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INTERVIEW

5 FOIS 2

Dans un salon privé, le réalisateur, François Ozon, nous reçoit, pour la conférence de presse de son film. Ce dernier traite du sujet de la séparation et du divorce. Le montage anti-chronologique du film a permis aux acteurs d’effectuer un changement physique et rajeunissant important pour jou…

© Patrice Ricotta

Dans un salon privé, le réalisateur, François Ozon, nous reçoit, pour la conférence de presse de son film. Ce dernier traite du sujet de la séparation et du divorce. Le montage anti-chronologique du film a permis aux acteurs d'effectuer un changement physique et rajeunissant important pour jouer les scènes de deux dernières parties (le mariage et la rencontre).

Le fait de traiter ce sujet de telle manière, à nous faire nous souvenir des premiers moments d'une histoire d'amour, nous évite de nous concentrer sur les moments mauvais. En effet, cette chronologie nous permet de débuter par un drame et de finir en happy end, comme du « Lelouch » dixit François Ozon. Le réalisateur nous décrit la volonté de croire en une histoire d'amour, dans laquelle chaque spectateur peut s'identifier aux personnages.

Le récit comporte de nombreuses ambiguïtés, de manière à déstabiliser le spectateur, afin que lui-même se remette en questions. Un autre paradoxe réside dans le fait que le couple à l'image, est confronté à de nombreux moments de solitude à deux. Les rapports des deux protagonistes sont très complexes, étant donnés leurs caractères différents. Le couple est mené par la femme. Il n'y a jamais de coup de gueule, pour crever les abcès, l'homme intériorise tout. Tout au long du film, le mari n'est jamais présent pour les moments les plus intenses de la vie de la femme ou du couple.

Le film rappelle au spectateur à tout moment, la peur de la solitude, présente dans de nombreuses scènes. La violence du divorce, permet de décrire ce moment, que l'on ne souhaite à personne. Pour appuyer l'état du couple, François Ozon utilise la violence physique définie par le passage à l'acte du viol conjugal, à la limite de l'acceptable. Le personnage féminin subit de nombreuses contraintes, mais fait aussi des choix, comme dans la scène avec l'aventure avec l'américain.

Selon le réalisateur, la société veut l'égalité des sexes, mais sans affaiblir le rôle de l'homme. La brutalité du début du film est estompée par la rencontre sur la plage, amenant de la sensualité et un cadre de prédilection pour François Ozon : l'eau, la plage, permettant des rencontres plus faciles ( « que sur une piste de ski » )…

David Brejon Envoyer un message au rédacteur

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