WINNIPEG, SEEDS OF HOPE
Une histoire d’exil et d’espoir à l’illustration inégale
Synopsis du film
Barcelone. Julia et son père Victor, syndicaliste, partent ensemble pour la France. Les conducteurs du camion qui les emmène font payer les passagers. Et le refuge dans les montagnes, chez un « ami » se transforme en fuite, lorsqu’ils découvrent qu’ils ont été dénoncés. Il va leur falloir alors trouver un passeur, pour franchir les Pyrénées dans la neige, alors que les points de passages se réduisent…
Critique du film WINNIPEG, SEEDS OF HOPE
La guerre de 36 en Espagne est un sujet récurrent dans le cinéma espagnol ("L'Échine du diable", "Balada Triste", "Lettre à Franco", "La voz Dormida"...), voire social (le chef d’œuvre "Land and Freedom" de Ken Loach). Celle-ci a cependant rarement été évoquée via un film d’animation (voir tout de même le percutant "Josep"), les sujets attachés (division des familles, perte de proches, traitement côté français…) étant forcément difficiles à mettre en scène pour les plus jeunes. "Winnipeg, El Barco de la Esperanza" réussit cependant à nous transporter via un regard d’enfant dans cet exil forcé, qui emmènera le tandem père-fille de Barcelone à Arica et Valparaiso au Chili, en passant par Collioure, Paris, ou le canal de Panama, et où chacun compose avec sa force psychologique (suicide, révolte, évasion…).
N’évitant aucun sujet difficile (les tireurs lors du passage du col dans la neige, les conditions sanitaires des camps français, la présence angoissante d’un sous-marin allemand, l'évocation du massacre de Guernica…), "Winnipeg" travaille à travers la reconstitution le symbole de liberté que représente le navire éponyme affrété par Pablo Neruda, et devenant objet de tensions diplomatiques, alors que le monde semble se refermer (coup d’État au Chili, omniprésence Allemande, manifestations hostiles aux 2500 migrants entassés sur ce cargo de 90 membres d’équipage, aménagé pour 2000 …), à l’aube d’une autre guerre. Si le film souffre du côté un peu trop statique de ses personnages et du peu de détails des décors, il recèle cependant quelques beaux passages, dont une partie du prologue autour de Julia, vieille, lorsqu’elle évoque des bombardements vus de dessus, dégageant des nuages de fumée, dans des noirs, gris et rouges. Rappelant que « la guerre peut tout nous enlever », le film arrive à point nommé en ces périodes de montée des totalitarismes et de maltraitance et enfermement des migrants, qu’ils soient économiques ou liés aux conflits.
Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur



