Bannière Cinélatino Toulouse présentiel 9 au 13 juin 2021

INTERVIEW

KING GUILLAUME

Confidences d’un roi et d’une reine… de la comédie : Pierre-François Martin-Laval et Florence Foresti se livrent, quand ils n’éclatent pas de rire, à l’occasion de la sortie en salles de « King Guillaume », le deuxième film de Pef pour le cinéma.

Journaliste :
Parlez-…

© Walt Disney Studios Motion Pictures France

Confidences d’un roi et d’une reine… de la comédie : Pierre-François Martin-Laval et Florence Foresti se livrent, quand ils n’éclatent pas de rire, à l’occasion de la sortie en salles de « King Guillaume », le deuxième film de Pef pour le cinéma.

Journaliste :
Parlez-nous de cette île et des décors de votre film...

Pierre-François Martin-Laval :
Le château de l’île c’est un petit peu un de mes échecs ! Ce que j’avais décrit dans le scénario, on n’a pas eu les moyens de le faire. J’avais imaginé un château qui ne tenait plus que par l’opération du Saint-Esprit, à force du temps et des siècles. Le chef déco [celui de « Essaye-moi », le premier film de Pef, ndlr] a quand même réalisé un château incroyable, tout tordu, dont on se demande s’il ne va pas tout tomber quand je suis en haut ! Le décor, sur un film comme celui là, c’est ce qui coûte le plus cher.

Florence Foresti :
Il a fallu faire quelques sacrifices mais il a par contre eu une vraie épave ! ça a été quelque chose, les touristes venaient la voir au lieu de visiter la côte bretonne. C’était magnifique d’avoir cette épave qui est restée sur la plage [de la presqu’île Saint-Laurent, ndlr] un mois ou deux.

Pef :
En plus elle était perchée sur le rocher !

Florence :
Il y avait des habitants qui voulaient qu’on laisse tout, mais bien sûr pour des raisons de sécurité, il a fallu tout détruire.

Journaliste :
Comment s’est passée l’avant-première à laquelle vous assistiez ? Les spectateurs ont-ils ris au moment où vous le souhaitiez ?

Pef :
Je suis la personne la moins bien placée pour parler de ça parce que j’aime tellement le film… Et puis comme ça fait trois ans que je suis dessus avec les co-auteurs, j’ai l’impression qu’ils ne réagiront jamais comme j’espérais ! Moi, je rigole toutes les deux phrases ou à chaque fois qu’il y a un détail… sans oublier quand Pierre Richard est avec ses pim’s…

Florence :
Ses piiiin’s !

Pef :
Ses quoi ?

Florence :
Ses pin’s et pas ses pim’s !!!

Pef :
Ouais ! Mais moi, j’aimerai qu’on soit ému de tout ! En revanche je ne suis pas à plaindre, les réactions m’ont comblé.

Journaliste :
Vous sentez-vous proche d’un comique comme Albert Dupontel qui, comme vous, avait mis en scène un Monthy Python dans son précédent film « Enfermé dehors » et qui a un univers assez similaire au vôtre ?

Pef :
Quand Dupontel avait fait son one-man show, je disais tout le temps que c’était mon one-man préféré. Je trouvais ça incroyable, parce qu’il y avait du visuel et il avait une manière complètement libre de jouer sans avoir peur d’en faire des tonnes. Merci si tu me trouves proche de Dupontel parce qu’il a un univers bien à lui. Je me sens loin de son côté trash car je ne supporte pas ça, même si avec les Robins [des bois, ndlr] on en a fait un peu…

Journaliste :
Pourquoi tu n’aimes pas le trash ?

Pef :
C’est juste que je n’ai pas envie d’écraser un poussin pour montrer du sang partout ! Je m’en fous ! J’trouve ça super dans les films de Dupontel, mais moi je n’ai pas envie de raconter ça. Avec les Robins, certes, on a mangé des têtes de pigeon avec de la moussaka !! [Rire général] Mais c’est un sketch et ça fait pas de mal de temps en temps !

Journaliste :
Par rapport à la BD originale, qu’est-ce que vous avez changé ?

Pef :
De toute façon le producteur m’a demandé de ne pas dire que je n’ai pas lu la BD, donc je ne vous le dirai pas !! J’admire Pétillon et Rochette qui font de très bonnes BD, mais le producteur m’a donné le scénario qui était tiré de leur BD. Je lui ai dit que l’idée me plaisait mais que le scénario ne m’intéressait pas et que je ne voulais donc pas le réaliser. Il m’a ensuite proposé de traiter le sujet et j’ai demandé aux co-auteurs de « Essaye-moi » [Jean-Paul, ndlr] Béthany et [Frédéric, ndlr] Proust de m’aider à raconter une histoire sur un homme qui veut offrir un royaume à sa belle. On a donc pris comme point de départ le personnage du chambellan qu’on a attribué à Pierre Richard. Je ne sais même pas si ça figure dans la BD !

Journaliste :
Et pour la belle, est arrivée Florence Foresti : vous avez pensé rapidement à elle ?

Pef :
Non pas tout de suite. En fait je ne pensais à personne et je n’arrivais d’ailleurs plus à avancer. Je me suis rendu compte de combien c’était important de visualiser. Et une fois que Florence m’a dit oui ça a tout changé dans l’écriture, c’était aussi très motivant

Florence :
Moi, je le connaissais des Robins et j’avais très envie de travailler avec lui. J’étais hyper touchée, en plus j’ai aimé tout de suite l’histoire. J’avais une peur tout de même. Parce que Pef s’est décidé en me voyant à la télé dans mon spectacle en 2005. A l’époque j’étais belle, jeune, toute bronzée avec les cheveux longs ! Et quand il m’a donné le scénario, j’étais enceinte donc j’avais 10 kg de plus, les cheveux courts, j’étais blanche et je me suis dit « il doit être dégoûté le pauvre ! » J’avais peur qu’il me dise que finalement il avait changé d’avis !

Journaliste :
Florence, en ce moment votre nom vaut de l’or, vous avez des projets à court terme ?

Florence :
Je ne réagis pas comme ça. Je suis un peu naïve… Je me dis « tiens, y’a plein de producteurs qui ont envie de me produire en ce moment, c’est bizarre !! » Je ne cherche pas à faire quelque chose maintenant à tout prix, je me demande surtout si j’ai envie de parler de quelque chose. Et puis si je loupe le coche, tant pis pour moi. Si je ne suis pas prête, je ne suis pas prête.

Journaliste :
Pierre-François, on connaît votre personnage de Pef, le mec cascadeur qui s’éclate par terre tout le temps et là, dans « King Guillaume », vous êtes tout en retenue, vous avez voulu montrer une autre facette de votre jeu d’acteur ?

Pef :
Non, ce n’est pas ça. Je te raconte la genèse ! Avant d’avoir Florence, mon personnage c’était celui que je sais si bien faire dans la facilité et ma femme c’était juste ma princesse. Puis Florence a accepté le projet et quelqu’un m’a dit « alors tu vas refaire ton « Essaye-moi », tu sais faire que ça ? ». Et je me suis dit « bon sang, un duo comique si on fait tous les deux les cons Florence et moi, ça ne sera pas intéressant ». J’en ai donc tué un des deux : moi ! Et ça m’a beaucoup plu de jouer un type responsable, qui pense à sa famille d’abord. J’étais tellement content que Florence fasse rire pour nous deux que j’ai enlevé toutes mes cascades, mes conneries, au début j’étais à vélo avec mes fleurs et je me pétais la gueule…

Florence :
Mais c’est déstabilisant ce que tu dis là, tu t’es enlevé des trucs…

Pef :
Non ! Ce mec m’a ouvert les yeux. C’est vrai, je n’allais pas re-raconter « Essaye-moi ». Ça nous a très motivé de repartir sur un nouveau duo. D’ailleurs, on a tué mes enfants aussi et on les a mis dans le ventre de Florence ! Du coup je suis devenu responsable de ma femme et de nos futurs bébés. C’est pour ça que je fais presque plus rien… sauf qu’en fait j’ai pas pu m’en empêcher !!

Journaliste :
Vous avez Florence Foresti, élue comique féminine préférée des Français, vous dirigez aussi Yannick Noah une des personnalités préférées des Français, il vous manquait plus que Franck Dubosc !

Pef :
Ah mais il y est ! Il est en photo sur la couverture d’un magazine !

Florence :
C’est parce que tu es un Français comme les autres ! Et les alpagas sont les animaux préférés des Français !! [Rires]

Pef :
Je suis bien entouré depuis « Essaye-moi » !

Florence :
On a ce qu’on mérite !

Journaliste :
Un petit mot sur Pierre Richard ?

Pef :
Non non, un petit mot c’est pas possible !! [Rires]

Journaliste :
C’est vrai qu’il est formidable, d’une justesse de bout en bout du film. On se dit que si vous faîtes un troisième film, il en sera forcément ?

Pef :
Evidemment c’est mon rêve de refaire un film avec Pierre Richard, même de monter sur scène avec lui. De toute façon tu fais n’importe quoi avec Pierre Richard t’es heureux !! Tu joues aux boules chez lui, n’importe quoi ! Il est tellement simple et gentil… Il m’a récupéré à une période difficile où je déprimais, j’ai passé 15 jours chez lui, j’ai fait que rigoler ! Ce type-là est étonnant. Tu disais « justesse », c’est exactement ça. C’est un acteur que j’ai aiguillé, je ne peux pas dire que je l’ai dirigé, il est juste tout de suite, je l’ai juste aiguillé !

Journaliste :
Et votre travail avec Terry Jones ?

Pef :
J’ai travaillé avec un Monthy Python et les gens ne m’en parlent presque pas ! C’est une question de génération je pense… Terry Jones, il est incroyable. Il n’improvise rien, c’est un gros travailleur. Il travaille tout, c’est dément. Il est hyper concentré. On lui avait mis toutes ses scènes sur une journée de tournage parce qu’on n’avait pas les moyens de lui payer deux jours de tournage. J’avais honte, j’osais presque rien dire. Je me disais qu’il allait trouver que j’étais un metteur en scène raté parce que je disais rien de plus que « One more, one more » !! [Rires] Mais finalement, bien diriger c’est aussi accepter le talent de l’autre…

Journaliste :
Comment avez-vous fait pour le contacter ?

Pef :
C’est un concours de circonstances ! Mon meilleur ami qui joue le voisin [Grégoire Bonnet, ndlr] connaît le producteur français des Monthy Python. On a pris un café avec lui qui m’a dit « alors, tu veux lequel ? » !! [Rires général] Je lui ai expliqué que j’avais écrit le rôle d’un professeur médiéval à Oxford en pensant aux Monthy Python sans savoir que Terry Jones donne des cours médiévaux ! C’était incroyable, je ne l’avais pas fait exprès. Et Terry Jones a dit non ! Alors on est allé le voir à Londres et on s’est bourré la gueule !! La rencontre a été énorme. Il attendait dans un pub avec sa pinte, seul. Il m’a amené chez lui, il m’a présenté à sa femme, c’était incroyable ! Après cinq pintes et deux bouteilles de blanc il m’a dit « I’m sorry, j’ai pas envie de jouer, I’m too old… » ! Et là je lui ai dit que j’étais en train de savourer un moment incroyable avec mon modèle et que s’il me disait non c’était pas grave !! Et coup du sort il a fini par dire oui !!

Florence :
ça donne envie de rêver ! Pef va chez Terry Jones et réalise tout simplement son rêve !

Pef :
Eh bien ça la conclusion, c’est « Essaye-moi » ! Ce film m’a aidé à ça. Maintenant, j’arrête de me mettre dans la tête des autres. Avant je me serais dit « il va me prendre pour une merde ». Maintenant il m’arrive des choses fantastiques.

Mathieu Payan Envoyer un message au rédacteur

À LIRE ÉGALEMENT