TOP : 10 FILMS MARQUANTS DE LA CARRIÈRE DE JODIE FOSTER bannière © Claire Fridkin (licence CC-BY-SA-4.0)

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TOP : 10 films marquants de la carrière de Jodie Foster

Actrice et réalisatrice célébrée et respectée, Jodie Foster se fait de plus en plus rare au cinéma. Alors qu’elle revient sur grand écran dans "Vie privée", tentons de résumer en 10 films sa carrière cinématographique, devant et derrière la caméra.

Jodie Foster est sans doute de celles et ceux qui préfèrent la qualité à la quantité. Comme réalisatrice, sa carrière se condense pour l’instant sur quatre longs métrages sortis entre 1991 et 2016 (auxquels il faut ajouter deux courts et cinq épisodes de séries). Si sa filmographie comme actrice est plus prolifique, il est intéressant de constater que, par décennie, le nombre de films dans lesquels elle joue diminue progressivement alors qu’il n’y a ni remise en cause de son talent ni marginalisation dans le métier : de 13 films sortis dans les années 70 (ainsi que de nombreuses séries à la même époque), elle est progressivement passée à 8 apparitions dans les années 2000,puis 4 rôles dans la décennie suivante, et pour l’instant seulement 3 (dont un film Netflix) pour les années 2020. Ainsi, on ne l’a pas vue sur grand écran depuis "Désigné coupable" en 2021, l’année où elle a reçu une Palme d’honneur à Cannes. Aux yeux de ses fans, cette relative rareté ne fait sans doute qu’accentuer la valeur de cette actrice et réalisatrice majeure du cinéma américain.

Francophone notoire, qui s’est doublée elle-même dans de nombreuses VF, elle a fait quelques incursions dans le cinéma français, dans "Moi, fleur bleue" en 1977 et "Un long dimanche de fiançailles" de Jean-Pierre Jeunet en 2004. Et c’est donc à notre cinéma national qu’il revient de la mettre à nouveau en tête d’affiche dans "Vie privée" de Rebecca Zlotowski, en compétition lors du dernier Festival de Cannes. À cette occasion, revenons sur 10 films qui ont ponctué sa carrière cinématographique.

1974 : ALICE N’EST PLUS ICI (Alice Doesn’t Live Here Anymore), de Martin Scorsese

À seulement 12 ans et avec quelques rôles dans des productions bis (sans compter de nombreuses apparitions à la télévision, par exemple dans "L’Homme de fer" ou "Bonanza") Jodie Foster n’a déjà plus rien d’une débutante. C’est forte de ce curriculum vitae qu’elle se présente à l’audition pour un rôle secondaire dans le nouveau film d’un tout jeune réalisateur auréolé du récent succès de "Mean Streets". Martin Scorsese rapportera avoir été frappé par la naturelle désinvolture de cette jeune fille au physique légèrement androgyne. Un trait qu’il exploitera à fond en lui ordonnant de se couper les cheveux à la garçonne pour le rôle d’Audrey dans "Alice n’est plus ici" (film méconnu dans la carrière de Scorsese mais qui vaudra un Oscar mérité à son interprète principale, Ellen Burstyn).

Le personnage est tout à fait secondaire, n’apparaissant que dans quelques scènes dans le deuxième tiers du film. Mais peu importe : son aisance à incarner une gamine à la maturité excessive et à la philosophie nihiliste crève l’écran. Elle traverse le métrage comme une étoile filante, avant de disparaître en nous gratifiant d’un tonitruant « So long, suckers ! » (« À plus, les ringards »). Un au revoir comme une promesse qui sera tenue deux ans plus tard lorsque Scorsese fera de nouveau confiance à ce talent précoce pour le rôle culte d’Iris dans le non moins culte "Taxi Driver". Et cette fois, même pas besoin d’audition.

Benjamin Bidolet

1976 : TAXI DRIVER, de Martin Scorsese

Dans les années 70, Jodie Foster, née en 1962, a déjà à son actif un nombre impressionnant de séries télé et de tournages de films où elle joue la parfaite petite tête blonde. Pourtant, sa jeune carrière va basculer quand elle rejoint le casting du cultissime "Taxi Driver". C’est sa deuxième collaboration avec Martin Scorsese après "Alice n’est plus ici" (1974). Quand le cinéaste lui propose ce rôle de prostituée mineure, elle n’a que 12 ans et la mère de Jodie Foster le prend pour un fou ! Mais Jodie explique qu’elle n’avait encore jamais lu un aussi bon scénario, rédigé par Paul Schrader rappelons-le. Elle obtient finalement le rôle, d’abord proposé à d’autres actrices qui déclinent l’offre dont Carrie Fisher (la célèbre princesse Leia dans "Star Wars").

Pour tourner dans un tel rôle, Jodie Foster doit avoir l’aval des services sociaux qui doivent s’assurer qu’en tant que mineure, ses mœurs sont préservées. Elle rencontre donc un psy et doit se faire doubler sur des scènes sexuellement explicites – ce rôle est tenu par sa grande sœur, de huit ans son aînée ! Dans "Taxi Driver", Travis Bickle, chauffeur de taxi, prend le personnage de Jodie Foster sous son aile, et c’est un peu ce qu’il se passe aussi dans la vraie vie, car l’actrice estime que Robert De Niro, la tête d’affiche du film, lui a tout simplement appris le métier d’acteur et la façon de construire un personnage.

Une Palme d’or plus tard et le film devient rapidement un vrai phénomène, propulsant Jodie Foster jusqu’aux nominations des Oscars en 1977, statuette qu’elle n’aura finalement pas (elle aura d’autres prix dont deux BAFTA). Elle débarque alors à Hollywood pour mener de front sa carrière de comédienne et ses études au lycée français de Los Angeles. Sa renommée est si forte que George Lucas lui propose le rôle iconique de la princesse Leia, qui revient finalement à… Carrie Fisher. C’est ça le monde du cinéma !

Mathieu Payan

1988 : LES ACCUSÉS (The Accused), de Jonathan Kaplan

On ne peut décemment pas passer à côté du rôle qui a valu à Jodie Foster son premier Oscar et son premier Golden Globe. Et quel rôle ! Il faut dire que sa performance a tout du « rôle à Oscar » : une jeune femme victime d’un viol collectif, presque seule contre tous, et un jeu à la fois intense et subtil. Si ce film est un peu passé aux oubliettes depuis (tout comme son réalisateur, d’ailleurs), il gagne pourtant à être redécouvert tant il reste (malheureusement) d’actualité à l’époque post-MeToo. Il y a en effet quelque chose de profondément féministe dans cette héroïne du quotidien, qui doit déjà composer avec sa condition sociale modeste (voire à la limite de la misère) et qui voit sa vie basculer lors d’une soirée dans un bar. Tout y est pour décrire les méfaits des mentalités patriarcales qui conduisent à la culture du viol : le sentiment d’impunité des bourreaux, le déni ou l’absence de conscience des autres (y compris de la part des femmes), la pression sociale qui empêche certains d’agir, la mise en doute du témoignage de la victime et même le retournement de l’accusation par jugement moral de son comportement ou de son passé... Ajoutons à cela le sentiment que le système se désintéresse des pauvres gens, et nous voilà avec un personnage qui oscille entre rage et fatalité face à la tragédie que devient sa vie.

Jodie Foster y développe ainsi un panel d’émotions, tantôt contenues, tantôt explosives, du côté de la colère et du désespoir, évidemment, mais aussi de la joie ou de la reconnaissance. Et puis il y a ce flashback qui se fait attendre tout au long du film, où l’actrice y est d’abord incandescente, un peu comme Brigitte Bardot dansant dans "Et Dieu… créa la femme" : son personnage y manifeste pleinement sa liberté absolue (danse, habillement, séduction…), puis tout bascule et c’est l’engrenage de l’horreur machiste la plus absolue. Cette séquence marquante est une illustration magistrale d’une incompréhension qui persiste dans toutes les sociétés : même en cas de tenue ou posture aguicheuse, une femme n’est pas une poupée qui dit automatiquement oui ! Le consentement, bordel !

Raphaël Jullien

1991 : LE SILENCE DES AGNEAUX (The Silence of the Lambs), de Jonathan Demme

En 1991 sort "Le Silence des agneaux" de Jonathan Demme. À cette époque, Jodie Foster approche les 20 ans de carrière, elle a déjà remporté un Oscar, un Golden Globe et deux BAFTA, elle est depuis longtemps une grande actrice dont le talent est mondialement reconnu. Avec ce nouveau film, elle confirme ce statut de manière magistrale, à tel point que sa prestation lui rapporte un second Oscar et une second Golden Globe de la meilleure actrice. Véritable machine à gagner des prix, "Le Silence des agneaux" est d’ailleurs (seulement) le troisième film de l’histoire à remporter les 5 Oscars majeurs. Grâce à de longs et nombreux gros plans sur les visages, avec regards caméra, Demme met le jeu de Foster et de Hopkins au centre de sa mise en scène, donnant une intensité presque palpable à certaines scènes. On pense bien évidemment aux rencontres entre l’agent Starling et Hannibal Lecter à l’hôpital psychiatrique de Baltimore, sans compter le final en vision nocturne/vue subjective qui a fait se cramponner à leur siège des millions de spectateurs. Et dire que le rôle de Clarice Starling a failli être confié à Michelle Pfeiffer ! Mais c’est bien Jodie Foster qui éclabousse de son talent ces 118 minutes de pure tension.

Adrien Vérot

1991 : LE PETIT HOMME (Little Man Tate), d’elle-même

Après deux courts métrages ("The Hands of Time" en 1978 et "Do Not Open This Box" en 1985), c’est avec "Le Petit Homme" que Jodie Foster se lance dans le grand bain de la réalisation. Avec douceur et une juste dose de mélancolie, elle filme le sentiment de solitude qui s’empare des êtres atypiques ou de ceux qui s’écartent des normes. En s’attribuant le rôle de la mère, elle reprend certaines caractéristiques de son personnage oscarisé des "Accusés" : les deux femmes ont en commun d’être d’extraction modeste et de ne pas toujours avoir les mots ou les connaissances pour exister face au système ou aux élites. Ainsi, la mère aimante qu’elle interprète tente de protéger son fils, mais elle est souvent démunie ou maladroite, un peu comme face à un handicap.

Du côté du personnage-titre (incarné par Adam Hann-Byrd qu’on a ensuite revu notamment dans "Jumanji"), la question est de savoir comment composer avec la normalité quand on est décalé du reste du monde. Comment vivre son enfance quand on est en avance sur certains aspects. Comment concilier ses besoins affectifs et intellectuels. Par petites touches, Jodie Foster met en scène ce décalage, avec tendresse, parfois un peu d’humour. Au final, elle semble montrer que rien ne remplace l’amour et clôt son film avec une réplique qui peut sembler naïve mais qui sonne comme un appel vibrant à la bienveillance : « Nous sommes tous différents ».

Raphaël Jullien

1994 : NELL, de Michael Apted

Réalisé par Michael Apted (connu notamment pour "Gorilles dans la brume" ou "Le monde ne suffit pas"), "Nell" est une adaptation de la pièce "Idioglossia". Jodie Foster y incarne le rôle-titre, une jeune femme vivant isolée dans une cabane au cœur de la forêt depuis la mort de sa mère. Élevée dans la crainte des hommes, Nell vit à contretemps du monde : elle dort le jour et s’éveille la nuit.

Aux côtés de Liam Neeson et Natasha Richardson, Jodie Foster livre une interprétation bouleversante de ce personnage à la fois mystérieux et touchant. Nell intrigue, émeut, et amène à s’interroger sur la manière dont les êtres humains communiquent et se socialisent. En effet, bien que Nell parle, elle utilise un langage qui lui est propre, reflet d’une vision du monde à la fois singulière et authentique.

Déjà bien reconnue pour son talent au moment de tourner, Jodie Foster est acclamée pour ce rôle, qui lui vaut plusieurs nominations prestigieuses, notamment aux Oscars et aux Golden Globes, ainsi que de nombreuses récompenses. Si le film a été diversement accueilli par la critique à sa sortie, il a su toucher le public par son humanité et sa sensibilité, et la performance de Jodie Foster y est pour beaucoup.

Laetitia Langue

1996 : WEEK-END EN FAMILLE (Home for the Holidays), d’elle-même

En 1995, Jodie Foster signe une attachante comédie caustique où, le temps d'un week-end, Claudia (Holly Hunter) revient à Baltimore « fêter » Thanksgiving chez ses parents. Mère célibataire et tout juste licenciée, elle redoute de passer deux jours entre une mère stressée par l'organisation du repas, une tante qui commence à perdre la tête et surtout une sœur et un beau-frère ultra conservateurs avec qui elle ne s'entend guère. Heureusement, son frère homo qu'elle adore arrive par surprise avec un ami à lui. Évidemment, le séjour va tourner au vinaigre entre disputes, blagues potaches et secrets de famille. Le tout porté à merveille par un casting 5 étoiles qui réunit Ann Bancroft, Géraldine Chaplin, Dylan McDermott et surtout Robert Downey Jr. dont le comportement totalement imprévisible pour cause d'addiction à la drogue perturba fortement le tournage. Jodie Foster confiait à son sujet l'avoir pris à part avec ces mots : « Pour l'instant, tu es incroyablement doué pour tenir l'équilibre sur un tabouret de bar. Mais c'est vraiment précaire, et je ne sais pas comment ça va finir. » Downey Jr. se relèvera de ses années sombres mais "Week-end en famille" restera injustement boudée par le public, alors que 30 ans plus tard, cette comédie jubilatoire a plutôt bien vieilli. Sûrement parce qu'aujourd'hui, les États-Uniens se déchirent encore plus violemment entre trumpistes et « éveillés » lors des repas de famille.

Gaëlle Bouché

1997 : CONTACT, de Robert Zemeckis

Les plus jeunes ne s'en souviennent peut-être pas, mais à sa sortie, le film de Robert Zemeckis récolta bien plus qu'une simple volée de bois vert. C'est en réalité un torrent d'accusations et d'idées préconçues qui s'est abattu sur "Contact" : propos new age, naïveté pseudo-spielbergienne, oscillation constante entre science et spiritualité, etc... D'aucuns s'en sont chargés depuis, mais ces remarques n'ont désormais plus lieu d'être face à ce qui reste l'un des films de science-fiction les plus intelligents et mesurés de la fin du siècle dernier. Adaptation du premier roman de Carl Sagan (scientifique à l'origine du programme SETI), "Contact" place ainsi Jodie Foster en chercheuse obsédée par la captation d'un contact extraterrestre. Le jour où cela se produit, c'est toute la planète qui s'enflamme, rompant ainsi avec cette tradition du genre qui place l'union optimiste et béate des humains face à la découverte des aliens. En rationalisant ce qui d'ordinaire est traité sous l'angle de l'extraordinaire, en confrontant l'objectivité des études scientifiques à la subjectivité des interprétations spirituelles, Zemeckis brasse très large afin d'aboutir à un chaos de croyances, d'hypothèses et d'interprétations, reflété à merveille par l'aspect foisonnant de la narration et du montage.

Le film est ainsi comme un signal qui enverrait plusieurs ondes en même temps, jusqu'à ce qu'un élément narratif déterminant (la quête du père) viendrait se superposer à cette histoire pour accroître le doute et interroger la condition humaine au sens large. Riche de scènes hallucinantes (le plan-séquence d'ouverture, le vortex final) et d'effets spéciaux aussi inédits qu'utilisés à bon escient (le plan du miroir de la pharmacie, waow !), le film ne serait pourtant pas grand-chose sans Jodie Foster. L'actrice, bluffante comme toujours, habite son rôle avec une fièvre peu commune sans jamais donner l'impression d'en faire trop ou même de se lâcher dans la performance transformiste à la "Nell". On est donc sûr qu'il y a au moins une extraterrestre dans ce film : c'est elle.

Guillaume Gas

2002 : PANIC ROOM, de David Fincher

Une mère récemment divorcée emménage avec sa fille dans une maison dans le quartier le plus huppé de New York. Tout semble se dérouler sans accroc jusqu’à que des malfrats tentent de s'introduire dans la bâtisse luxueuse. Alors qu’elles se réfugient dans une pièce de sûreté qui ressemble plus à un bunker souterrain, les intrus leur précisent que ce qu’ils recherchent se trouve justement dans cette pièce. Commence alors une lutte sans merci, les uns pour rentrer les autres pour sortir…

Jodie Foster a une filmographie qui pourrait faire rougir nombre d’acteurs et d’actrices de sa génération. Et elle peut même se targuer d’avoir joué pour le grand David Fincher. Bien que le début de sa carrière ait été décrié par certains journalistes professionnels, Fincher arrive pour son cinquième film avec un long métrage à concept qui rend hommage au maître du suspense Alfred Hitchcock ; avec son lieu unique et son dilemme insolvable (les héroïnes veulent sortie de la pièce, les malfrats y rentrer), "Panic Room" est pourtant considéré par beaucoup comme mineur. Mais c’est oublier la performance de Jodie Foster dans son rôle de mère accablée par son divorce qui va devoir jouer plus que des coudes pour protéger sa fille et survivre à cette nuit d’enfer. Entre rebondissements spectaculaires et une lecture intéressante sur le deuil d’une relation, le tout sublimé par une mise en scène qui touche à l’émotion pure malgré ce que certains appellent de l’esbroufe, le personnage de Meg Altman est une belle démonstration du jeu de l’actrice, tout en regards incisifs, souffles courts et explosions de violence.

Germain Brévot

2006 : INSIDE MAN : L'HOMME DE L'INTÉRIEUR, de Spike Lee

Briller à l’écran en jouant un second rôle n’est pas évident mais c’est possible. Jodie Foster nous le prouve en tenant haut et fort le rôle de Madeleine White dans "Inside Man". Redoutable femme d’affaires, aux activités pas très claires, elle intervient en pointillé tout au long de l’intrigue. Si en 2006 l’actrice n’a plus rien à prouver, elle est tout autant impliquée dans ce second rôle que dans ses rôles de tête d’affiche. On en vient d’ailleurs à attendre ses interventions dans le film car c’est elle que l’on veut voir au milieu de tous ces mâles alpha. Elle transcrit à la perfection ce que le pouvoir et la violence peuvent être si l’on n’use pas de la force physique et elle pose par sa présence un rapport de force qui amène de la finesse à ce long métrage qui aurait pu n’être qu’un simple film de braquage. C'est à cela qu’on reconnait les grandes actrices (et grands acteurs) de ce monde : apporter de la présence, de l’investissement, du corps à un rôle, peu importe son degré d’importance dans le récit. Ici, Jodie Foster confirme que le talent ne s’arrête pas au nombre de scènes que l’on a au scénario.

Océane Cachat

BONUS – 2023 : INSUBMERSIBLE (Nyad), d’Elizabeth Chai Vasarhelyi et Jimmy Chin

Sorti sur Netflix en 2023, "Insubmersible" ("Nyad") peut sembler relativement insignifiant dans la carrière de Jodie Foster. Pourtant, ce film a une place à part. L’actrice-réalisatrice n’a jamais vraiment fait de coming out au sens strict, à la fois comme posture de discrétion concernant sa vie privée en général et comme manière d’affirmer la normalité de l’homosexualité. Or, dans "Insubmersible", elle joue le seul personnage ouvertement lesbien de sa riche filmographie. Ce n’est toutefois pas un hasard si ce n’est pas vraiment le sujet du film car là aussi, tout est finalement question de normalité : il est avant tout question du lien fort qui unit les deux personnages féminins, peu importe qu’il s’agisse d’un couple homosexuel ou hétérosexuel. Par ailleurs, ce rôle lui a valu de nouvelles nominations aux Oscars et aux Golden Globes (tout comme Annette Bening pour l’autre personnage). Notons que depuis, c’est finalement une série qui lui a valu en 2025 son quatrième Golden Globe (hors prix honorifique) : "True Detective".

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