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VEILLEURS DE NUIT

Une heure dans la montagne

Synopsis du film

Toutes les nuits à Montgenèvre, frontière avec l’Italie dans les Hautes Alpes, des bénévoles se relaient pour venir en aide aux migrants qui passent les frontières. Ce documentaire est une plongée au cœur de ces nuits d’attentes et d’espoir…

Critique du film VEILLEURS DE NUIT

Ce premier documentaire de la réalisatrice Juliette de Marcillac s'ouvre sur une scène où des migrants encadrés par la police sont emmenés au milieu de bénévoles et de médecins du monde qui essayent de leur apporter de l’aide. On ressent de suite la résilience des bénévoles et la lassitude aussi, de voir leurs actions peser si peu lourd face aux forces de l’ordre. Le film déroule ensuite les longues nuits d’attentes et de jeu du chat et de la souris avec les gendarmes et la police aux frontières autour des chemins de passage aux frontières. Les bénévoles sillonnent par binômes au cours de « maraudes » les routes en voitures ou les forêts à pied, là où l’attente et les contrôles d’identité sont a priori plus courants que les sauvetages.

Par pudeur pour les protagonistes peut-être et pour le sujet, le film reste cependant assez en retrait et en observation de ce qu’il se déroule. Bien que la caméra soit portée au poing et que l’immersion soit voulue au cœur de ces nuits, le documentaire reste assez taiseux, de rares témoignages de bénévoles étayant le film, et l’on attend la toute fin du métrage pour entendre les migrants raconter leur voyage jusqu’à cette frontière. Cela est regrettable, car une heure de plans de nuits en voitures et dans la montagne, c’est finalement assez long pour un sujet qui pourrait être tellement plus militant. Le film aurait pu être un moyen métrage sans problème, car beaucoup de moments répétés (pour nous montrer la redondance des nuits de maraudes ?) semblent superflus.

Le défaut du film, c’est peut-être de s’attacher à suivre les bénévoles, au lieu de suivre les migrants. A titre de comparaison, le documentaire "Save our Souls" sur l’ONG SOS Méditerranée, qui prenait le même postulat en nous montrant les sauvetages de migrants en mer, mettait l’emphase sur ces derniers, et les bénévoles étaient des présences rassurantes, mais au second plan. Cela fait un peu tiquer quand en regard d’histoires humaines si tragiques et de politiques si violentes, on a l’impression que la caméra fait le point un peu à côté du sujet. Et ce ne sont pas les bénévoles et leur incroyable travail qui est mis en cause, juste la manière de le montrer.

Océane CachatEnvoyer un message au rédacteur

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