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WOMAN AND CHILD

Un film de Saeed Roustaee

Un drame poignant et sans concession venu d’Iran

Synopsis du film

Mahnaz, infirmière, veuve de 45 ans, élève seule ses deux enfants (l’adolescent, Aliyar, et la petite fille, Rena) et doit bientôt se remarier avec Hamid. Afin que l’union puisse avoir lieu, il est prévu de cacher les enfants à la belle famille, pour les deux jours de la cérémonie. Mais son fils Aliyar, après avoir coincé une allumette dans le cadenas du portail de l’école, est renvoyé. Confié à son grand-père paternel, il est alors victime d’un accident, décédant peu après. Mahnaz souhaite alors obtenir justice, alors que son fiancé fait savoir qu’il souhaite finalement épouser sa sœur…

Critique du film WOMAN AND CHILD

Nouveau film iranien, signé Saeed Roustaee ("La Loi de Téhéran"), à nouveau reparti malheureusement bredouille de Cannes l’an dernier (après "Leila et ses frères"), "Woman and Child" est un grand drame, aux enjeux multiples pour une mère prise entre plusieurs feux, dont la situation de veuve avec enfants fait la stigmatisation. Parinaz Izadyar ("Pig", "La Loi de Téhéran"), y tient le rôle principal, celui d’une infirmière, Mahnaz, veuve avec deux enfants, qui entretient une relation avec Hamid, ambulancier, qui propose de l’épouser. Acceptant un peu contre son grès de cacher le fait qu’elle a des enfants, le temps de la demande officielle, en les faisant héberger chez son ex-beau père, et en cachant leurs affaires, elle va se retrouver dans un situation dramatique. Car son fils, renvoyé ponctuellement de l’école, et enfermé dans la chambre par son grand père, va faire une chute mortelle en voulant s’enfuir par la fenêtre, alors que, non conscient de la situation, il croit que sa mère est en train de jeter ses affaires.

Remarquable en termes de mise en scène, Saeed Roustaee installant une situation de plus en plus intenable pour cette mère entamant un nouveau deuil et voyant sa propre famille risquer l’explosion, "Woman and Child" critique avec clarté et discernement le fonctionnement de la société Iranienne, le poids des traditions et règles, tout en montrant la nécessité d’une solidarité entre femmes particulièrement d’actualité. Troublant par le rôle donné à la sœur et glaçant dans les manigances de différents personnages masculins (notamment le fameux Hamid, interprété avec brio dans ses aspects troubles par l’excellent Payman Maadi - vu chez Asghar Farhadi dans "Une Séparation", "A Propos d'Elly", mais aussi dans "Adversaire"), le film manipule de multiples secrets et affiche la notion relative de justice, mêlant les enjeux avec une fluidité impressionnantes. Un drame familial et politique, doté d’une intense tension, à la fois particulièrement dur avec les hommes, et porteur d’espoir dans son très signifiant plan final.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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