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INTERVIEW

HELLPHONE

Pour ceux qui ne le sauraient pas James Huth se sent adulte et équilibré ! Il nous apprend qu’il est en total contact avec la part de merveilleux et de rêve de son enfance, celle que tout un chacun essaie de retrouver une fois l’âge adulte atteint. Pour s’en convaincre, il suffit de se ren…

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Pour ceux qui ne le sauraient pas James Huth se sent adulte et équilibré ! Il nous apprend qu’il est en total contact avec la part de merveilleux et de rêve de son enfance, celle que tout un chacun essaie de retrouver une fois l’âge adulte atteint. Pour s’en convaincre, il suffit de se rendre dans les salles obscures pour voir le lumineux « Hellphone », véritable hommage au cinéma fantastique des années 80 et qui replongera chaque adulte en enfance, le ramenant à l’époque du lycée, des appareils dentaires, des premiers amours et des envies de contrôler son destin et d’accéder rapidement à l’âge adulte ! En cela le film de James Huth, le papa de "Brice de Nice", a réussi un film qui plaira aux jeunes comme aux moins.

Ainsi on retrouve dans le film toute une pléiade de références à Robert Zemeckis, Spielberg, Joe Dante et compagnie. « Ces films avec lesquels j’ai grandi m’ont tous procuré un plaisir jubilatoire. » Vous retrouverez pêle-mêle le skate-board de « Retour vers le futur », le magasin chinois de « Gremlins », les répliques de « Forrest Gump », la filiation démoniaque de « Christine », les femmes en chaleur de « SOS Fantômes » et j’en passe et des meilleures !

Mais les jeunes acteurs de « Hellphone » connaissaient-ils ces références cinématographiques avant le tournage du film ?

Jennifer Deker : « Retour vers le futur » et « Gremlins » ça c’est sûr, je les ai vu et revu ! Comme Forrest Gump.

James Huth : Et « 1941 » ?

Jennifer Deker : Ah ça non !

Vladimir Consigny : Les « Retour vers le futur » et « Gremlins » on les a vu après leur sortie en sachant que c’était des monuments.

Jean-Baptiste Maunier : Moi aussi je les ai vu à la télé.

L’histoire sur les téléphones portables est presque un cas isolé pour la France selon James Huth. "C’est un genre qui fonctionnera très bien en France, dit-il, car dans notre pays l’utilisation des portables fonctionne uniquement ainsi chez nous. Aux Etats-Unis par exemple, on se sert du téléphone davantage pour communiquer que pour polluer de SMS ou draguer. En France, on l’utilise pour tout et surtout pour débuter des relations amoureuses !" s’amuse-t-il à dire !

Mais quel est leur rapport avec le téléphone portable ?

Jean-Baptiste : Moi je suis accro, et notamment aux SMS, on est né avec. Pour moi c’est une drogue !

Vladimir : c’est dur de s’en séparer et même après le film je n’ai pas voulu le jeter !

Et quand on rappelle que maintenant ce ne sont plus les petits mots de papiers qu’on s’échange en classe mais des textos comme le montre le film, Jennifer résume :

Jennifer : C’est super discret, c’est efficace ! Et au-delà du côté pratique qu’il a à la base, il a joué un autre rôle très important, il créé des liens : on appelle 10 fois plus ses potes, il a facilité la communication et favorisé les échanges.

James Huth : C’est une excroissance de tous les jeunes aujourd’hui, c’est un autre bras ! On se souvient toujours de son 1er portable ! Y’a un rapport affectif qui se créé avec cette machine : c’est terrible !

Côté dialogue, James Huth se remémore les premières lectures du scénario.

James Huth : C’était marrant, on les faisait relire à nos enfants et les expressions telles que « man » les ont fait hurler de rire ! Pour eux c’était de l’époque des Tricératops !
Notre but a été de chercher à faire des dialogues de jeunes mais pas des dialogues du moment présent, on voulait rester dans l’intemporalité. J’aime que mes films traversent les époques.

Et vous les jeunes, comment aliez-vous école et cinéma ?

Jean-Baptiste : Je suis le seul à aller encore à l’école !

Vladimir : Moi j’ai un peu de mal avec l’école, je passe mon bac par correspondance.

James Huth : Oui, par SMS !

Jean-Baptiste : Je suis toujours à Lyon, en section littéraire. Pour « Hellphone » comme y’avait pas mal de tournage dans un lycée, j’ai pas été trop dépaysé pendant trois mois, en plus c’était pendant mes vacances qu’on a préparé le film et tourné ! Le rôle était plus proche de moi mais pas plus facile, il était bien physique.

James Huth : C’était un enfer non seulement pour eux mais surtout pour lui : c’était un énorme challenge de tenir le rôle de Jean-Baptiste qui fait partie pratiquement de tous les plans du film. Mais il a bluffé toute l’équipe : c’est-à-dire qu’à un moment, on a oublié son âge : il était à fond dedans et il était hyper professionnel !

James Huth est fier de l’affiche que le casting lui a permis de rassembler.

James Huth : Ces 8 jeunes talents sont une merveille de matériau pour un metteur en scène. Ils ont tous quelque chose à eux et sont si beaux à l’écran ! La dernière qu’on a trouvée, c’est Jennifer Deker. Je ne voyais pas notre Angie. Et puis elle est apparue, a brillé et a bossé comme une pro. Elle est un mélange de Juliette Lewis et Anne Parillaud. Elle peut faire de l’ombre à n’importe quelle autre fille ! Les autres aussi sont parfaits, je suis encore dans la frustration de ne pas avoir tiré plus de ses jeunes talents ! C’est impossible qu’on ne les retrouve pas au cinéma ! Je ne comprendrais pas !

Nous non plus… alors croisons les doigts tant qu’on ne s’en sert pas pour téléphoner à nos potes !

Mathieu Payan Envoyer un message au rédacteur

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