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INTERVIEW

ESPION(S)

Journaliste :
Nicolas, pourriez-vous nous parler de votre parcours ?

Nicolas Saada :
Je suis un vieux débutant [en référence à ses 43 printemps, ndlr]. Si je suis aujourd’hui réalisateur, c’est le fruit d’accidents et de rencontres. Ce qui est sûr, c’est que je sui…

© Mars Distribution

Journaliste :
Nicolas, pourriez-vous nous parler de votre parcours ?

Nicolas Saada :
Je suis un vieux débutant [en référence à ses 43 printemps, ndlr]. Si je suis aujourd’hui réalisateur, c’est le fruit d’accidents et de rencontres. Ce qui est sûr, c’est que je suis un passionné de cinéma depuis bien longtemps. Les films m’apportent du réconfort, le cinéma c’est Beau. Pour moi, ce n’est pas le 7e art, mais un art premier.

Journaliste :
Comment s’est passée votre collaboration avec Géraldine Pailhas ?

Nicolas Saada :
Très très bien. J’avais envie de retravailler avec elle et de la mettre en scène dans un film de genre. [Géraldine était, en effet, la comédienne du précédent court-métrage de Nicolas Saada « Les Parallèles » (2004), ndlr]

Journaliste :
Et avec Guillaume Canet ?

Nicolas Saada :
Guillaume était parfait pour ce rôle. Il a une manière unique d’attraper le cadre. Il est très cinégénique et peut exprimer beaucoup dans les silences et les regards.

Journaliste :
Pourquoi avoir situer l’action de votre film à Londres ?

Nicolas Saada :
C’était une volonté dès le départ. Je voulais que cette histoire soit racontée « ailleurs ». Je souhaitais que mes personnages soient confrontés à une autre langue. Je ne voulais pas me retrouver coincé par les conventions du film de genre « à la française ».

Journaliste :
Géraldine, pourriez-vous nous parler de votre expérience sur ce film ?

Géraldine Pailhas :
J’étais un peu acquise à la cause de Nicolas car c’était comme le prolongement de quelque chose de logique. Je dois vous avouer que je suis très liée à Claire le personnage que j’incarne. Elle m’a beaucoup émue dans sa façon de s’offrir sans aucune retenue à cet homme mystérieux qui peut être dangereux. J’ai eu l’impression de me réconcilier avec la fragilité que je veux gommer de ma propre vie.

Guillaume Canet :
Elle chiale tout le temps ! [Rires]

Journaliste :
Guillaume, parlez-nous de la découverte de ce film et de votre rôle…

Guillaume Canet :
J’ai lu le scénario qui m’a tout de suite attiré. C’était pendant le tournage des « Liens du sang » à Lyon ! A cette époque, je voulais faire une pause après ce tournage, mais le personnage m’a attiré. Il est contre toute autorité ou règle. On le force à séduire et à aimer. Et, en rentrant dans ce jeu, il découvre des choses sur lui, ça m’a parlé. La rencontre avec Nicolas a aussi été décisive. C’est quelqu’un de passionné, qui vous parle de la forme que cela prendra avec les focales, le choix de la caméra à l’épaule, son amour pour le cinéma des années 70…

Journaliste :
Nicolas, comment avez-vous procédé pour votre casting anglais ?

Nicolas Saada :
J’ai fait une liste sans y croire beaucoup. Notamment pour le rôle de Malik, je pensais à Alexander Siddig sans savoir s’il voudrait ou pourrait. Nous l’avons rencontré et nous avons beaucoup discuté pour au final nous mettre d’accord. Et cela s’est passé de la même manière pour tous les autres comédiens anglais !

Journaliste :
Quelle est votre manière d'aborder la direction d’acteur ?

Nicolas Saada :
Je ne préfère pas trop diriger, je suis plutôt du style à dire « Voici 5 portes pour aborder cette scène, chacune bien distincte, et bien moi je préfère que tu choisisses entre les trois premières portes et que tu fuies les deux dernières. » Cela laisse du choix et une certaine liberté.

Journaliste :
Nicolas, vous êtes l’auteur du scénario en plus d’en être le réalisateur, qu’est-ce que cela apporte à votre film ?

Nicolas Saada :
Concernant le rapport dialogues/images, c’est très intéressant. Le cinéma peut dire beaucoup en images et le spectateur peut lui-même combler des vides, des non-dits. Dans mon film, j’ai écrit peu de dialogues car je ne voulais pas raconter tout ce qui allait se passer. Je n’aime pas ces films ou ces séries télévisées qui parlent trop et racontent toute la trame dès le départ.

Guillaume Canet :
Il a raison. Pour mon film, « Ne le dis à personne », j’ai beaucoup appris là-dessus avec François Cluzet. Il me répétait souvent lors de la lecture du scénario « ça je préfère le jouer ». Grâce à lui, j’ai coupé 20 % de ses dialogues et j’ai appris à dire moins et à jouer plus. C’est extraordinaire quand vous « dites » avec votre regard, avec un silence. Je vous renvoie au plan séquence du film « Espion(s) » dans la chambre d’hôtel. Il n’y a pas un mot mais tout est dit. Personnellement je rêverai de faire un film muet !

Mathieu Payan Envoyer un message au rédacteur

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