métaphore de l’activité des Indiens, tant dans leur curiosité envers les occidentaux venus s’établir sur leur terrain, qu'envers la nature. Les Italiens ont refusé ce titre et le remplace donc par « La Terre Des Hommes Rouges », sous prétexte, que ce dernier serait plus accrocheur.

Une Seconde question :
Les acteurs sont de véritables Indiens venus de tribus, comment le contact est-il passé ?

Premièrement, Marco Bechis voulait trouver un terrain d’entente entre lui et les Indiens, se trouver d’égal à égal avec eux. Son engagement étant ce dernier, il a trouvé devant lui des Indiens analphabètes, incapables de lire un scénario ; et en désaccord total avec le cinéma, n’ayant jamais vu de caméra de leur vie. A son grand étonnement, Marco Bechis leur a trouvé une capacité naturelle au jeu d’acteur. En effet ces Indiens se transmettent tout par la culture orale, ils ont donc un don inné pour l’expression oratoire. Les scènes se sont jouées à « l’improvisation » toujours suivies d’un traducteur : le film est en Portugais, Marco Bechis est Italien… Six mois de préparation ont donc été nécessaires afin de réaliser ce film chronologique. Les Indiens ont scrupuleusement été choisis : parmi les mille établis près de la ville, seulement 30 à 40 ont été sélectionnés. Marco les a filmés dans leur vie quotidienne, jusque dans leur nid familial, puis a fait son choix. Chacun choisissait la scène qu’il désirait jouer, ainsi, les rôles ont été distribués.

Quelle est la raison de ce choix de thème plutôt ciblé ?

« Le problème des Indiens et de leurs terres, existe dans le monde entier, seulement personne ne s’en préoccupe ou en parle. » nous a confié Marco Bechis. Qui entre les Indiens et les Occidentaux sont les plus évolués ? Tout diffère alors selon le point de vue, qui d’après Marco Bechis est plus intéressant du côté des Indiens. Le film entier ou du moins sa signification, repose sur la curiosité humaine : les peuples ont peur de ceux qui se trouvent en face d’eux mêmes, laissant alors la peur s’installer ; faisant perdre toute curiosité et contacts possibles. Les Hommes ont besoin de se confronter au monde, de penser aux autres avant leur propre personne afin d’éviter la catastrophe. Les films français nécessitent des acteurs, de scénaristes et des réalisateurs français ; le fait d’être Italiens, pour des acteurs Brésiliens, ouvrait complètement la frontière des cultures.

La musique du 16° siècle ne concordait pas avec le thème du film, pourquoi ce choix ?

L’utilisation de la musique, dite classique, est employée dans le but de surprendre le téléspectateur. En effet, elle est utilisée aux moments forts, où on s’y attend le moins, et lorsque la scène est contraire à la musique.

Pour les déplacements de caméra, Marco Bechis appelle ces mouvements « camera à l’eau », en référence à la scène première, où l’effet recherché est de faire croire que l’on est dans le bateau avec les touristes. L’effet est repris lorsque l’on se retrouve dans la camionnette, pour un aspect encore plus réaliste du film. Les seuls scènes tournées à l’épaule sont lorsque le chaman sent l’esprit roder autour de lui, les autres sont en caméra fixe ou en travelling avant-arrière.

Kugel Romane
Lycée St Exupery

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