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VOYAGE SANS RETOUR

Un film de François Gérard

Ambitieux mais très maladroit

Kad, pour échapper aux caïds de sa cité, Le Mirail à Toulouse, part à Londres rejoindre une association humanitaire musulmane, mais celle-ci se révèle être un réseau de recrutement terroriste. Paumé et encore immature, le jeune homme va se retrouver embarqué pour les camps djihadistes en Afganistan. Une fois sa « formation » achevée, il se rend à Bombay pour réaliser un attentat. Mais là, il rencontre par hasard Nadine, son ancienne professeur de français. Cette rencontre va bouleverser ses plans…

Le sujet peut paraitre opportuniste et racoleur (Kad est toulousain et le film est sorti le 11 septembre), mais le réalisateur dit avoir fini le tournage bien avant l’affaire Merah…

Ainsi, le film veut dénoncer l’enrôlement des jeunes de banlieue pour des missions terroristes. Mais le discours est maladroit, voire ridicule, on frise par moment la caricature. L’interprétation du premier rôle par le réalisateur lui-même est sans doute la première erreur. Il parle un anglais au fort accent français durant la quasi-totalité du film, ce qui permet de minimiser son mauvais jeu d’acteur.

À mi-parcours, le film prend un rythme nouveau avec l’arrivée de Nadine, l’ancienne prof de Kad, jouée par l’excellente Marie Vincent. De simple expatriée française à Bombay, elle incarne la culpabilité de cette ancienne prof qui aurait pu aider son élève. Elle apporte à elle seule une petite dimension sociologique au film, et c’est elle qui tient le film jusqu’au bout. Finalement, "Voyage sans retour", par sa maladresse et son immaturité, passe à côté de ses sujets : le terrorisme et la violence dans les banlieues, et le lien que les deux entretiennent entre eux. Mais, l’intention est louable.

Loreleï Colin-MoreauEnvoyer un message au rédacteur

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