banniere-reflets-2019-2

VENOM

Un film de Ruben Fleischer

Un parasite qui nous veut du bien

Eddie Brock est journaliste d’investigation à San Francisco. Il est chargé d’interviewer le mystérieux patron de Life fondation, Carlton Drake, après le crash de l’une de ses fusées en Malaisie. Quelques mois plus tard après qu’Eddie ait perdu son emploi suite à cette interview, l’une des chercheuses de la Life Fondation le contacte pour qu’il dévoile que des tests sont réalisés sur des cobayes humains qui pour la plupart décèdent. Il décide de s’introduire dans les locaux de l’entreprise mais se fait contaminer par un symbiote qui le choisit comme hôte. Son nom : Venom…

A contre-courant de ce que nous propose habituellement Marvel en matière de super-héros sur grand écran, voilà "Venom" super-vilain du Spiderverse (l’univers de Spider-Man). Ce méchant, dont l’apparence ressemble au costume de l’Araignée, est arrivé dans les comics au cours des années 80 pour acquérir une véritable notoriété auprès des fans. Sam Raimi en avait fait l’un des adversaires de l’Homme-araignée dans le troisième volet de sa trilogie Spider-Man.

Mais un problème demeure : comment faire tenir un film sur Venom, l’un des Némésis maléfiques de Spider-Man, sans ce dernier ? Et bien en le faisant combattre contre des méchants plus méchants que lui. Il passe ici pour le gentil et le sauveur de l’espèce humaine, son aspect dark, vicieux et violent est lissé et on tombe dans une édulcoration de ses combats et ses actes, la faute à une volonté de sortir le film en salles dans la catégorie tout public.

Ce long-métrage narre la rencontre entre deux loosers (on aimerait bien être un looser comme Tom Hardy !), tous les deux des parasites dans leur domaine (l’un dans le journalisme d’investigation, l’autre dans la recherche d’un hôte corporel), et qui vont faire corps commun pour sauver le monde. Les multiples touches d’humour font parfois leurs effets, mais si l’on rit principalement devant "Venom" c’est pour des scènes qui sont, à la base, dénuées d’humour. Le long-métrage devient en effet risible malgré lui, en partie par l’interprétation d’un Tom Hardy en roue libre totale (mention spéciale à la scène du restaurant avec les homards).

Ruben Fleischer dirige sa caméra en pilotage automatique rendant les deux scènes de combats fortement illisibles, le tout n’étant pas aidé par des effets spéciaux pas tout à fait réussis. Le scénario est tout ce qu’il y a de plus basique (méchant stéréotypé, anti-héros cool, raccourcis simplistes dans l’intrigue...) et n’exploite que trop peu la caractéristique de Venom qui est de pouvoir changer d’hôte.

Sans être l’énorme catastrophe industrielle annoncée, "Venom" reste un très très faible film de super-héros, qui ne parvient jamais à prendre son envol. L’ensemble finit par ressembler à la forme originelle de Venom : une sorte de bouillie. Les scènes post-génériques (pensez à rester jusqu’à la toute fin) étendent l’univers en annonçant un nouveau super-vilain d’un côté, et offrent un extrait du futur film d’animation Marvel de l’autre : Spider-Man : New Generation. Et autant le dire, ce ne sont pas loin d’être les meilleures minutes du film.

Kevin GueydanEnvoyer un message au rédacteur

Laisser un commentaire