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INTERVIEW

NOM DES GENS (LE)

Journaliste :
Le film traite de nombreux sujets : la politique, les origines, l’identité, le religion… Est-ce que ces thèmes ont apporté quelque chose de plus à votre rôle?

Jacques Gamblin :
C’est très rare d’avoir des sujets politiques dans les films français. J’aime bea…

© UGC Distribution

Journaliste :
Le film traite de nombreux sujets : la politique, les origines, l'identité, le religion... Est-ce que ces thèmes ont apporté quelque chose de plus à votre rôle?

Jacques Gamblin :
C'est très rare d'avoir des sujets politiques dans les films français. J'aime beaucoup qu'on parle d'un sujet d'actualité fort, mais avec le traitement de Michel Leclerc. C'est un film qui amène d'emblée à parler de ces sujets-là mais ça reste une comédie. Ce qui m'a séduit, c'était l'insolence. Quand j'ai lu le scénario, j'ai beaucoup ri, mais on rit sur des choses de fond, des choses graves mais essentielles. L'engagement va au-delà d'un personnage à interpréter. Je me sens engagé comme personne, comme citoyen. Ça m'est arrivé peu de fois de sentir ça aussi fort.

Journaliste :
Le film parle de sujets très sensibles, presque tabous, mais les traiter sur le ton de la comédie fait que tout passe. Pensez-vous que l'on peut tout se permettre au cinéma?

Michel Leclerc :
Dans le film, on est avec les personnages, c'est à dire qu'avant de pouvoir se permettre quoi que ce soit, il faut qu'on ait un minimum d'empathie avec les gens dont on parle. A partir du moment où il n'y a pas de méchanceté, de cynisme, je pense qu'on peut aller très loin. Mais il y a clairement un certain type d'humour que je n'aime pas : celui qui consiste à abaisser celui dont on se moque. Le film va loin dans certains sujets mais on ne rabaisse jamais personne.

Journaliste :
Comment s'est passée votre collaboration avec Sara Forestier ?

Jacques Gamblin :
Elle m'a bluffé. Mais comme elle jouait le jeu à fond, elle me poussait dans mes retranchements d'acteur. Je suis un peu le vecteur du spectateur, le clown blanc qui joue en réaction à ce qu'elle fait. Et le public aussi d'une certaine façon : il est bousculé par cette boule de flipper qui va très vite. Il fallait opposer une sorte de force tranquille, une conscience politique à son personnage. On en a beaucoup parlé pendant le tournage et on a rajouté des répliques qui rendaient plus crédible la relation et surtout l'histoire d'amour entre ces deux personnages.

Journaliste :
On a l'impression que vous « organisez » votre rareté au cinéma pour privilégier des projets comme celui-ci, atypiques, entre la comédie et le drame, dans lesquels vous vous investissez vraiment...

Jacques Gamblin :
Je ne suis pas omniprésent à l'écran parce que je continue à croire que mon métier est de crédibiliser des personnages. En effet, je ne suis pas boulimique, et j'ai toujours dit : n'en déplaise parfois aux réalisateurs qui ont envie qu'un acteur dise “oui” les yeux fermés à un cinéaste avec qui il rêve de travailler. Avant tout, je lis toujours un scénario, même si c'est avec un metteur en scène hypra talentueux, parce que j'ai d'abord envie que l'histoire soit belle. Je crois trop en ce métier, je considère que c'est une trop belle chance de le faire pour que ça déborde de cette chose qui me tient à cœur : travailler et encore travailler, pour faire croire à des personnages et à des histoires.

Rémi Geoffroy Envoyer un message au rédacteur

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