Banniere Festival d'Annecy 2024

INTERVIEW

BOITE NOIRE (LA)

Nous avons rencontré José Garcia dans le cadre de la sortie du film « La boîte noire » de Richard Berry. Retour sur les moments marquants de cette rencontre.

José Garcia se fait d’abord le porte parole du réalisateur et nous explique la genèse du film. Dans « Moi, César », Richard B…

© Loll Willems

Nous avons rencontré José Garcia dans le cadre de la sortie du film « La boîte noire » de Richard Berry. Retour sur les moments marquants de cette rencontre.

José Garcia se fait d’abord le porte parole du réalisateur et nous explique la genèse du film. Dans « Moi, César », Richard Berry proposait déjà une facette assez noire et semblait hanté par le thème de l’enfance. Luc Besson, qui avait adoré cette partie, lui a alors conseillé de réaliser un nouveau film, beaucoup plus sombre et proche des thrillers. Richard Berry a alors découvert la nouvelle de Tonino Benacquista ce qui lui a permis de faire ce retour sur ses démons.

José Garcia revient ensuite sur le changement flagrant que 2005 a représenté dans sa carrière. Il ne pense pas avoir fait le tour de la comédie, loin de là, mais il se sentait prêt pour cette nouvelle étape dans sa carrière, plus « sérieuse ». Ensuite, tout est un concours de circonstance, d’abord Carlos Saura, puis Costa Gavras qui lui font confiance et lui proposent de bons scénarios. Pour lui, tout doit venir de l’envie, du désir de tourner, mais aussi d’apporter quelque chose au réalisateur. Il nous explique également à quel point il aime aller au bout des choses. Le travail avait commencé sur le Couperet, et ici, avec un personnage assez différent, il complète sa gamme, trouve de nouvelles émotions… Même s’il tourne très bientôt une comédie, il n’arrêtera pas pour autant les rôles noirs, bien au contraire.

Lorsque nous lui parlons du tournage de « La boîte noire », il nous explique que jouer un rôle grave comme celui-ci est paradoxalement restructurant et reposant. Bien sûr, on est fatigué à l’issue de la journée de tournage, mais la réflexion interne a été également très prolifique. L’acteur nous explique notamment que lorsqu’il tourne une scène où son personnage doit réfléchir, gamberger… c’est lui, José Garcia, l’homme, qui gamberge sur le plateau afin de donner une expression crédible à son personnage. Si par malheur il pense à la mauvaise chose, la scène est loupée. Il ajoute que pour faciliter les choses, le film a été tourné au maximum dans sa chronologie. L’essentiel du tournage se faisant en studio. Les extérieurs ont été très difficiles à tourner, avec le vent, et la météo qui ne les ont pas aidé.

José Garcia nous parle alors de son expérience avec Richard Berry, et du scénario. Il n’a pas lu la nouvelle avant le tournage, afin de ne pas se laisser influencer et de garder le point de vue du réalisateur. Le script a été respecté à 100%, Berry étant particulièrement méticuleux dès le départ. Il lui a ainsi fourni tous les éléments pour que son rôle soit crédible et réussi, notamment sur les points de vue médicaux. Au final, seules 10 pages de la nouvelle ont été conservées, Berry brodant un nouveau thème autour. José nous raconte également l’ambiance du tournage, qui a été particulièrement bonne, car pour la première fois il ressentait une grande complicité avec toute l’équipe. Dés le tournage terminé, il retrouvait son costume d’amuseur. Enfin, il souligne à quel point Bernard Le Coq est un acteur formidable.

José Garcia revient ensuite sur lui et sa carrière. Il nous explique que son image ne lui appartient pas, qu’il est comme offert au public sur ce point. Il est difficile de rester objectif et de prendre de la distance sur son travail. Dans le fond, il fait ce métier pour savoir ce qu’il est. Il nous explique aussi que la nostalgie ambiante, notamment avec le retour à la télé de ses facéties est un passage obligé puisque la télé ne permet plus les dérapages. Au final, cela l’éclate de se revoir, mais il trouve dommage que cela soit « nécessaire ».

Il ne se voit pas vraiment passer à l’écriture ou à la réalisation, considérant qu’il n’a rien a inventer… sauf peut être de la déconne avec Benoît Poelvoorde. Lorsque nous lui demandons s’il aimerait retravailler avec son vieux complice Antoine de Caunes, il nous répond que oui, ils referont sûrement quelque chose ensemble un jour. Au final, il pense avoir rencontré beaucoup de gens, et ne souhaite pas travailler avec un réalisateur en particulier, mais plutôt pour un rôle en particulier. L’important pour lui est de trouver la bonne histoire et de sentir qu’il a un plus à apporter au rôle. Il aime énormément surprendre, comme il l’a fait sur le tournage du film de sa femme (Rires et châtiments).

Enfin, José Garcia termine l’entretien en nous expliquant comme s’est passé le travail avec Luc Besson producteur. Besson leur a laissé les mains libres, et n’est pas du tout venu sur le tournage pour orienter Richard Berry. Loin de stéréotyper le film, il leur a au contraire permis de faire ce qu’ils voulaient, et son expérience de réalisateur lui a permis de mieux comprendre les besoins techniques et financiers du film.

Rémy Margage Envoyer un message au rédacteur

À LIRE ÉGALEMENT