WAR MACHINE
Robot Predator
Synopsis du film
Lors d’une mission en Afghanistan, un ingénieur militaire perd son frère au cours d’une embuscade. Deux ans plus tard, il décide de s’inscrire au programme de recrutement pour être admis parmi les Rangers de l’Armée des États-Unis, à la suite d’une promesse qu’ils s’étaient fait avec son frère. Mais lors du dernier exercice du programme qui consiste en une mission d’extraction de 24h, il se retrouve avec son escouade à devoir affronter une menace robotique venue d’une autre galaxie…
Critique du film WAR MACHINE
Sortie le 6 mars 2026 sur Netflix
"War Machine" n’est pas un long-métrage sur le super-héros du même nom de l’écurie Marvel. Il s’agit d’une production Netflix qui, sous l’aspect d’une petite série B, mêle action, guerre et science-fiction.
On pense à "Predator" en regardant ce "War Machine", avec ce groupe de militaires en pleine nature, seuls face à un ennemi venant d’une autre planète qui n’était pas prévu dans le briefing de mission. Cette comparaison se trouve notamment renforcée dans la conclusion de l’affrontement final entre le héros et la machine de guerre. Parlons-en de cette dernière, dont le design pourrait être vu comme un mix entre un Transformer et ED-209 (le robot devant remplacer Robocop dans le chef d’œuvre de Paul Verhoeven) : un robot bipède, surarmé, de la taille d’un immeuble de plusieurs étages et venant d’une autre galaxie. Mais là où le bât blesse, c’est que ce design ne marque pas la rétine, il apparaît comme fade, une énième image de synthèse froide recyclant ici et là des idées qui sentent le déjà-vu. En somme, c’est un antagoniste qu’on pourrait qualifier de passable et pas loin de ceux de quelques séries Z.
Le scénario tient sur un quart de post-it mais malgré cela, on se laisse parfois prendre au jeu. Il ne s’embarrasse d’aucune fioriture (pas de développement outre mesure des différents soldats, les laissant à leur état de numéro (qui leur est donné quand ils intègrent le programme d’admission) et propose donc de l’action quasiment non-stop, le tout saupoudré de quelques morts qui tachent, avec un bodycount plutôt important.
C’est Alan Ritchson, connu pour tenir le rôle principal de la série "Reacher", qui incarnant le héros principal, un gros bras avec un trauma, ce qui entrainera de nombreux flashbacks et sera l’unique corde émotionnelle du long-métrage (traitée avec finesse bien évidemment !). Pour compléter le casting, Denis Quaid (tout en mâchoire serrée car c’est un Ranger, pardi !), Esai Morales et Jay Courtney viennent ici cachetonner dans des rôles ultra secondaires, sous-écrits comme la quasi intégralité des personnages du long-métrage où les membres de l’escouade semblent quasi voués à de la figuration, à l’exception bien évidemment du personnage principal dont le développement est toutefois simpliste.
Autre point problématique : la réalisation n’est clairement pas le point fort du long-métrage. Elle est en pilote automatique avec une absence criante d’idée de mise en scène et ne parvient jamais à saisir pleinement le potentiel de l’affrontement proposé par le scénario. À l’image notamment d’une scène de course poursuite et combat entre un véhicule militaire et le robot où plus l’action s’emballe, plus on cherche un point d’ancrage dans l’image tellement celle-ci devient illisible pour se transformer dans son final en gloubiboulga de CGI de mauvaise qualité.
Enfin, on ne peut que regretter cette fin ouverte qui laisse la possibilité (assez forte) de donner une suite aux aventures de ce Ranger toujours face à ces robots (car oui, attention spoiler : ils ont envahi la Terre et détruisent tout sur leur passage). Était-ce vraiment nécessaire ?
"War Machine" oscille entre la série B sympathique (quelquefois) et une production de plateforme de bas étage qui tutoie le nanar (souvent). Si l’ensemble réussira toutefois à accrocher certains par son côté décérébré et carré, il n’en demeure pas moins un énième produit manquant d’âme et se révélant être une expérience de cinéma de plateforme au visionnage unique et jetable.
Kevin GueydanEnvoyer un message au rédacteur

