UNE FILLE EN OR

Un film de Jean-Luc Gaget

Pas la pépite attendue

Synopsis du film

Après avoir participé à un groupe de travail sur l’estime de soi, parce qu’elle est toujours après s’excuser de tout, Clémence se rend chez sa grande sœur pour fêter l’anniversaire de leur père. Sauf que ce dernier n’en a que pour son aînée et ses petits-enfants, oubliant même de remercier sa petite Clémence pour le cadeau reçu. Alors que la fête bat son plein, le voisin du dessus, un certain Paul, descend pour se plaindre du bruit, et c’est Clémence qui ouvre la porte…

Critique du film UNE FILLE EN OR

Qu’il est dur de se renouveler dans le registre de la comédie romantique. Et ce n’est malheureusement pas "Une fille en or" qui y parviendra. Tous les ingrédients proposés par le scénario cochent les cases du déjà-vu. Les intentions sont louables de proposer des variantes rigolotes, mais c’est plutôt de la vraie originalité qu’on veut. C’est ainsi que l’on a droit aux opposés qui s’attirent, aux pauvres âmes qui vont s’apporter mutuellement, à la sœur propre sur elle qui finit par péter les plombs, au petit-ami gentillet mais prétexte, au coloc infernal… Bref on a vu ça cent fois ailleurs et en mieux. Même la structure du film n’arrive jamais à nous surprendre, de la rencontre foireuse à la relation employée-patron, jusqu’à la fin (inutile de spoiler l’évidence)… "Une fille en or" est la comédie romantique typique, fac-similé d’un genre éculé qui va hélas à peu près échouer partout où elle tentera de se différencier (on pense avec gêne à la scène du cercueil, à celle de l’enterrement, aux tentatives d’associer des prénoms comme Paul et Virginie et même Bernard et Bianca…).

Au manque d’originalité, s’ajoutent des défauts de mise en scène et d’écriture : le tempo comique n’y est pas, les dialogues ne font pas souvent mouche, l’alchimie entre les deux tourtereaux ne fonctionne pas, le rôle du méchant patron est trop caricatural et même l’emploi de Karin Viard dans son propre rôle (qui passe par amitié sur le plateau de tournage) est mal exploité. On est un peu gêné d’être aussi dur avec cette comédie douce, somme toute gentillette, et qui pourrait ravir les moins exigeants d’entre nous. D’autant que Pauline Clément, qui enchaîne les comédies (hier dans "Chers parents", demain dans "De la Comédie-Française"), fait des merveilles dans le rôle-titre. Elle vole la vedette à tous ses partenaires, y compris Arthur Dupont qui paraît rigide et coincé, engoncé dans son costume-cravate. Une nouvelle performance pour la comédienne qui, vous l’aurez compris, ne sauve pas le film de la catastrophe.

Mathieu PayanEnvoyer un message au rédacteur

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