UNE PAGE APRÈS L'AUTRE

Un film de Nick Cheuk

Savoir être à l’écoute

Synopsis du film

Un professeur s’alarme à la lecture d’une lettre indiquant l’intention d’un ou d’une élève de se suicider. Alors que la direction du lycée veut garder l’affaire secrète, pour ne pas perturber les élèves à l’approche des examens, celui-ci commence à enquêter. L’existence d’un élève harcelé, surnommé Van Gogh, attire son attention. Mais ses recherches réveillent aussi en lui de douloureux souvenirs liés à sa famille…

Critique du film UNE PAGE APRÈS L'AUTRE

"Une Page après l’autre" fait partie de ces films qui font leur petit bonhomme de chemin dans les esprits, une fois la projection terminée. Il suffit de repenser à la douceur qui en émane, à travers le personnage du professeur Cheng, inquiet pour un élève harcelé (on saura vers la fin pourquoi il est surnommé Van Gogh et demande à se faire appeler Vincent), et cherchant à savoir qui, dans son lycée, a bien pu écrire une lettre de suicide avant l’heure. En alternant les passages sur l’enfance du professeur et les avancées de son investigation, dans un montage habile, c’est le détail d’un contexte familial et d’un enseignement exigeant, qui écrasent certains élèves, qui est ici montré du doigt.

Avec une petite musique au piano qui accompagne les moments de l’enfance, déformée par quelques sifflements lorsque la tension apparaît, "Une Page après l’autre" évoque avant tout la nécessité pour les enfants ou ados d’extérioriser et de pouvoir se confier. Entre un journal auquel on s’adresse comme à un ami, faute d’être écouté par des parents violents chacun à leur manière, un exercice où l’on crie sa rage dans le vide, et la présence d’adultes qui comprennent ou veulent comprendre, l’intrigue se déroule avec calme, contrastant finalement avec le fond du sujet. Mais elle réserve aussi une bifurcation inattendue aux deux tiers, invitant finalement à regarder les choses de plus près, derrière les apparences. Porté par Lo Chun Yip, en professeur compatissant et investi, le film fait monter progressivement l’émotion, jusqu’à une jolie scène finale, face aux immeubles impersonnels de la ville, comme ceux qu’on voit dans la scène d’ouverture alors qu'un enfant se tient sur le rebord d'un toit.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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