Bannière Festival d'Annecy 2026 : quotidiennes, sélection, films, critiques

DOSSIERZoom sur un thème

ZOOM SUR UN THÈME : 10 films sur les jeux et jouets

Alors que "Toy Story 5" vient de sortir en salles, nous vous proposons une sélection de 10 films sur le thème des jeux et des jouets.

Avec cinq opus de "Toy Story" et le spin-off "Buzz l’Éclair", les studios Pixar sont responsables de six longs métrages mettant les jouets à l’honneur. Si les jeux et jouets ne sont pas toujours un enjeu central ou majeur dans les films qui les représentent, nous vous avons sélectionné dix exemples hors Pixar où le scénario repose en partie sur cette thématique (notons que nous avons laissé de côté les jeux vidéo et les jeux sportifs).

Nos conseils sont en majorité des comédies (bon enfant ou plus grinçantes), mais il y a aussi quelques films d’horreur dans le lot. Notons que le thème semble avoir particulièrement inspiré les réalisateurs des années 1990, avec pas moins de 5 longs métrages sur les 10 que nous vous proposons ! De la poupée à l’ours en peluche en passant par un jeu de société, des figurines ou encore un cerceau, faites vos jeux !

1940 : PINOCCHIO, de Hamilton Luske et Ben Sharpsteen

Avec les voix (en VO) de Cliff Edwards, Dickie Jones, Christian Rub, Mel Blanc, et celles (dans la VF de 1975) de Roger Carel, Mark Lesser, Teddy Bilis, Michel Roux…<
Quand un vieux fabricant de jouets sculpte une marionnette de bois, il ne s’attendait pas à ce que son souhait de la voir prendre vie se réalise. Sauf que ce jouet ne deviendra humain que lorsqu’il aura prouvé qu’il le mérite. Adapté d’un roman sombre italien mettant en scène un jouet à qui il arrive les pires aventures (kidnappé, exploité, transformé en âne, mangé par une baleine), "Pinocchio" est le 2e long métrage produit par Walt Disney. Il demeure un chef d’œuvre aux images marquantes comme lors de l’apparition de la Fée bleue ou quand le nez de bois grandit à chaque mensonge proféré. De quoi inciter les enfants à être sage ! On peut évidemment signaler qu’il existe bien d’autres adaptations du conte de Carlo Collodi, comme celle de Roberto Benigni en 2002, celle de Matteo Garrone en 2019, ou la version de Guillermo del Toro en 2022.

Mathieu Payan

1976 : LE JOUET, de Francis Veber

Avec Pierre Richard, Michel Bouquet, Fabrice Greco, Jacques François, Daniel Ceccaldi, Charles Gérard, Michel Aumont, Gérard Jugnot…
Déjà auréolé de scénarios à succès pour d'autres réalisateurs ("Le Grand Blond avec une chaussure noire", "L'Emmerdeur"...), c'est avec "Le Jouet" que Francis Veber passe derrière la caméra pour la première fois, avec une comédie finalement plus acide que la plupart de ses films suivants. En imaginant qu’un homme se fasse engager par un milliardaire pour devenir le jouet de son fils, ce long métrage est une véritable satire interrogeant la manière dont les puissants peuvent faire fi de la dignité humaine en utilisant leurs semblables à leur guise et sans limite morale. Si Veber a finalement repris un propos similaire dans "Le Dîner de cons", il fait preuve d’un ton bien plus caustique dans "Le Jouet" et Pierre Richard excelle dans le rôle de l’homme obéissant et naïf qui finit par perturber les choses. Être le jouet de quelqu’un, cela ne se fait pas à n’importe quel prix…

Raphaël Jullien

1988 : JEU D’ENFANT (Child’s Play), de Tom Holland

Avec Catherine Kicks, Chris Sarandon, Alex Vincent, Brad Dourif…

C’est le titre français officiel du film ("Child's Play" en VO) avant que le nom de Chucky n’occupe les titres des 6 opus suivants ! Seul le reboot de 2019 fait exception ("Child’s Play : La Poupée du mal"). Il faut dire que la poupée a su se faire un nom grâce à une personnalité démoniaque, possédée par l’âme d’un tueur en série (Charles Lee Ray, notamment inspiré par Charles Manson), mêlant humour et horreur ! Parfaitement reconnaissable grâce à son physique – une chevelure rousse, des yeux bleus et un visage couvert de taches de rousseur – le jouet offert au petit Andy est une poupée psychopathe, devenue depuis mascotte de l’horreur dans la pop culture ! Notons que le film de poupée démoniaque est presque un sous-genre, avec par exemple les franchises "Puppet Master" (à partir de 1989), "Annabelle" (2014) et "Megan" (2022).

Mathieu Payan

1992 : TOYS, de Barry Levinson

Avec Robin Williams, Michael Gambon, Joan Cusack, Robin Wright, LL Cool J…

Boudé voire honni à sa sortie, "Toys" mériterait d'être réhabilité. Avec un côté psychédélique à la Tim Burton (quelque part entre "Pee-wee’s Big Adventure" et "Charlie et la Chocolaterie"), Barry Levinson livrait une satire déjantée ouvertement antimilitariste qui interrogeait les dérives autoritaires et la perte de l'innocence à partir d’une idée de base : qu’adviendrait-il si un militaire prenait le contrôle d’une usine de jouets ? Dans des décors complètement dingues (qui donnent l'impression d'avoir inspiré la série dystopique "Squid Game"), le jeu est omniprésent, peut-être jusqu'à l'overdose, et on peut se demander si les personnages sont sains d'esprit (Joan Cusack paraît constamment sous LSD, mais on finit par comprendre pourquoi à la fin…). En fait, cela accentue le propos critique sur le monde violent (armée, jeux de combat…) qui est présenté en opposition à un univers utopique où rire et innocence sont la norme. Jouant sur les codes du film de guerre (avec notamment le gag récurrent du camouflage pour le personnage de LL Cool J), "Toys" est à la fois hilarant et percutant. Avec le recul, il anticipait notamment la guerre moderne faite avec des drones pilotés à distance par des soldats geeks déconnectés du réel. Par comparaison, la déconnexion joyeuse des autres personnages (Robin Williams en tête) apparaît finalement bien plus saine.

Raphaël Jullien

1994 : LE GRAND SAUT (The Hudsucker Proxy), de Joel et Ethan Coen

Avec Tim Robbins, Jennifer Jason Leigh, Paul Newman, Charles Dunning…

C’est l’histoire d’un naïf qui va tirer son épingle du jeu. Prévu pour être le pantin d’un complot imaginé par le numéro 2 d’une entreprise dont le dirigeant et créateur vient de se suicider, le jeune Norville, qui vient à peine d’être engagé comme sous-fifre au courrier, se voit comme par magie propulsé nouveau PDG pour avoir proposé… un cercle ! Cette idée minimaliste n’est pas du tout prise au sérieux par ce fameux numéro 2 qui voit une opportunité de réussite de sa propre idée : une manœuvre machiavélique consistant à provoquer une chute des actions de la société afin de les racheter à bas coût. Pas de bol, ce cercle devient un phénomène de société : le hula hoop. C’est en réinventant la création de ce jeu (mais en situant le récit en 1958, soit la véritable année de lancement du hula hoop !) que les frères Coen tissent une comédie loufoque où les requins de la finance finissent par se faire bouffer par un petit poisson ! Hilarant et jouissif.

Raphaël Jullien

1995 : JUMANJI, de Joe Johnston

Avec Robin Williams, Jonathan Hyde, Kristen Dunst, Bradley Pierce, Bonnie Hunt, Patricia Clarkson…

Hormis les échecs, les jeux de société sont-ils au centre de beaucoup de films ? Si vous réfléchissez à la question, il est fort probable que "Jumanji" soit le premier voire le seul exemple qui vous vienne (rapidement) en tête ! C’est l’un des deux classiques du cinéma familial réalisés par Joe Johnston, avec "Chérie, j’ai rétréci les gosses" sorti six ans plus tôt. Et qui retrouve-t-on dans cet univers du jeu, quelques années après "Toys" ? Le génialissime Robin Williams, qui incarne ici une sorte de Robinson Crusoé d’un nouveau genre, coincé depuis 26 ans dans un jeu surnaturel dont les effets peuvent être dévastateurs ou mortels. "Jumanji" a marqué bien des enfants des années 90, avec des effets spéciaux à la pointe de l’époque, mêlant animatroniques et créations numériques par ILM (notons d’ailleurs qu’avant d’être réalisateur, Johnston a travaillé sur les franchises "Star Wars" et "Indiana Jones" au sein de la mythique société de Lucas). Le film est devenu culte et a notamment engendré une série d’animation puis plus récemment deux suites très réussies mises à la sauce jeu vidéo. Notons enfin qu’il s’agit de l’adaptation d’un roman de Chris Van Allsburg dont une autre œuvre très similaire a été aussi transposée sur grand écran : "Zathura : Une aventure spatiale" (2005).

Raphaël Jullien

1996 : LA COURSE AU JOUET (Jingle All the Way), de Brian Levant

Avec Arnold Schwarzenegger, Jake Lloyd, Phil Hartman, Sinbad, Rita Wilson…

Vous vous souvenez sans doute de Schwarzy qui doit survivre à la plus grande machine de guerre de la galaxie dans "Predator" ou de Schwarzy qui doit renverser un empire pour venger la mort de sa famille dans "Conan le barbare". Et vous n’avez sans doute pas oublié non plus Schwarzy qui remue ciel et terre pour trouver… un jouet ! Mais pas n’importe lequel. Celui-là, c’est un Turbo Man ! C’est un peu la Rolls des jouets, vous voyez. Et Schwarzy en a vraiment beaucoup besoin. Parce que c’est le genre de père lamentable qui prépare la prochaine OPA hostile de sa multinationale quand il devrait être au match de foot de son fils. Donc encore une promesse manquée et c’est mort pour lui. Mais ne vous inquiétez pas, nous sommes ici dans un film de Noël pur jus alors tout est bien qui finit bien.

Benjamin Bidolet

1998 : SMALL SOLDIERS, de Joe Dante

Avec Kirsten Dunst, Gregory Smith, David Cross, Jay Mohr, Phil Hartman, Denis Leary, et les voix de Frank Langella, Tommy Lee Jones, Ernest Borgnine…

Joe Dante, alors auréolé du succès de ces deux films "Gremlins", se lance dans l’aventure "Small Soldiers" non sans embûche, avec notamment beaucoup d’interférences du studio. Car Joe Dante ne sait pas faire de films destinés exclusivement aux enfants, et malgré son ton innocent, "Small Soldiers" se permet certaines saillies critiques envers le système ou encore une splendide séquence de body-horror version jouet, forcément amoindrie dans son imagerie mais dont l’impact reste intact ; malgré les années, le film reste un divertissement de haute volée, qui plaira aux enfants mais aussi aux parents, soutenu par des effets spéciaux qui n’ont presque pas pris de ride.

Germain Brévot

2012 : TED, de Seth MacFarlane

Avec Mark Wahlberg, Mila Kunis, Seth MacFarlane, Joe McHale, Giovanni Ribisi…

Enfant, John a reçu le plus doux des cadeaux : un nounours en peluche qu’il rêve de voir vivant pour qu’il devienne son meilleur ami. Quand la magie de Noël lui accorde son vœu, son jouet prend vie pour le meilleur et pour le pire ! Le film a l’intelligence de tromper son monde en mettant de côté la comédie niaise de Noël pour en faire une version complètement subversive en confiant à l’ours en peluche tous les vices et défauts possibles : grossier, qui fume des bangs et boit de la bière, flemmard et sexiste… Le contre-emploi puissance 1000 du jouet de l’enfance ! Et si ça ne vous suffit pas, il y a "Ted 2" (2015) et même une série depuis 2024 !

Mathieu Payan

2025 : THE MONKEY, d’Osgood Perkins

Avec Theo James, Elijah Wood, Tatiana Maslany, Christian Convery …

Le fils d’Anthony Perkins, le célèbre interprète Norman Bates, met en boîte une nouvelle de Stephen King où un singe mécanique exauce vos vœux avec un résultat un brin chaotique. L’imagerie du singe à timbale est connue de tous et le cinéaste arrive à en tirer une fable macabre bourrée d’humour noir autour de la notion des choses qu’on ne peut contrôler, notamment l’inéluctabilité de la mort. Ce singe-là risque de résonner longtemps dans votre inconscient et de vous donner quelques sueurs froides.

Germain Brévot

Raphaël Jullien Envoyer un message au rédacteur

À LIRE ÉGALEMENT