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INTERVIEW

PASSE PASSE

Journaliste:
La politique vous a-t-elle inspirée pour le sujet du film ?

Tonie Marshall:
Je m’en suis effectivement inspirée, mais pour mieux me détacher d’une affaire qui a existé. Une femme qui avait traîné dans les milieux politiques, elle n’était pas à sa place e…

© Warner Bros. France

Journaliste:
La politique vous a-t-elle inspirée pour le sujet du film ?

Tonie Marshall:
Je m’en suis effectivement inspirée, mais pour mieux me détacher d’une affaire qui a existé. Une femme qui avait traîné dans les milieux politiques, elle n’était pas à sa place et s’est donc retrouvée chargée de beaucoup de poids.

Journaliste:
Comment s’est passé le tournage à Lyon ?

Tonie Marshall:
Il s’est très bien déroulé, mais il a fait un temps horrible! Nous avons surtout tourné dans les environs de Lyon, en direction du sud. Car quand quelqu’un pique une voiture, il va vers le sud, y’a pas de mystère!

Journaliste:
Vous avez créé le rôle pour Nathalie Baye ? Qu’en est-il des autres personnages ?

Tonie Marshall:
Oui, elle m’a aidé à rester sur terre, elle a rendu le personnage plausible, comme elle le fait pour tous les personnages féminins que j’imagine. En ce qui concerne les personnages secondaires, il y en a toujours beaucoup dans mes films, de façon peut-être trop prolifique d’ailleurs. Quand j’ai rencontré Joey Starr, j’aurais écrit plus de choses pour lui si j’avais su avant qu’il jouerait dans le film. Pour ce qui est du personnage de la jeune femme qui souffre du syndrome de Tourette, j’ai effectivement rencontré une jeune fille très belle qui avait ce syndrome là, je l’ai tout de suite imaginée comme un personnage pour un de mes films.

Journaliste:
Etait-ce agréable de tourner cette histoire d’amour ?

Nathalie Baye:
Je n’ai pas eu le sentiment que c’est une histoire d’amour, il s’agit plutôt d’un désarroi mutuel, d’un jeu de séduction, il s’installe une complicité entre eux. Ces deux personnages s’agrippent l’un à l’autre, ils se font du bien naturellement, consciemment et inconsciemment.

Journaliste:
Ce ton à la fois drôle et triste, cela vous est naturel ?

Tonie Marshall:
J’aime cette mélancolie, qu’il plane une tristesse diffuse. Je cours toujours après l’apaisement, la légèreté qui n’empêche pas la profondeur. Mais il est très dur de réussir cette alchimie, de trouver le bon tempo dans la réalisation. Pour moi des films parfaits dans ce genre seraient «Elle et Lui», «To be or not to be», ou encore «Les demoiselles de Rochefort».

Journaliste:
Etes-vous satisfaite du tandem Nathalie Baye - Edouard Baer ?

Tonie Marshall:
J’ai surtout recentré beaucoup le film, car sur le tournage, malgré les difficultés rencontrées, Edouard et Nathalie avaient une façon de travailler ensemble, une fusion, des moments d’intimité, de ce fait il y a des choses plus fortes qui sont apparues entre eux auxquelles je ne m’attendais pas. Cela transparaît dans le film je pense.

A l’origine, le personnage d’Edouard Baer était d’un milieu beaucoup plus populaire. Edouard m’a alors apporté la complexité du rôle. En face, Nathalie est un personnage d’emmerdeuse, c’est un actrice avec laquelle je me sens vraiment bien, elle peut rendre crédible n’importe quel personnage.

Journaliste:
En quoi Edouard Baer représente-t-il un magicien, fils caché de Darry Cowl ?

Tonie Marshall:
Darry Cowl était quelqu’un d’extrêmement dandy, il avait une grâce, tel une espèce de courant d’air, cela m’a paru une filiation tout à fait plausible avec Edouard.

Journaliste:
Avez-vous de suite accepté le rôle ?

Edouard Baer:
Le rôle de Nathalie est génial, le rôle de l’emmerdeuse, qui l’est avec aplomb. Le mien est celui de l’emporté, c’est un rôle de réaction dans lequel j’ai tenté de mettre du relief. Il y a vraiment une révélation par l’action chez ce personnage.

Journaliste:
Avez-vous eu une clé de lecture ?

Edouard Baer:
Tonie Marshall étant une grande admiratrice des comédies américaines des années 40, c’est un peu impressionnant pour un acteur ! Il est difficile d’incarner quelqu’un qui a un rapport au monde avec plusieurs fenêtres. Ce n’est pas juste un type en questionnements existentiels, il est réellement confronté à des situations. Il met alors une grande distance entre lui et ce qui lui est arrivé.

Journaliste:
Edouard Baer ressemble-t-il alors davantage à Cary Grant ou à James Stewart ?

Tonie Marshall:
Je pencherais plus pour Cary Grant dans «Soupçons», Edouard a ce côté énigmatique, et aussi le côté double : on voit une première face, mais il y a de nombreuses zones d’ombre.

Journaliste:
Au départ, vous aviez choisi pour le film la chanson «The Way you look tonight», que vous avez changé pour « Under my skin », pour quelle raison ?

Tonie Marshall:
Parce que dans  «Under my skin», il est question de l’empreinte de la peau que l’on n’oublie pas: c’est représentatif de tous les personnages. Chacun laisse l’empreinte de soi dans l’autre, mais à la fin ils rendent à chacun une vie ouverte.

Camille Chignier Envoyer un message au rédacteur

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