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WALK WITH ME

Un film de Lisa Ohlin

Une attachante romance sous l’angle de la rééducation

En pleine mission en Afghanistan, Thomas, soldat de l’infanterie danoise, se fait sauter en marchant sur une mine alors qu’il cherchait à offrir des friandises aux enfants d’un village. Rapatrié en urgence, il est aujourd’hui sur un lit d’hôpital amputé de ses deux jambes. La rééducation est un long processus mais Thomas n’a qu’une envie : repartir sur le terrain. Témoin de son combat, Sofie, une jolie danseuse passant ses journées au centre de rééducation pour soutenir sa grand-mère gravement malade, propose son aide au bourru Thomas. Malgré leurs différences, des liens vont se créer...

L’expérience des troupes en Afghanistan est un thème récurrent dans le cinéma danois. On se rappelle l’excellent documentaire « Armadillo » en 2010 ou plus récemment « A War » de Tobias Lindholm. Plus que l’expérience, c’est le trauma des soldats qui semble être un thème fétiche aux metteurs en scène. Lisa Ohlin, la réalisatrice de « Walk with me », confie qu’elle a elle-même connu une relation avec un ancien soldat d’Afghanistan en proie à des séquelles post-traumatiques de ce conflit. C’est en découvrant que les danseurs du Danish Royal Ballet mettaient à disposition leur maîtrise et connaissance du corps au service des rééducations des rescapés de la guerre qu’elle décide de commencer l’écriture de son film.

Avant d’être une romance, « Walk with me » est surtout un témoignage de l’épreuve psychologique que doivent traverser ces amputés. De la colère de se voir diminué à l’acceptation de son nouveau corps et son apprentissage, ces phases sont rapidement mais très efficacement évoquées (voir la séquence de la sortie au bar ou des premiers pas avec des prothèses). Le personnage de Thomas, homme d’action irascible, soldat dans l’âme, refusant de s’avouer qu’il ne retournera plus sur le front, est parfait et impeccablement interprété par Mikkel Boe Folgaard qui parvient à donner corps à cette brute tendre qui n’a pas sa langue dans sa poche. C'est lors des confrontations avec Sofie (superbement interprétée par Cecilie Lassen, elle-même danseuse) que « Walk with me » est certainement le plus intense. Cette incertitude quant à leur attachement du fait de leur relation conflictuelle et généreuse fait tout le sel de cette attachante histoire d’amour.

Alexandre RomanazziEnvoyer un message au rédacteur

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