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INTERVIEW

OSS 117

Serge Hazanavicius, Bérénice Bejo et Jean Dujardin

Réalisatrice - Actrice - Acteur

Quelques semaines avant la déferlante OSS 117 sur vos écrans, nous avons rencontré toute l’équipe du film à la Cour des Loges.

Tout d’abord, Jean Dujardin et la belle Bérénice Bejo se sont présentés à notre table, pour une discussion à bâtons rompus sur le film.

Jean Dujardin …

Affiche du film Julieta
©

Quelques semaines avant la déferlante OSS 117 sur vos écrans, nous avons rencontré toute l’équipe du film à la Cour des Loges.

Tout d’abord, Jean Dujardin et la belle Bérénice Bejo se sont présentés à notre table, pour une discussion à bâtons rompus sur le film.

Jean Dujardin est d’abord interrogé sur l’aspect politiquement incorrect du film. Il nous répond que cela peut effectivement paraître incorrect de nos jours, mais que c’est un très bon reflet de la France des années 50. A l’époque on disait des choses que l’on ne peut plus dire aujourd’hui. Il admet cependant que les auteurs ont fortement travaillé pour que cela « passe » tout de même à l’écran. Ils ont vraiment poussé le bouchon au maximum pour que l’on comprenne bien que ce n’était pas une volonté raciste ou réactionnaire. Ils ne voulaient pas non plus faire un film moraliste, le cinéma devant rester le dernier bastion de liberté d’expression.

Son personnage a aussi connu un grand travail d’écriture. Il a fallu retrouver les habitudes, l’habillement, le phrasé des personnages similaires, et de l’époque. Il s’est beaucoup inspiré d’Edie Constantine, tout en jouant sur la rupture et en apportant sa touche personnelle. Pour construire son jeu, ils prenaient souvent référence sur Sean Connery en disant notamment : Sean l’a plus, ou Sean l’a moins. Au fil du tournage, il a commencé à vraiment sentir le personnage et à se laisser aller. Comme il dit il y a ici « Un peu de Sean, et beaucoup de connerie ». Cependant le film n’est pas une parodie à proprement parler, mais plutôt une comédie de détournement. Le côté nanar y est aussi parfaitement assumé.

Bérénice Bejo revient alors sur son personnage, et notamment la scène de combat entre femmes. Celle-ci était très chorégraphiée, et les deux actrices l’ont répétée pendant une semaine. Il était clairement décidé de forcer le trait ici encore. Dans l’ensemble elle estime que les personnages féminins du film étaient très construits, pour ne pas les faire devenir d’uniques faire valoir. Son personnage est ainsi notamment l’œil du témoin, du spectateur type des années 50. OSS a réellement besoin d’elle. Elle adore son personnage, qui est un vrai rôle de femme. Elle n’a pas cherché à faire de mimétisme avec les héroïnes de films d’espionnage traditionnels, mais a tout de même beaucoup regardé jouer des femmes comme Audrey Hepburn.

C’est maintenant au tour de Serge Hazanavicius (réalisateur) et Aure Atika de venir nous rejoindre pour prolonger la discussion.

Le réalisateur est notamment interrogé sur le phénomène OSS 117 qui semble en décalage complet dans la production cinématographique actuelle. Il nous explique que ce sont les producteurs qui ont eu l’idée de ce film, sur lequel a notamment travaillé Jean-François Halin, un autre auteur des Guignols. Il est alors arrivé, lorsque le scénario était prêt, mais il y avait encore des craintes pour le financement.

Une des questions les plus sensibles était justement le dosage du scénario. Serge Hazanavicius est arrivé en confiance car il connaissait très bien Halin, et savait que celui-ci ne pouvait être soupçonné de racisme. Ils ont alors essayé de mettre en place une sorte de cadre pour éviter que le spectateur puisse mal interpréter leur propos. L’élégance du film a notamment beaucoup contribuée à cet effet. Il prend notamment l’exemple des Nuls et d’Alain Chabat, toujours très élégants, qui pouvaient alors dire les pires horreurs sans problème. Il estime que son film est plutôt politiquement très correct, mais s’aventure sur un terrain où on n’ose plus aller. Ils ont aussi multiplié les « cibles » afin d’éviter définitivement d’être taxés de racisme. Hazanavicius fait enfin référence à Tintin, dont l’innocence et la naïveté faisaient parfois passer les mêmes messages (cf Tintin au Congo qui pourrait « gêner » de nos jours).

Malheureusement, nous devons quitter cette passionnante et charmante compagnie avant la fin de l’entretien, et n’avons donc pas pu prolonger la discussion avec Serge Hazanavicius sur d’autres sujets que l’ambiguïté de certains propos.

Rémy Margage Envoyer un message au rédacteur

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