VIEJA LOCA

Un film de Martín Mauregui

Un dosage entre farce et thématique de la décrépitude

Synopsis du film

Laura rentre d’un voyage à l’autre bout du pays. Âgée et en début de démence, Alicia, sa mère l’appelle pour lui expliquer que l’infirmière qui s’occupe d’elle a disparu. Laura décide d’appeler son ex-compagnon afin d’aller voir si elle va bien et si possible veiller sur elle. Il était loin de se douter que c’est Alicia qui compte veiller sur lui…

Critique du film VIEJA LOCA

Scénariste de bons nombres de films comiques et policiers, Martín Mauregui réalise ici son premier long métrage et on peut dire que le bonhomme a un vrai sens du cadre et de l’esthétique qui lorgne sur le décalage et l’absurde. Le film nous raconte comment Laura, une jeune mère célibataire, doit prendre soin de sa mère à distance bien qu’elle ait embauché une infirmière. Celle- ci manque à l’appel et sa mère âgée se retrouve seule. Alors que Laura est encore sur la route, elle demande à Pedro, son ex, de passer voir sa mère, et c’est là que les choses vont prendre une toute autre tournure. Malgré son introduction anti cinégénique, avec l’exposition racontée via des conversations téléphoniques dans un habitacle de voiture, le film part avec quelques bons points via sa mise en scène soignée, mentionnée plus haut, mais aussi grâce à l’interprétation de son trio d’acteurs et notamment du personnage d’Alicia joué par Carmen Maura ("Volver" de Pedro Almodovar).

Elle incarne cette vieille dame sénile, autant avec outrance qu’avec délicatesse lorsque ses failles humaines s’entre-aperçoivent. C’est le gros point fort du métrage, voir son antagoniste/protagoniste toujours jongler entre les renversements de rôles, saupoudrés d’un humour bien gras à base de pipi sur le parquet et de doigt tranché. Et même si nous sommes plutôt friands de ce genre de propositions, le film est enchaîné comme Pedro au fauteuil : la position statique due à la narration contamine peu à peu l’ensemble et le temps nous paraît long tant le film manque finalement d’idées intéressantes (même pour une blague) autour de la vieillesse. Difficile alors de croire aux 10 dernières minutes, sacrément sombres, qui contrastent avec le reste ; et ce qui pourrait être vu comme un parti pris, retranscrit plus une faiblesse de la part du cinéaste.

Le dosage et l’équilibre entre farce et conservation de sa thématique avec cœur (ici la décrépitude) n’est pas chose aisée, nous en convenons, mais le film se retrouve à n’être qu’une bonne blague où l’on rigole plus du déséquilibre de la grand mère que l’on s’en inquiète. L'empathie est compliquée à déclencher alors que la vie des personnages reste assez floue et que la seule que l’on suit vraiment c’est Alicia. N’étant pas elle-même la majorité du temps, il est aussi difficile pour nous de rouler pour elle. Le lien ludique avec le spectateur se contente de quelques touches d’humour noir et ne va pas plus loin. Un bon moment entre copains le samedi soir avec une bière à la main, pourquoi pas, mais pas une expérience marquante non plus, surtout pour le Festival Gérardmer.

Germain BrévotEnvoyer un message au rédacteur

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