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VIC ET FLO ONT VU UN OURS

Un film de Denis Côté

Absurde mais pas toujours drôle !

Victoria et Florence ont partagé durant plusieurs années la même cellule. Une fois libérée, Florence retrouve celle avec qui elle a partagé tant de souvenirs. Mais les deux femmes ne semblent plus avoir les mêmes attentes et les mêmes projets, ce qui crée quelques conflits entre elles, d’autant plus lorsque des fantômes du passé resurgissent…

Le cinéaste Denis Côté a décidé de nous plonger dans les contrées rurales de son Québec natal avec une romance atypique entre deux anciennes pensionnaires d’une même prison. Dans un univers absurde, la caméra suit alors le parcours de ces deux jeunes femmes réapprenant à vivre, tout en nous plongeant également dans les rouages d’une relation tumultueuse entre deux forts caractères. Au milieu de cette gente féminine, Marc-André Grondin est chargé d’apporter le quota de testostérone par son rôle d’agent de libération conditionnelle. Et c’est avec soin que le réalisateur multiplie les quiproquos burlesques pour apporter une touche humoristique à l’ensemble.

Objet filmique non identifié, ce long-métrage alterne entre violence et humour décalé pour décontenancer en permanence le spectateur. Dans cette petite bourgade où l’on trouve aussi bien un vieil oncle paralysé et mourant qu’un voisin ado qui semble avoir perdu ses t-shirts, les péripéties se multiplient pour les deux protagonistes principales, leur liberté retrouvée n’étant pas des plus paisibles. Cependant, la plupart des vannes tombent rapidement à plat, en particulier en raison du maigre scénario, bien trop délaissé au profit de la forme. Car si l’objectif parvient à capter une atmosphère fantasmagorique et biscornue, les aventures des personnages auront plus de mal à trouver une résonnance chez le spectateur.

Seul Guillaume, interprété par Marc-André Grondin, parvient à tirer son épingle du jeu. Véritable détonateur désopilant du métrage, ses apparitions permettent de maintenir l’ensemble, en permanence sur la corde raide, du bon côté, celui-ci étant à l’origine également de plusieurs touches d’émotion. La scène se déroulant dans le musée de trains, reposant entièrement sur les épaules du comédien, est ainsi le seul moment véritablement poilant de cette entreprise bancale. Si l’ironie du titre trouvera tout son sens dans les dernières scènes, on ne peut que regretter les faiblesses scénaristiques qui condamnent ce "Vic et Flo ont vu un ours" à la simple anecdote. Reparti avec le prix Alfred-Bauer du dernier festival de Berlin, récompensant un film novateur, ce long-métrage constitue bien une proposition originale, mais loin d’être des plus accessibles. A vous de vous laisser embarquer, ou non !

Christophe BrangéEnvoyer un message au rédacteur

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