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Test DVD - NOTHING

Date de sortie : 6 mai 2008

Deux amis cohabitent dans la maison de l'un d'eux, agoraphobe, jusqu'au jour où l'autre décide d'emménager avec sa petite amie. Viré de son travail, jeté par sa copine, il retourne voir son ami, avec lequel il est en train de s'engueuler lorsqu'un représentant de la ville les interrompt, les informant de la destruction prochaine de la maison...

Test DVD

Après avoir zappé une par une les quelques bandes-annonces qu’on nous impose au début du DVD (technique classique pour nous vendre d’autres films !), on tombe sur un menu captivant, emprunt du minimalisme graphique du film : un blanc immaculé, parsemé d’objets que la caméra frôle en travelling avant vers la maison des deux héros, puis en arrière pour revenir au point de départ et créer une boucle parfaite. Tout cela accompagné de quelques effets sonores sympas et d’une petite mélodie de piano relaxante. On pourrait presque se contenter de regarder le menu en boucle, ou le laisser en fond sonore/visuel pendant qu’on fait autre chose !

Le premier bonus, intitulé "Bienvenue dans le néant" ("Much ado about nothing" en VO), aurait pu s’intituler "Bienvenue dans le bazar" car il aborde probablement trop de pistes et de sujets en seulement 19 minutes… tout en gaspillant ce court temps avec trop d’extraits de "Nothing" qui n’apportent pas grand-chose au propos ! Ce petit reportage interviewe donc le réalisateur et les deux acteurs à propos du film, mais aussi sur leurs débuts et leurs relations. C’est d’ailleurs l’occasion de découvrir à quel point leur collaboration et leur amitié est ancienne, avec notamment quelques extraits appréciables des débuts de David Hewlett et d’Andrew Miller sous la direction de leur ami. Côté making-of, ça se limite malheureusement à quelques pauvres photos de Vincenzo Natali dirigeant ses acteurs fétiches, quelques extraits avec des trampolines et le traditionnel fond vert, et de rares révélations dont la suivante est la plus « croustillante » : quand les costumes étaient des pyjamas, les acteurs devaient enfiler des slips métalliques pour attacher les harnais nécessaires aux cascades, ce qui, apparemment, fut très douloureux ! Bref, on doit donc surtout se satisfaire des renseignements du réalisateur sur son travail et la manière dont il le perçoit, mais finalement c’est peut-être plus intéressant que de savoir comment il a techniquement fait son film. On en apprend un peu sur sa façon d’appréhender les effets spéciaux (au service de l’histoire et non l’inverse) ou sur son habitude à trouver des idées qui ne demandent pas de budget faramineux. Natali nous explique aussi que l’idée de "Nothing" avait été développée à peu près en même temps que celle de "Cube" (sorti en 1997) et qu’il avait envie de faire ce film spécialement pour ses deux amis acteurs, en tirant partie à 100% de ce duo, raison pour laquelle ils ont tous trois collaboré dès le scénario – on a aussi quelques aperçus des essais et improvisations qu’ils filmèrent durant la genèse. Ce mini-documentaire manque d’homogénéité et d’inventivité mais il se laisse regarder.

L’autre petit film, "L’Écho du vide", aborde un aspect souvent oublié dans les bonus : la musique. On infiltre donc le travail du compositeur Michael Andrews, en suivant la création d’un des nombreux thèmes musicaux. Le côté bricolage de sa manière de travailler lui permet, en composant en live avec un petit groupe de musiciens et techniciens, de « créer une énergie collective », comme il le dit lui-même. On remarque que Natali s’implique pleinement dans la création, d’autant plus qu’on apprend qu’il souhaitait une grande synchronisation entre image et musique pour ce film. C’est court mais très instructif.

Les comparaisons entre film et storyboard sont toujours appréciables (Natali en avait déjà proposé sur le DVD de "Cube"). C’est une façon simple et efficace de montrer qu’un projet évolue, que des idées sont remises en cause au moment du tournage ou du montage et que d’autres restent étonnamment intactes de la préparation au montage final. Certes, un commentaire aurait été le bienvenu pour expliquer certains choix, mais cette mise en parallèle, proposée pour trois séquences, est peut-être autosuffisante.

Le matériel promotionnel inclut la présentation du film au festival de Toronto, laquelle n’apporte rien de très intéressant, et la bande-annonce, qui donne un faux aperçu du film en surestimant son côté angoissant et en éclipsant totalement son aspect humoristique pourtant essentiel. Le lien Internet, quant à lui, n’est qu’une façon de nous guider vers le site officiel de Metropolitan, donc rien de très exaltant. Le distributeur en profite aussi pour faire la pub de quelques autres films avec leurs bandes-annonces, en n’oubliant heureusement pas de proposer celles de deux œuvres précédentes de Vincenzo Natali, "Cube" et "Cypher".

Quant au bonus caché annoncé sur la jaquette, il faut aller dans le sous-menu « matériel promotionnel » pour le trouver, en y déplaçant le curseur avec les flèches « droite » ou « gauche » (ça ne marche pas avec « haut » et « bas ») jusqu’à ce que la botte située à droite devienne verte. Il s’agit d’un petit making-of sous forme de clip de 3 minutes. Pas de commentaire explicatif mais des images sympatoches des coulisses du film pour compenser un peu le manque souligné plus haut.

Bonus :
- "Bienvenue dans le néant" - 19 minutes
- "L’Écho du vide" - 8 minutes
- 3 comparaisons film/storyboard
- Matériel promotionnel (présentation au festival de Toronto + bande-annonce)
- Bonus caché (clip making-of)
- Lien Internet vers le site de Metropolitan Filmexport
- Bandes-annonces de 7 autres films

Raphaël Jullien Envoyer un message au rédacteur

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