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INTERVIEW

RENARD ET L'ENFANT (LE)

L’homme et sa nature

Luc Jacquet signe ici un nouveau film sur les traces de son dernier et gros succès « La Marche de l’Empereur ». En effet, ce dernier revendique l’empreinte écologique de son film qu’il concrétisa durant sa conception par un partenariat de la WWF n…

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L’homme et sa nature

Luc Jacquet signe ici un nouveau film sur les traces de son dernier et gros succès « La Marche de l’Empereur ». En effet, ce dernier revendique l’empreinte écologique de son film qu’il concrétisa durant sa conception par un partenariat de la WWF notamment et du Comité du Développement Durable de l’Ain (principal lieu de tournage du film). Il nous entraine ainsi à la découverte d’un nature qu’il évoque lui-même comme utopique, car loin de celle que l’on peut connaître de nos jours, à travers le regard de Bertille Noël-Bruneau (qui joue là son deuxième grand rôle après le film de Jean-Pierre Denis « La petite Chartreuse ») sensé symboliser la curiosité et la séduction de l’enfance. Enfance pendant laquelle le réalisateur aurait vécu la même rencontre avec le renard. Luc Jacquet soulignera cependant que ce souvenir n’aura pas été le point de départ d’un projet qu’il murit depuis bien avant la Marche de l’Empereur.

Dans ce film Luc Jacquet a réussi à faire du beau avec du difficile. Les scènes d’actions, de poursuite comme les scènes dévoilant le magnifique paysage de l’Ain sont un véritable plaisir à regarder, plaisir amplifié lorsque l’on sait que pour le réalisateur, le mariage de deux genres différents tels que le documentaire et la fiction était à la base un vrai pari. Mais le résultat de ce mariage est finalement plus que satisfaisant pour un film du genre et traduit bien les sentiments que le réalisateur voulait nous communiquer: les paysages nous remplissent de liberté et d’émotions, et les scènes d’action nous secouent.

Le film tient un bon rythme, même si quelques séquences un peu longues sont là pour nous rappeler le côté documentaire du film. La fiction quant à elle tient bien sûr au fait que les animaux utilisés dans le film jouent un rôle et ne sont pas seulement observés, mais aussi et surtout à la relation entre la fillette et le renard. Cette dernière réussit tout au long du film à répondre à des questions que n’importe qui, grand ou petit, pourrait se poser avant de voir le film, et qui tiennent à coeur à Luc Jacquet: Quelle est la place de l’homme dans la nature ? Comment réintégrer l’homme dans la nature ? Pourquoi cette peur de l’homme chez l’animale ? Etc...

Au final, Luc Jacquet nous livre un film original, qui tient ses promesses d’un point de vue artistique et qui s’inscrit dans le courant environnementaliste actuel, sans pour autant insister, à la manière d’ « Une Vérité Qui Dérange », sur le caractère urgent de la chose, ce qui n’est pas dérangeant en soi. « Le Renard et l’Enfant » aurait donc plus pour but d’éduquer et de sensibilisé un public plus jeune et moins averti, sur l’importance de faire attention à ce qui se passe dans nos forêts, qui sont par ailleurs source d’histoire et d’imagination, que de convaincre les chasseurs de ne plus chasser, ou les paysans d’accepter la réintégration de l’ours dans nos montagnes.

Propos recueillis par
Derouet Jolan et Nina Viriot

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