WIVES 2

Un film de Anja Breien

Condition féminine et crise de la quarantaine

Synopsis du film

Dix ans après leur première réunion d’anciennes camarades de classe, Heidrun, Kaja et Mie se retrouvent et décident à nouveau de passer du temps ensemble, quitte à laisser leurs proches à la veille de Noël. Désormais quarantenaires, elles se posent des questions sur leur vie, leurs relations, leurs désirs…

Critique du film WIVES 2

Inédit dans les salles françaises (seulement présenté en 2025 au Festival Lumière), "Wives 2, 10 ans après", qui date de 1985, est la suite d’un film important de la cinéaste norvégienne Anja Breien, "Wives" (1975), qui avait bénéficié d’une sortie en France en 1977 mais qui était injustement tombé dans l’oubli depuis et qui ressort en même temps que ses suites (car oui, il y a une trilogie, avec "Wives 3, elles ont 50 ans !").

Ce deuxième volet n’atteint pas la fraîcheur, l’originalité et l’ampleur politique du premier film, notamment parce que le scénario éparpille régulièrement le trio et semble parfois s’égarer dans des considérations romantiques qui risquent parfois d’être antinomiques avec le projet d’origine centré sur l’émancipation des femmes. Pourtant, derrière ces apparences de comédie romantique (qui pourrait faire du film une sorte de précurseur de "Bridget Jones" sur certains aspects), "Wives 2" reste bien une forme de témoignage sur la condition féminine et son évolution, avec un ton doux-amer qui laisse place à des touches d’humour bien senties.

Les personnages ayant atteint la quarantaine, le récit s’empare avant tout des doutes et questionnements que peuvent ressentir les femmes à cet âge, remettant en cause leurs choix de vie et leurs relations. Les trois héroïnes confrontent ainsi leurs désirs comme leurs désillusions au fil de cette nouvelle pérégrination qui propose plusieurs clins d’œil à leur week-end de 1975 (la scène de la bouche d’égout, la tenue de hockey…). Malgré quelques coups de mou et des scènes qui peuvent laisser perplexe (qu’est-ce que ce fou rire lors du repas avec l’amant d’une d’entre elles ?!), le film est ponctué de moments intelligents ou succulents, comme la triple exposition (chez le gynécologue pour l’une, le psy pour la seconde et dans une cheminée pour la troisième devenue ramoneuse) ou la fin qui nous plonge dans les rêves de chacune.

Raphaël JullienEnvoyer un message au rédacteur

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