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INSOLITE : Ces films dont les titres ne contiennent qu'une lettre

Puisque l’on vit une période inédite et étrange, autant en profiter pour se pencher sur d’autres curiosités. En voilà une : les films dont les titres ne comportent qu’une seule lettre. Souvent difficiles à trouver dans les moteurs de recherche, ces intitulés incongrus peuvent intriguer. Alors partons à la découverte de cet alphabet cinématographique !

Quelques remarques préalables sont nécessaires au sujet du contenu de cet article. Bien que le motto d’Abus de Ciné soit de ne parler que des films que l’on a vus, nous dérogeons exceptionnellement à cette devise, car nous n’aurions évoqué qu’une poignée de films sur cette page ! En effet, nombre des films cités dans cet article sont obscurs voire inaccessibles en France et nous ne prétendrons donc pas les connaître tous. Il s’agit avant tout d’une enquête sur ce qui existe dans le monde du cinéma. Nous avons toutefois tenté, quand cela nous était possible, d’expliquer à quoi fait référence la lettre de chaque titre, en fonction des indications que nous avons trouvées.

Ne cherchant pas l’exhaustivité, nous avons évidemment privilégié les films qui ont été exploités dans l’Hexagone ou a minima projetés dans des festivals français. Ceci dit, nous citons tout de même de multiples exemples parmi ces œuvres inconnues n’ayant pas atteint les écrans de notre pays, mais nous en ignorons de nombreux autres (notamment parmi les courts métrages, dont la plupart n’ont strictement aucune notoriété, y compris dans leur pays d’origine). En outre, nous n’incluons pas les productions télévisuelles, même s’il y a évidemment des exemples, dont les plus célèbres sont les séries "H" et "V".

Si nous avons essayé de respecter à la lettre (si l’on peut dire) l’intitulé de cet article, nous nous sommes permis quelques écarts ponctuels, mais seulement pour le fun ! Nous avons en revanche intégré sans hésitation les titres où une lettre unique est accompagnée d’autres signes, comme des ponctuations. Notons également que certains intitulés sont parfois accompagnés de sous-titres et que d’autres films ne sont concernés par cet article qu’à cause de leur titre original et non de leur titre français. Signalons enfin que nous n’avons mis les titres en gras que pour les œuvres qu’il est plus facilement envisageable de voir en France.

A

De nombreux longs et courts métrages existent avec cette lettre pour titre, mais la grande majorité n’ont jamais atteint les salles françaises. En 2015, le festival Mauvais Genre a projeté un thriller d’anticipation grec de Stathis Athanasiou, dont le titre "A" fait référence à l’héroïne qui s’appelle Alpha. Le Japonais Tatsuya Mori a consacré deux documentaires à la secte Aum Shinriko (connue pour l’attentat du métro de Tokyo au gaz sarin en 1995), intitulés "A" (1998) et "A2" (2001). L’Indien Upendra a sorti un "A" en langue kannada en 1998, dans lequel la lettre désigne finalement deux films puisque c’est aussi le titre du film fictif controversé qu’une étrangère tente de faire accepter par la censure indienne. Parmi les courts métrages, notons seulement le film d’animation "A" du Polonais Jan Lenica (1965) où un homme est harcelé par une lettre géante.

© Avalon

B

Un film espagnol de David Ilundain, montré au festival Cinespaña de Toulouse en 2015, est titré "B", la lettre faisant référence à Luis Bárcenas (incarné à l’écran par Pedro Casablanc), un politicien accusé de corruption dans la vaste affaire Gürtel impliquant le Parti populaire. Sinon, la lettre B est concernée par un film dont le titre est la lettre E (voir plus loin, donc).

C

C est assez pauvre en suggestions : sans pouvoir en dire davantage, on pourra seulement citer l’existence de deux courts métrages récents, respectivement taïwanais (2018) et américain (2020).

D

Signalons uniquement un film de Bollywood réalisé par Vishram Sawant, sorti en 2005 mais inédit chez nous. A priori la lettre est tout simplement l’abréviation du nom du héro : Deshu.

E

Il existe bien quelques films intitulés "E" mais aucun ne semble avoir atteint les écrans français. Il y a notamment deux longs métrages indiens : l’un en tamoul (2006, de S.P. Jhananathan), l’autre en malayalam (2017, de Kukku Surendran), ce dernier ayant également été distribué à l’international sous le titre "Enter the Evil". Côté courts, mentionnons le film d’animation canadien "« E »" du Tchèque Bretislav Pojar (1981) dans lequel plusieurs personnages semblent avoir des problèmes de vue en voyant un B lorsqu’ils regardent une immense sculpture en forme de E (film qu’il est possible de visionner sur le site d’Office national du film du Canada).

F

On est là encore bien embêtés pour vous proposer quelque chose puisque le film d’horreur britannique de Johannes Roberts, sorti en 2010, semble ne jamais avoir été diffusé en France. Idem pour un court métrage tchèque de Janja Glogovac datant de 2000.

G

Nous voici à nouveau quasi bredouille à cause de films inédits chez nous. Il existe un drame musical suédois de 1983 réalisé par Staffan Hildebrand, où la lettre G est le nom d’une discothèque. Plus récemment, il y a eu une romance américaine de Christopher Scott Cherot (2002) où le G fait référence au personnage principal (interprété par Richard T. Jones) qui semble être une variation hip-hop de Gatsby ! On serait tenté de tricher en citant "Ali G"…

© Tartan Asia Extreme

H

Montré en 2003 au festival de Cannes, "H" est un film de serial-killer sud-coréen réalisé par Lee Jong-hyuk, qui n’a pas été exploité en salles par la suite. Il existe plusieurs autres courts ou longs métrages avec ce titre mais aucun ne semble avoir été diffusé en France. Citons par exemple le drame de science-fiction américano-argentin "H." (2014) de Rania Attieh et Daniel Garcia, qui met en scène deux femmes appelées Helen qui sombrent dans la folie. Ou un film canadien de Darrell Wasyk sorti en 1990 où la lettre H fait référence aux mots « Heaven » et « Hell » qui sont mis en avant sur l’affiche, mais sans doute aussi à l’héroïne puisque les deux personnages s’enferment pour résister à leur addiction à cette drogue. C’est d’ailleurs à ce même psychotrope que fait écho le titre d’un autre "H", réalisé par Steve Moon et sorti en 2018, l’affiche mettant en avant une longue série de mots commençant par cette lettre.

I

"I" est un film indien (en tamoul) de S. Shankar qui a bénéficié d’une sortie en France en 2015 et a aussi été projeté à Lyon dans le cadre du Festival Hallucinations Collectives. Il joue sur la similarité sonore entre la lettre latine I (prononcée à l’anglaise : « aï ») et la voyelle de l’alphabet tamoul ஐ, les deux s’avérant au contraire très dissemblables graphiquement, avec une simplicité extrême pour la lettre latine et, au contraire, une certaine complexité en tamoul. En outre, cette dernière est associée à une multiplicité de sens, comme l’a expliqué le réalisateur dans une interview pour le journal "The Times of India" : « roi, beauté, étonnement, gourou, vulnérabilité, propriétaire et flèche ». Rien que ça pour une seule lettre !

J

Apparemment, cette lettre ne trouve preneurs que du côté des réalisateurs de courts métrages ! Il en existe plus d’une dizaine, dont certains où le J est suivi d’un point ou de points de suspension. Citons le seul dont il est certain qu’il a été visible en France : l’un des premiers courts de Fred Cavayé, sorti en 2000, qui est un film à énigme débutant par une mystérieuse inscription : « J-83 ».

© UGC-Fox Distribution

K

Il fallait arriver jusqu’au K pour trouver enfin un film vraiment connu en France : "K" d’Alexandre Arcady (1997), dans lequel cette lettre désigne en premier lieu l’un des personnages (Joseph Katz, interprété par Pinkas Braun) mais qui fait aussi appel à différents mots selon le réalisateur : kibboutz, kaddish (prière juive), KGB, killer, Koweït ou encore Kafka.

De façon plus confidentielle, "K" est également le titre d’un film américain datant de 2002 réalisé par l’artiste d’origine iranienne Shoja Azari adaptant Kafka ; d’un film britannique de Don Allen datant de 2009 ; et d’une production sino-hongkongaise coréalisée par Darhad Erdenibulag et Emyr ap Richard, primée au festival de Hong Kong en 2015 et dont le scénario est adapté du "Château" de Kafka (d’où le K, évidemment).

En outre, on trouve trace de très nombreux courts métrages, dont les plus notables sont peut-être le film britannique "K" de Harley Kessel, sélectionné notamment à la Berlinale en 2008, et le court français "K." de Frédérique Devaux, qui a bénéficié d’une projection à la Cinémathèque française en 2003.

L

Il y a quelques longs métrages obscurs, dont le film grec "L" de Babis Makridis, qui a tout de même été présenté au festival du film indépendant de Bordeaux en 2012.

Là encore, existe une flopée de courts métrages inaccessibles, parmi lesquels on peut éventuellement citer le film belge "L." de Vania Leturcq, montré à Paris en 2006 dans le cadre du festival « Le court en dit long », le film brésilien "L" de Thais Fujinaga, notamment projeté à la Berlinale en 2012, ou encore un court métrage expérimental français sur le cimetière du Père-Lachaise réalisé par Jacques Perconte en 2014. Ce dernier "L", primé à Aix-en-Provence en 2015, trouve son origine dans le film "Holy Motors", sur lequel Perconte a travaillé, et il est visible gratuitement sur la chaîne Vimeo de son réalisateur.

© Pathé Consortium Cinéma

M

Il semble que le cinéma aime le M ! Nous ne pouvons évidemment pas passer à côté de "M le maudit" de Fritz Lang (1931) puisqu’il faut rappeler que ce chef d’œuvre est plus sobrement intitulé "M" dans sa version originale. Et forcément, nous avons également "M" de Joseph Losey (1951), qui est un remake américain du film allemand. Plus récemment, c’est aussi la lettre choisie par Sara Forestier pour son premier long métrage derrière la caméra en 2017, pour lequel la sonorité du "M" évoque l’amour. En 2018, c’est au tour de Yolande Zauberman de s’emparer de cette lettre pour le documentaire "M" sur l’acteur israélien Menahem Lang, qui retourne dans le quartier ultra-orthodoxe dont il est originaire.

Il existe également un film sud-coréen de Lee Myung-se, sélectionné notamment au prestigieux festival de Toronto en 2007 mais qui n’a apparemment pas atteint les salles françaises, contrairement aux deux films précédents du réalisateur ("Sur la trace du serpent" et "Duelist"). Idem pour le "M" du prolifique réalisateur japonais Ryuichi Hiroki, passé par des festivals comme Tokyo en 2006 mais tout aussi inédit en France que la majorité des films de son auteur. Autre "M" invisible en France : le seul long métrage réalisé par la chanteuse et musicienne finlandaise Anna Eriksson (2018). Enfin, citons le documentaire de l’Argentin Nicolás Prividera (2007) où il parle de sa mère (le M de « madre », donc).

N

Le cinéma aurait-il en revanche la haine du N ? Cette lettre paraît ne concerner qu’un documentaire allemand et quelques courts métrages (dont un adapté de Stephen King en 2008), tous a priori inaccessibles en France. On en viendrait presque à regretter qu’Antoine de Caunes n’ait pas abrégé encore plus le titre de son "Monsieur N." en 2003 !

O

Ô rage, ô désespoir, voici une autre lettre qui tombe presque à l’eau ! "O" est toutefois le titre original de "Othello 2003" de Tim Blake Nelson (sorti en 2001 aux États-Unis mais en 2003 chez nous). Mais quoi d’autre ? Là aussi, il aurait fallu raccourcir "Histoire d’O" (1975) de Just Jaeckin pour avoir un peu plus l’eau à la bouche. Sinon, mentionnons un court métrage britannique, "O." de Kyle et Liam Bashford (2014), où la lettre fait référence à l’oxygène dans une histoire parlant de contamination de l’atmosphère après une expérience gouvernementale ayant mal tourné.

P

"P" est un film d’horreur britannico-thaïlandais de Paul Spurrier datant de 2005 et sorti en France en DVD en 2010 avec un sous-titre qui donne une explication à cette lettre : "La Possédée". Sinon, il y a, une fois de plus, une multitude de courts métrages inconnus, comme une comédie néerlandaise d’Aaron Rookus et Robbie va Brussel qui a par exemple été montrée en 2015 dans le cadre du festival du film offscreen de Bruxelles.

Q

Plusieurs films assez notables portent ce titre, dont deux films français jouant sur la sonorité de cette lettre pour des histoires orientées « cul » : "Q" de Laurent Bouhnik (2011) et "Q" de Jean-François Davy (1974), qui a aussi été distribué sous le titre "Au plaisir des dames". "Q" est également le titre original du film d’horreur américain "Épouvante sur New York" de Larry Cohen (1982), bien qu’il soit également sous-titré "The Winged Serpent" ; le Q désigne le monstre en question, qui est une réincarnation de Quetzalcóatl, une des plus célèbres divinités de la mythologie aztèque. C’est aussi le titre d’un film indien de Sanjeev Gupta (2017), qui semble avoir été un temps diffusée sur Netflix (peut-être seulement en Inde ?) mais qui n’est en tout cas pas disponible en France au moment où nous écrivons.

© KMBO

R

"R" est un film danois de Tobias Lindholm et Michael Noer (2010), où le personnage principal, Rune, voit son nom réduit à cette initiale dans le cadre de son incarcération. Mentionnons aussi un court métrage d’animation intitulé "[R]", réalisé par Nicolas Bianco-Levrin et Julie Rembauville avec la technique du papier découpé, dans lequel la lettre, omniprésente et envahissante dans les décors et dans le langage, devient un symbole de tyrannie et d’obscurantisme. Ce film a au moins trouvé le chemin des salles lors des festivals d’Aubagne et de Milan en 2011, il a été édité la même année en DVD avec un livre du même duo intitulé "Les Mots", et il peut désormais être visionné sur Vimeo. En s’écartant un peu du sujet, on ne résiste pas à mentionner le "RRRrrrr !!!" d’Alain Chabat (2004) car après tout, il n’y a qu’une seule lettre… identique !

S

Un court métrage britanno-hongrois ayant cette lettre pour titre a été réalisé par Richard Hajdú et a été primé lors de l’illustre festival de Clermont-Ferrand en 2015. On trouve aussi trace d’un road-movie érotique belge intitulé "S." de Guido Henderickx (1998), dans lequel la fameuse S. (« sexy, sensual, sinful » selon l’affiche) est incarnée par Natali Broods ; ce film n’a probablement jamais été projeté en France mais a bénéficié d’une sortie en salles outre-Quiévrain et a été sélectionné dans plusieurs festivals notoires dont Karlovy Vary et Fantasporto.

T

Le cinéma n’est apparemment pas encore à l’heure du T. Un court métrage de Keisha Rae Witherspoon a eu les honneurs de Sundance en janvier 2020… et c’est sans doute ce qu’il y a de plus notable parmi tous les titres que l’on peut trouver avec cette lettre ! C’est dire…

© Gébéka Films

U

C’est le titre d’un magnifique film d’animation français de Serge Élissalde et Grégoire Solotareff (2006), où "U" est le nom d’un personnage : une licorne dont la voix est assurée par Vahina Giocante. Et cet exemple est quasiment aussi unique que la corne de la licorne ! Il existe bien un film collectif canadien datant de 2003 mais sa diffusion semble avoir été très limitée.

V

On peut signaler que des projets d’adaptation cinématographique de la série de science-fiction "V" sont dans les tiroirs depuis des années, mais rien ne semble aboutir à ce jour. Le thriller indien "V" de Mohana Krishna Indraganti est sorti en septembre 2020 sur Amazon Prime ; la lettre désigne le tueur que le héros recherche dans ce film. Il y a également un court métrage britannique de Jimmy Dean, où le V signifie « vampire », qui a été montré en 2018 à Rouen dans le cadre du festival This Is England.

W

La France a rallongé le titre de "W." (2008), le film d’Olivier sur George W. Bush, en lui joignant le sous-titre "L’Improbable Président". En 2003, il y a eu un court métrage franco-luxembourgeois de Luc Feit qui s’est intitulé "W" ; il a été projeté entre autres durant le festival Paris Tout Court. À part ça, il existe deux thrillers a priori inédits en France : une production américaine de Richard Quine en 1974 et une indienne de Tarun Madan Chopra en 2014. C’est enfin le titre d’un film d’action philippin de 1983 réalisé par Willy Milan qui a tout pour plaire aux fans de nanars si l’on en croit les photogrammes disponibles en ligne !

X

On pourrait s’attendre à avoir un nombre impressionnant de propositions, vu le potentiel de cette lettre, emblème par excellence de l’inconnu, de l’anonymat ou du mystère, mais aussi symbole de la pornographie et plus largement de toute forme de sexualité taboue, secrète ou interdite. Si de tels titres sont multiples, un seul semble avoir un chouïa de notoriété en France, mais sous un intitulé plus long : il s’agit de "L’Horrible Cas du Dr X" de Roger Corman (1963), qui est simplement appelé "X" en version originale.

Sinon, la lettre est présente un peu partout dans le monde, avec un tas de longs métrages a priori inédits chez nous : un "X" sud-coréen de Ha Myeong-jung (1983) où il est question de prostitution ; un "X" norvégien d’Oddvar Einarson (1986) sur la relation entre un jeune photographe et une ado de 13 ans ; un thriller espagnol de Luis Marías (2002) dont l’affiche associe la lettre à une paire de ciseaux ; une comédie dramatique américaine de Scott J. Ramsey (2019) qui met en scène des orgies au sein de bals masqués apparemment très queer. Ajoutons aussi un thriller érotique australien de Jon Hewitt (2011), qui est toutefois assorti d’un sous-titre : "Night of Vengeance".

Enfin, notons trois courts métrages : l’un réalisé par l’acteur Josh Brolin et sélectionné dans plusieurs festivals américains en 2008 ; un deuxième par l’actrice Yara Shahidi en 2018, dans lequel elle interroge la condition des Afro-Américains en nommant plusieurs personnages « X » ; et un autre "X" du Danois Jesper Skouboelling qui a été montré dans au moins un festival français en 2016 si l’on en croit le site IMDb et qui est proposé gratuitement par le réalisateur sur sa chaîne Vimeo (en anglais non sous-titré). Ce dernier est une mise en abyme vaguement lynchienne qui met en scène un acteur non nommé dont la vie et les rôles paraissent s’entremêler au point de perturber son identité. D’où le X, qui est aussi l’initiale de Xavier Hutter, à la fois interprète du personnage et auteur de l’histoire à la base du scénario.

Y

On peut faire état d’une certaine pénurie de Y dans le cinéma mondial ! Commençons par le court métrage français "Y" datant de 2017 car il a l’avantage d’être disponible gratuitement sur la chaîne Vimeo de son réalisateur Nicolas Auzeine. Dans ce film parlant de l’hypersexualisation et de la condition féminine, le Y a une fonction symbolique, évoquant à la fois la sexualité et la féminité. On trouve par ailleurs trace d’un thriller indien de Sunil Ibrahim (2017) dont l’affiche, entremêlant la lettre et un point d’interrogation, semble jouer sur la sonorité de la lettre qui, en anglais, se prononce comme « why » (« pourquoi »), bien qu’il convienne de noter que les dialogues de ce long métrage sont en langue malayalam. En recherchant un peu plus dans les profondeurs de l’inconnu, il existe aussi un drame philippin de Gino M. Santos (2014), dont le titre "#Y" fait référence à la fameuse « Génération Y ». Et c’est à peu près tout ce existe pour cette avant-dernière lettre !
Z

L’alphabet se termine avec un chef d’œuvre : le "Z" de Costa-Gavras (1969), avec Yves Montand dans le rôle du « député Z ». Il y a également eu un film d’horreur canadien de Brandon Christensen en 2019 mais il n’a été distribué en France. Idem pour plusieurs courts métrages, dont celui du Russe Vasiliy Sigarev (2017) mettant en scène une énième apocalypse zombie. Concluons en mentionnant deux projets ayant "Z" comme titres de travail : un film de zombies brésilien de Jose Padilha et une nouvelle adaptation des aventures de Zorro réalisée par Jonás Cuarón (le fils d’Alfonso), avec Gael García Bernal dans le rôle-titre. Et c’est ainsi que se referme cet insolite alphabet cinématographique, avec la possibilité de fredonner un générique de série télé à base de « un Z qui veut dire Zorro » pour le restant de la journée ! Non, ne nous remerciez pas, c’est cadeau.

Lire aussi nos critiques de certains films cités dans cet article :

 

Raphaël Jullien Envoyer un message au rédacteur

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