WICKED Partie 2
Du grand spectacle, un cran en dessous de la première partie au niveau chansons
Synopsis du film
Alors que le pays d’Oz est sur le point de célébrer l’inauguration de la route de pavés jaunes et que les animaux sont de plus en plus stigmatisés, le prince Fiyero devient capitaine des armées cherchant à capture la méchante sorcière de l’Ouest, Elphaba. Mais celle-ci apparaît dans le ciel en pleine cérémonie, gravant dans les nuages le message : « le magicien ment »…
Critique du film WICKED Partie 2
On ne retiendra véritablement, au niveau musical, de cette seconde partie de l’adaptation de la sympathique comédie musicale "Wicked", la dernière chanson intitulée "Changed for Good", nous offrant ici un formidable duo entre les deux actrices principales. Ariana Grande a ici à nouveau droit à quelques passages plaisants, où son personnage peut s’étonner de lui-même, donner dans l’auto satisfaction, ou nous offrir un bon fou rire lors d’une bagarre mémorable. Et le tandem formé avec Cynthia Erivo s’avère plus émouvant, l’intrigue touchant à sa fin et nous embarquant vers un joli détournement de l’histoire originelle du "Magicien d'Oz".
Si Michelle Yeoh, s’avère sans surprise dans le registre autoritaire, Jeff Goldblum a ici plus d’espace pour nous réjouir en magicien parfaitement saugrenu (et sa chanson, "Wonderfull" offre aussi l’un des meilleurs moments du métrage). Malheureusement c’est du rôle du prince, interprété par Jonathan Bailey, que viendra le ridicule. Ses regards exorbités et appuyés, « tellement pénétrants », donnent envie de rire à chaque nouveau plan ou contrechamp, gâchant un peu la chanson romantique du film. Quant aux animaux, qui s’apprêtent ici à quitter Oz, leur traitement en images de synthèses est assez inégal, certains ressemblant juste… à de grosses peluches.
Heureusement "Wicked" affirme ici d’autant plus sa parabole sur les régimes totalitaires teintés de xénophobie affirmée (la ségrégation vis à vis des animaux ou des munchkins), le déguisement du mensonge en vérité (un sujet qu'on lit comme très d'actualité au travers de quelques dialogues), ou le besoin des masses de désigner des coupables ou de ennemis. Enfin, si l’on ne voit pas le temps passer, c’est aussi grâce à une direction artistique impeccable, alliant décors et costumes impressionnants, entre des dominantes vertes et roses, entre la cité d’émeraude et ses citoyens, les champs de tulipes multicolores, le chemin de briques jaunes et les bulles ou robes roses à foison. Certes plus orienté action, "Wicked Partie 2" assure le spectacle, mais s’affiche donc un cran au dessous du premier volet, la faute à des chansons moins fédératrices et à une intrigue plus concentrée.
Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

