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INTERVIEW

FILLE DU PUISATIER (LA)

© Pathé Distribution

Journaliste :
Avez-vous pris plaisir à réaliser autant qu’à jouer ?

Daniel Auteuil :
Pendant longtemps, la réalisation était pour moi un exercice tabou, auquel je n’avais pas accès. Quand la famille Pagnol m’a proposé cette histoire pour le rôle du puisatier, ils m’ont dit : « A qui tu penses pour la réalisation ? ». J’ai répondu « moi », et personne n’a ricané. Ensuite j’ai pris le temps de bien lire le texte, j’ai fait de cette histoire mon histoire. Toutes les étapes du film m’ont plu. En fait, c’est une drôle de rapport, je n’arrive pas à lâcher le film.

Journaliste :
Comment avez-vous vécu le film en tant que réalisateur ?

Daniel Auteuil :
Je l’ai vécu comme l’exercice d’un nouveau métier. J’en connaissais les moindres rouages, sauf que je ne l’avais pas expérimenté. Le dénominateur commun des grands metteurs en scène est, selon moi, la rigueur. Et je savais que je pouvais être rigoureux. On en apprend des choses sur soi ! (rires)

Journaliste :
Comment avez-vous géré vos acteurs ?

Daniel Auteuil :
Quand je joue, j’aime bien qu’on me laisse de la liberté, qu’on ne me donne pas trop d’indications. Il y a déjà bien assez d’informations, de mots… Mais là, j’ai pu voir que certains acteurs, les jeunes par exemple, aiment bien qu’on leur parle, qu’on les guide. Quand on est acteur, on a peur, on attend. Du côté de la mise en scène, il faut que ça avance, on n’a pas le temps ! Et sur ce tournage, j’ai vraiment choisi la réalisation. S’il y avait un acteur qui devait ne pas m’emmerder, c’était bien moi ! (rires)

Journaliste :
Quel est votre histoire avec Pagnol ?

Daniel Auteuil :
Elle date d’il y a bien longtemps. Je suis avignonnais d’origine et un jour, pendant le festival de théâtre, il y avait une rétrospective Pagnol. C’était en noir et blanc, ça grésillait, mais il y avait une certaine magie qui m’a plu. Puis une fois à Paris, je me suis ennuyé de ma province et je me suis mis à lire Pagnol. Arrive ensuite « Jean de Florette » et « Manon des Sources », à qui je dois beaucoup sinon tout. J’ai le sentiment que cet auteur est fait pour moi.

Journaliste :
Finalement, quel regard portez-vous sur votre film ?

Daniel Auteuil :
Je l’aime beaucoup. Je trouve que c’est sincère comme boulot. Apparemment, il fait remonter des trucs profonds, des choses enfouies. Je n’ai pas honte de le montrer. Non mais c’est vrai, ça aurait pu être une catastrophe ! (rires)

Journaliste :
Pensez-vous poursuivre votre travail en tant que réalisateur ?

Daniel Auteuil :
Bien sûr, cela m’a donné envie de continuer. Après, je ne vous cache pas que le cinéma est une industrie, donc les suivants dépendront du succès de celui-là. Mais j’y ai déjà réfléchi. Et je continuerai aussi à jouer car c’est ce que j’aime. Il y a le plaisir de l’acteur. Et puis, je ne vois pas qui pourrait jouer mes rôles !

Anthony REVOIR Envoyer un message au rédacteur

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