Bannière Festival Lumière 2021

WHILE WE'RE YOUNG

Un film de Noah Baumbach

Young adults

Josh et Cornelia sont un couple de quarantenaires sans enfants entourés d’amis ayant tous des petites têtes blondes à s’occuper. Eux n’ont pas pu en avoir mais ils se convainquent que ce n’est pas si mal. Josh s’enlise pourtant depuis huit ans dans la réalisation d’un documentaire et, lors d’un cours, il rencontre un jeune couple de hypster, Dardy et Jamie. Ce dernier qui aspire à devenir documentariste fascine complètement Josh et les deux couples vont finir par se fréquenter…

Après l'étonnant "Frances Ha", de la part d'un réalisateur qui commençait à s'enliser dans les films monotones et sombrement dépressifs (Cf. "Greenberg"), on peut se féliciter de voir Noah Baumbach revenir sur de bons rails. À travers deux couples qui se rencontrent et dont les modes de vie s'entrechoquent, le réalisateur de "Les Berkman se séparent" pose un regard incisif sur deux générations typiques de la population aisée de New York. D'un côté, nous avons les quadragénaires artistes un peu usés, divinement interprétés par Ben Stiller et Naomi Watts, entourés d'amis parents alors qu'ils se sont fait à l'idée de ne jamais pouvoir avoir d'enfants. De l'autre, il y a un couple de jeunes dans la vingtaine et branché, joués par un Adam Driver encore meilleur que dans la série "Girls" et Amanda Seyfred un peu plus effacée mais pas moins méritante.

La première partie est habilement construite sur ce choc de générations. Baumbach offre une analyse très fine et cocasse de la libération et de l'éveil que provoque le jeune couple hypster sur celui plus vieux. Ceux de vingt-cinq ans vivent vintage tandis que les quadras ne lâchent pas leurs cellulaires. Puis, la passion des deux protagonistes aidant, Baumbach bascule très vite dans la question de la réalisation d'un documentaire et ce qui tient en haleine est sans doute la relation entre Jamie et Josh ainsi que les formidables prestations qu'offrent Ben Stiller et surtout Adam Driver, qui abat une impressionnante palette de jeu. Ingénu, filou, passionné ou machiavélique, on ne sait vraiment comment qualifier Jamie, si bien que l'insidieuse vampirisation du couple de quadragénaires par ce jeune binôme largement porté par Adam Driver est très amusante à observer. Malheureusement, si la large première moitié du film est truculente, on finit déçu par un dernier quart digressant dans le grand guignolesque et une réflexion peu aboutie sur le fait de devenir parent. Un dernier sujet un peu lourd pour ce film qui n'en demeure pas moins très sympathique.

Alexandre RomanazziEnvoyer un message au rédacteur

Laisser un commentaire