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DOSSIERBilan de l'année

TOP 2019 : "PARASITE" élu meilleur film pour Abus de Ciné

Les douze classements individuels des membres de la rédaction proposent une grande variété de choix avec 61 films différents, dont 39 n’ont été cités qu’une seule fois, 8 à deux reprises, et seulement 12 avec trois mentions ou plus.

Malgré cette diversité d’appréciations, la rédaction a été plutôt unanime pour le top 5 collectif. Ainsi, Abus de ciné confirme le succès mondial de "Parasite", qui arrive largement en tête avec 9 citations sur 12, dont 3 fois en première place et une seule fois hors du podium. Assez loin derrière ce plébiscite, trois films sont dans un mouchoir de poche : "Joker" (7 citations ; 2 fois premier), "Once Upon A Time… in Hollywood" (5 mentions ; aucune fois premier mais 4 podiums) et "La Favorite" (7 propositions ; 2 fois premier). Un peu en retrait pour compléter le top 5, "J'ai perdu mon corps" possède une bonne avance sur les films suivants, avec 5 citations (2 podiums dont 1 première place).

Ce film d’animation est la figure de proue d’un beau navire français avec ensuite "Les Misérables" (6e ; 4 citations), "Mon inconnue" (7e ; 4 citations dont 1 première place) et "La Belle Époque" (9e égalité ; 3 citations). S’intercalent deux films indépendants : "Midsommar" (8e ; 3 citations dont 1 fois premier) et "Give Me Liberty" (9e égalité ; 2 citations seulement mais deux fois 2e).

Dans ce bilan, on remarquera tout d’abord que Cannes l’emporte largement sur les deux autres festivals majeurs que sont Venise et Berlin. En effet, le top 10 d’Abus de ciné contient 3 films primés à Cannes et 3 autres qui y ont été sélectionnés : "Parasite" (Palme d’or), "Once Upon A Time… in Hollywood" (sélection officielle), ,"J'ai perdu mon corps" (Grand prix de la semaine de la critique),"Les Misérables" (Prix du jury), "Give Me Liberty" (sélection de la Quinzaine) et "La Belle Époque" (hors compétition). Ajoutons que c’est aussi le cas pour quatre films qui ont raté le top 10 de peu : "Mathias et Maxime" (11e), "Portrait de la jeune fille en feu" (12e égalité), "Une grande fille" (15e égalité, 1 fois premier) et "Un grand voyage vers la nuit" (12e égalité, 1 fois premier) – ce dernier ayant été sélectionné à Cannes en 2018. Venise s’en sort avec les honneurs, mais grâce à deux éditions différentes : "Joker" (Lion d’or en 2019), "La Favorite" (Grand Prix du jury en 2018), ou encore "Marriage Story" (17e égalité). En revanche, Berlin est à la traîne : le dernier Ours d’or, "Synonymes", n’a été mentionné nulle part dans les bilans individuels, et "Grâce à Dieu" (Grand prix du jury) n’arrive qu’en 30e position.

Retenons aussi une certaine diversité culturelle dans le top 10, surtout si l’on considère les nationalités et origines des cinéastes : quatre Américains (dont un d’origine russe), quatre Français (dont un d’origine malienne) , un Sud-Coréen et un Grec. En revanche, si plusieurs réalisatrices ont vu leurs films cités ça et là dans les bilans de chacun-e, aucune n’a recueilli suffisamment de suffrages pour intégrer le top 10, Céline Sciamma le ratant toutefois de peu. Notons d’ailleurs que "Portrait de la jeune fille en feu" fait partie des trois films hors du top 10 ayant été placés à trois reprises dans un top 10 individuel, avec "Grâce à Dieu" et "Yesterday" (22e), le film de Danny Boyle qui a réactualisé la Beatlemania.

Découvrez maintenant notre TOP 10 Films en mots et en images :

9e ex æquo // LA BELLE ÉPOQUE
de Nicolas Bedos
avec Dora Tillier, Daniel Auteuil, Fanny Ardant, Guillaume Canet, Pierre Arditi, Denis Podalydès, Michaël Cohen, Jeanne Arènes, Bertrand Poncet...

Synopsis : Victor et Marianne forment un vieux couple qui ne fonctionne plus. Elle, accroc aux nouvelles technologies, vit avec son temps, alors que lui reste bloqué dans une nostalgie qui le rassure. Le soir de son anniversaire, Victor, mis à la porte par sa femme, reçoit un bon pour une expérience inédite : celle de pouvoir revivre avec les moyens du cinéma un événement passé. Il choisira le 16 mai 1974, jour où il rencontra l’amour de sa vie dans un petit bouchon lyonnais…

Pour son deuxième long métrage derrière la caméra, Nicolas Bedos a séduit beaucoup de monde avec cette "Belle Époque" navigant entre passé et présent, et entre illusion et réel. Au sein d’un casting de luxe emmené par Daniel Auteuil, c’est surtout Dora Tillier qui a conquis le public et la critique. Au final, 3 César ont couronné ce film : scénario original, actrice dans un second rôle (Fanny Ardant) et décors.
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9e ex æquo // GIVE ME LIBERTY
de Kirill Mikhanovsky
avec Anna Travolta, Arkady Basin, Chris Galust, Darya Ekamasova, Lauren "Lolo" Spencer, Maxim Stoyanov, Sheryl Sims-Daniels, Zoya Makhlina…

Synopsis : Vic est un jeune chauffeur de véhicule médicalisé à Milwaukee, USA. Alors qu’il est déjà en retard pour aller chercher les différentes personnes qu’il doit convoyer et qu’il est sur le point d’être licencié, il se retrouve à devoir emmener son grand père, une demi douzaine de vieux russes et un étrange inconnu à un enterrement, au milieu des manifestations contre la violence policière…

Au sein de ce top 10, "Give Me Liberty" est sans doute le film qui a bénéficié de la moins bonne couverture médiatique, malgré un bon accueil critique. Sans star, ce film américain indépendant, réalisé par un Russe installé depuis longtemps outre-Atlantique, est chaotique en apparence mais le tout tient comme par miracle. Surtout, c’est un hymne à la diversité et à la fraternité, donnant la part belle aux immigrés, aux Afro-Américains et aux handicapés.
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8e // MIDSOMMAR
d’Ari Aster
avec Florence Pugh, Jack Reynor, Will Poulter, William Jackson Harper, Vilhelm Blomgren, Archie Madekwe…

Synopsis : Après la mort de ses parents et de sa sœur, la fragile Dani décide de suivre son petit ami qui part en voyage en Suède avec plusieurs compagnons, pour vivre un séjour dans une communauté mystérieuse…

Après "Hérédité", Ari Aster a accru le choc avec son deuxième long métrage. Continuant dans l’horreur, il a choisi cette fois de braquer ses caméras sur une communauté sectaire en Suède, construisant un film à la fois cauchemardesque et esthétiquement soigné, aux multiples influences. Si la rédaction d’Abus de ciné n’a pas été unanime, il a indubitablement marqué les esprits.
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7e // MON INCONNUE
d’Hugo Gélin
avec François Civil, Joséphine Japy, Benjamin Lavernhe, Édith Scob, Camille Lellouche, Amaury de Crayencour…

Synopsis : Raphaël, dont le succès littéraire lui a fait délaisser sa femme Olivia, se retrouve mystérieusement propulsé dans une vie qui n’est pas la sienne. Il va devoir reconquérir l’amour de sa belle, devenue pianiste à succès, alors qu’il n’est plus qu’un petit prof de lettres…

C’est LA comédie romantique française de l’année (du moins selon nous). Avec un ton plutôt léger, Hugo Gélin s’est réapproprié le motif du paradoxe temporel pour nous donner envie de (re)tomber amoureux ! Outre l’irrésistible couple formé par François Civil (omniprésent en 2019 avec pas moins de 4 films) et Joséphine Japy, le casting bénéficie aussi de la prestation de Benjamin Lavernhe, qui porte sur ses épaules une bonne part de l’humour du film.
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6e // LES MISÉRABLES
de Ladj Ly
avec Damien Bonnard, Jeanne Balibar, Alexis Manenti, Djebril Zonga, Sofia Lesaffre, Issa Perica, Al-Hassan Ly…

Synopsis : Stéphane intègre la brigade de la BAC de Montfermeil en banlieue parisienne. Il fait équipe avec Guada et Chris, qui ont leurs méthodes bien à eux pour se faire respecter dans le quartier…

Prix du jury à Cannes, lauréat de 4 César dont celui du meilleur film, nommé à l’Oscar... Pour son premier long métrage de fiction, Ladj Ly a frappé fort, renouvelant la façon de filmer les banlieues. Il propose un regard aiguisé et un discours non manichéen dont l’écho va au-delà du cinéma.
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5e // J'AI PERDU MON CORPS
de Jérémy Clapin
avec les voix de Hakim Faris, Victoire Du Bois, Patrick d’Assumçao…

Synopsis : Dans un laboratoire, une main coupée sort d’un frigo et s’échappe par les toits, bien décidée à retrouver le corps auquel elle appartient. Quelque part, ailleurs dans Paris, Naoufel, jeune livreur, coincé au pied d’un immeuble, tombe sous le charme de la voix d’une de ses clientes, Gabrielle. Il va tout faire pour savoir quel visage elle a et pour se rapprocher d’elle…

Plébiscité presque partout (Grand prix de la Semaine de la critique, Cristal à Annecy, deux Césars, une nomination à l’Oscar…), ce nouveau chef-d’œuvre de l’animation française a mérité son triomphe. De l’avis général, il a plu à la fois pour sa poésie, pour sa force émotionnelle, pour sa puissance visuelle et musicale, et pour sa mise en scène prouvant que l’animation devrait être mieux considérée, sur le même pied d’égalité que les films en prise de vues réelles.
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4e // LA FAVORITE
de Yórgos Lánthimos
avec Olivia Colman, Emma Stone, Rachel Weisz, Nicholas Hoult, Joe Awyn…

Synopsis : Au début du XVIIIe siècle, alors que l’Angleterre et la France sont en guerre, le trône est occupé par la reine Anne, instable, ayant fait de Lady Sarah sa femme de confiance. Celle-ci en réalité, dirige les affaires de la couronne à sa place et la tient sous influence. Alors qu’Abigail Hill arrive à la cour, espérant être employée sur les lieux, Lady Sarah accepte, espérant en faire une alliée. Mais la jeune femme a bien des ambitions…

Dans la lignée de sa filmographie si particulière, Yórgos Lánthimos a mis son univers baroque au service d’un film en costumes mettant à l’honneur trois personnages féminins aux caractères bien trempés dans l’Angleterre du XVIIIe siècle. Mordant et féministe, malicieux et somptueux, ce jeu de dupes est aussi porté par un fabuleux trio d’actrices, parmi lesquelles Olivia Colman, sacrée aux Oscars pour ce rôle royal.
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3e // ONCE UPON A TIME… IN HOLLYWOOD
de Quentin Tarantino
avec Leonardo DiCaprio, Brad Pitt, Margot Robbie, Al Pacino Timothy Olyphant, Michael Madsen, Tim Roth, Damian Lewis, Dakota Fanning, Luke Perry, Emile Hirsh…

Synopsis : Rick Dalton et son fidèle ami, cascadeur et doublure, Cliff Booth essayent tant bien que mal de poursuivre leur chemin dans l’industrie cinématographique. Mais Rick, acteur de séries télévisées, commence à être trop âgé pour devenir une star du grand écran…

Le neuvième long métrage de Tarantino (potentiellement son avant-dernier si l’on en croit ses annonces) a suscité des commentaires variés, y compris des polémiques plutôt stériles. Sa lenteur mélancolique a surpris et le film a divisé, y compris parmi les tarantinophiles, mais il a su conquérir suffisamment de cinéphiles. Et même parmi les détracteurs, la reconstitution du Los Angeles de 1969 et l’interprétation du duo DiCaprio-Pitt ont mis à peu près tout le monde d’accord.
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2e // JOKER
de Todd Phillips
avec Joaquin Phoenix, Robert De Niro, Zazie Beetz, Frances Conroy, Brett Cullen, Shea Whigham…

Synopsis : Arthur Fleck est un clown malheureux et triste. Il vit seul chez sa mère, se fait tabasser dans la rue et échoue à devenir humouriste. Sa psychose le conduira rapidement à changer de personnalité et à se venger, devenant le Joker…

Prenant à revers la mode des films de super-héros et de super-vilains, Todd Phillips a réussi sa transition des comédies vers les thrillers avec cette relecture de l’antagoniste de Batman. Dans une ambiance digne d’un Scorsese des années 70-80, ce film donne une profondeur nouvelle au personnage et lui confère une dimension universelle qui résonne (et raisonne) avec l’état de nos sociétés contemporaines. Lion d’or surprise à Venise, "Joker" a notamment été portée aux nues pour la prestation majuscule de Joaquin Phoenix, qui passe pourtant après deux interprètes majeurs du même personnage : Jack Nicholson et Heath Ledger.
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1er // PARASITE
de Bong Joon-ho
avec Song Kang-ho, Lee Sun-kyun, Park So-dam, Jang Hye-jin, Choi Woo-sik, Cho Yo-jong, Jung Ziso, Lee Jeong-eun…

Synopsis : La famille de Ki-taek, deux parents, un frère et une sœur, est dans le besoin et vit de petites combines, se connectant au wifi des voisins, ouvrant les fenêtres pour profiter d’une désinfection gratuite lorsqu’un camion de nettoyage passe dans la rue, ou pliant des boîtes pizza pour se faire quelques revenus. Mais un beau jour, le fils réussit à se faire passer pour un prof d’anglais auprès de la fille d’une famille riche, les Park. Profitant de la naïveté de la mère de famille, il lui vante également les talents d’une prétendue connaissance, comme prof de dessin. Sa sœur entre ainsi dans le jeu, devenant la fausse artiste qui coachera leur fils turbulent…

Dire que "Parasite" est un triomphe est un euphémisme : Palme d’or, lauréat de 4 Oscars dont celui du meilleur film, Golden Globe et César du meilleur film étranger, consécration critique, succès public international inédit pour un film sud-coréen… On en serait presque désolés d’avoir finalement fait comme tout le monde en faisant trôner le dernier film de Bong Joon-ho dans notre propre classement ! Mais aurait-on pu échapper à la règle, avec une telle virtuosité de la mise en scène ? Sans parler de la difficulté à classer ce film complet dans un genre ou un autre. Ou de l’interprétation collective magistrale. Ou de la profondeur du propos. Ou… N’en jetez plus, c’est bien le numéro 1 !
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[Mise à jour : Le contenu de cet article a été partiellement modifié le 5 mars 2020, après la correction d’une erreur dans un des bilans individuels (à savoir la présence accidentelle d’un film sorti en janvier 2020) provoquant une légère variation du classement collectif. Dans sa version initiale publiée le 1er mars 2020, ce bilan plaçait donc par erreur le film "La Belle Époque" à la 10e position au lieu de la 9e place ex æquo.]

Raphaël Jullien Envoyer un message au rédacteur

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